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Titre
« La guerre du Rif (1921-1926) : nouvelles approches (France, Espagne, Maroc) » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Le centenaire de la bataille d’Anoual (1921) est l’occasion de repenser dans son ensemble la guerre du Rif, qui a mis aux prises les forces armées rifaines, françaises et espagnoles. Objet à la fois singulier, par sa nature et le terrain sur lequel elle se déroule, la guerre du Rif doit se lire de multiples façons, en confrontant les historiographies nationales et en décloisonnant des champs historiographiques particulièrement renouvelés ces dernières années. Le colloque sera très attentif à mettre en relation des archivistes et des chercheurs venus des trois pays concernés par l’événement (France, Espagne, Maroc), et travaillant dans des domaines différents (histoire militaire, histoire coloniale, histoire politique, histoire des relations internationales, liens entre histoire et mémoire, mais aussi anthropologie ou histoire de la santé…), rarement réunis lors de manifestations scientifiques.

En 1921, un corps d’armée espagnol est anéanti à Anoual, près de Mellila (Maroc), par les troupes coalisées venues des montagnes rifaines. Cette défaite, l’un des plus grands désastres militaires subis par une armée coloniale, est considérée comme le début de la guerre du Rif, succession de conflits armés qui opposent les forces coloniales de l’Espagne (entre 1921 et 1926) puis de la France (entre 1925 et 1926) aux forces armées rifaines.

Cent ans après cette bataille, ce colloque exploratoire entend réunir une équipe internationale de chercheurs afin d’établir l’état des sources et de l’art sur la guerre du Rif, de proposer de nouvelles analyses et de lancer une dynamique de recherche autour des questions posées par l’événement.

L’ambition de ce colloque exploratoire est donc de renouveler les approches historiques et de susciter un certain nombre de propositions de recherche. Considérée à l’échelle internationale comme la première guerre de décolonisation, la guerre du Rif apparaît, à l’échelle du Maroc en guerre, comme un conflit colonial dont le colloque entend interroger la définition en s’appuyant sur les derniers renouvellements historiographiques. La guerre du Rif montre également une forte interconnexion entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée, par l’existence d’intenses circulations, qui modifient en profondeur les sociétés concernées : en décloisonnant l’événement, il s’agit de relire l’histoire de l’entre-deux guerres dans ces espaces selon une perspective d’histoire connectée, attentive à la diversité des sources. Il s’agira enfin d’interroger la construction des historiographies nationales et de réfléchir aux prolongements mémoriels de l’événement, souvent occultés dans les sociétés contemporaines.

Le programme entend mettre en valeur l’originalité de l’approche choisie, ainsi que les multiples dimensions et enjeux de la guerre du Rif, en privilégiant notamment la diversité des échelles d’analyse, l’importance des circulations et des connexions entre les deux rives de la Méditerranée, et la confrontation d’analyses de chercheurs venus d’horizons divers, tant par leurs origines que par leurs spécialités et terrains de recherche. Il sera précédé d’une table-ronde composée d’archivistes afin de faire le point sur la documentation disponible.

La vocation exploratoire du colloque est ici réaffirmée : il s’agit de lancer des pistes de recherche et de mettre en place un réseau international de chercheurs, dans l’objectif de poser les bases d’une collaboration future lors de projets à court terme (publication d’ouvrage, édition d’archives).

Les propositions devront prioritairement s’inscrire dans un ou plusieurs axes de réflexion suivants :

Axe 1 : la guerre du Rif, une guerre coloniale ?
- Diversifier les lectures du conflit au-delà de la dichotomie pacification/résistance

Les guerres coloniales se distinguent par un certain nombre de caractéristiques spécifiques. Cependant, les récits de la « pacification » comme ceux de la « résistance » aux armées coloniales tendent à homogénéiser les acteurs en présence. C’est particulièrement le cas lors de la guerre du Rif où les affrontements ne se résument pas à l’opposition armée coloniale/populations « indigènes » et mettent en scène une plus grande diversité de protagonistes et de logiques d’affrontements. En dépassant les récits convenus de la « conquête », de la « résistance », l’objectif de ce colloque est d’ouvrir les lectures possibles d’un conflit colonial en intégrant la diversité des acteurs du conflit.

- Nouvelles pistes sur la violence des guerres coloniales

La violence de cette guerre a été largement occultée, autant par le pouvoir colonial que par la mémoire nationale au Maroc. Les effets d’un usage intensif de l’artillerie de montagne et du bombardement aérien sont tus et rarement documentés par les archives militaires coloniales alors même que la terreur des bombardements est récurrente dans la littérature orale des populations berbérophones dans le Rif.

La guerre du Rif se distingue par un investissement opérationnel rarement égalé dans un conflit colonial, que ce soit par les effectifs rifains mobilisés et l’emploi massif de l’artillerie dans les trois armées espagnoles, françaises et rifaines. Coexistent également durant le confit des formes très diverses de violences sur les corps sur lesquels le colloque entend s’interroger : des bombardements aériens massifs aux armes chimiques en passant par la mutilation des corps, notamment dans les mises en scènes des cadavres photographiées, européens ou rifains.

Axe 2 : expériences et engagements politiques

- La « République du Rif » : un objet politique non-identifié

Chef de guerre, Abdelkrim El Khattabi est aussi un chef politique : il met en place une « République du Rif », qu’il tente de faire reconnaître par la SDN, et dont la nature est encore un motif d’interrogation pour les historiens. Cette république confédérée des tribus du Rif, qui prend forme en février 1923, a l’apparence d’un modèle politique délibératif, d’une greffe d’un État moderne, mais dont le contenu reste problématique notamment en raison du maintien des structures tribales et du confrérisme, dont elle est la négation. L’utilisation de nouvelles sources, notamment espagnoles et marocaines, doivent être l’occasion d’une relecture de cette expérience politique singulière, portée par un chef charismatique.

- Fractures politiques métropolitaines (France et Espagne)

La revendication nationale des Rifains a eu d’importants échos dans les milieux révolutionnaires de France et d’Europe. D’abord hésitant sur la nature du combat mené par Abdelkrim, le Kominterm change de position avec l’entrée de la France dans le conflit et affirme son soutien à la lutte anti-impérialiste. Pour les communistes français, la guerre du Rif devient le symbole de la mauvaise guerre et le point de départ d’une virulente contre-offensive antimilitariste, riche d’incidents fortement médiatisés. Si ces épisodes ont fait l’objet de plusieurs études, on connaît moins les répercussions politiques de la guerre du Rif sur le reste du paysage politique et sur les relations politico-militaires, notamment en France.

Axe 3 : enjeux historiographiques et mémoriels (France, Espagne, Maroc)

- Des historiographies nationales concurrentes

Une des originalités de l’approche est de décloisonner et de confronter les historiographies nationales, qui sont parfois concurrentes. Il s’agira de mettre en avant les différences de traitement dans les histoires officielles, et de comprendre notamment la persistance de silences autour de l’événement et ce qu’ils révèlent.

- Un enjeu de mémoire(s)

De la même manière, la guerre du Rif n’occupe pas la même place dans les mémoires collectives suivant les groupes ou les pays concernés. Il faut souligner ici l’apport de nouvelles sources : enquêtes orales, mais aussi productions culturelles ou audiovisuelles, afin de fournir des clés de compréhension de l’événement mais aussi des sociétés méditerranéennes concernées, dans leur rapport au passé, en particulier la part coloniale de leur histoire. L’appel à d’autres disciplines sera également fécond : nous pensons notamment aux anthropologues ou autres spécialistes de la santé, pour envisager la question des effets sanitaires à long terme du conflit sur les populations. Enfin, la mémoire militaire du conflit a peu été étudiée, en particulier la circulation des mémoires combattantes et les interactions des politiques mémorielles (France, Espagne, Maroc).
Modalités de contribution

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à renvoyer à colloquerif2021 chez gmail.com avant le 30 avril 2021

Elles devront comporter un titre, un résumé de la proposition ainsi que les sources envisagées (une page maximum). Le comité scientifique se réunira au début du mois de juin 2021 et donnera sa réponse dans les jours suivants.

Comité d’organisation : Walter Bruyère-Ostells (SHD/Sciences Po Aix/Mesopolhis), Karima Dirèche (CNRS-TELEMME), Aurélia Dusserre (AMU-IREMAM), Arnaud-Dominique Houte (Sorbonne Université - CRH19), Mathieu Marly (Université de Lille - IRHIS).


Titre
« Restituer l’anthropologie politique de David Graeber » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Journée d’étude dans le cadre du séminaire de l’institut interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (iiAC)

Cet appel à communication s’adresse aux chercheur·e·s prenant pour appui les travaux anthropologiques de David Graeber, avec une priorité donnée aux travaux des doctorant·e·s et des jeunes docteur·es. L’annonce de son décès a en effet, en France, donné lieu à de nombreux hommages médiatiques et académiques. Il a néanmoins semblé aux auteurs de cet appel à contribution qu’il s’agissait plus souvent de rendre hommage à l’auteur à succès des Bullshit Jobs, plutôt qu’à celui d’une ethnographie du politique et de la mémoire à Madagascar (Graeber, 2007), d’une contribution à l’anthropologie de la valeur (Graeber, 2001), des royautés sacrées et divines (Sahlins et Graeber, 2017) et des relations entre le travail anthropologique et l’expérience réflexive et militante au sein de groupes anarchistes et dans l’espace académique (Graeber, 2004) ou bien encore d’une autre histoire de l’origine des hiérarchies et des inégalités (Graeber, 2007 ; Graeber et Wengrow, à paraître), et de la notion de dette (Graeber, 2011) à partir de données empiriques ethnographiques, archéologiques, et historiques. Cet appel vise donc à mettre en valeur l’actualité de l’anthropologie politique de David Graeber et de celles et ceux qui opèrent un retour critique sur son œuvre.

Du point de vue du champ médiatique français, l’une des difficultés réside peut-être dans le cadrage peu évident de l’œuvre de David Graeber, à la croisée de l’anthropologie politique et de l’anthropologie économique. A de rares exceptions près, il demeure par exemple inhabituel, en France, - où l’image de l’anthropologie au parfum d’exotisme demeure vivace- que des anthropologues soient mobilisés médiatiquement pour parler et dénoncer l’économie globale de la dette et du capitalisme néo-libéral à partir d’un travail d’anthropologie mobilisant une expérience d’activiste. Il est frappant à cet égard de constater que les livres qui ont contribué à populariser son nom, tels que celui Dette : 5000 ans d’histoire, The Utopia of Rules, ou bien Bullshit Jobs, firent davantage l’objet de commentaires de la part d’activistes, d’économistes, de politistes, de psychologues et de sociologues, qui tendent à invisibiliser la teneur anthropologique de son œuvre. Un phénomène paradoxal, alors même que l’anthropologie française irrigue l’œuvre de David Graeber.

L’élucidation de ce fait pose la question de l’influence, des modes de restitution et de réception, ainsi que l’usage de l’œuvre de David Graeber chez les anthropologues en France. Notre appel se veut donc presque une interrogation auprès de la communauté des chercheurs en sciences sociales : qui, aujourd’hui, mobilise les travaux de David Graeber -au-delà des références convenues- de façon opératoire, et comment le fait-on ?
Modalités de contribution

Les propositions de communication sont attendues sous la forme d’un résumé format document word (maximum : 5000 signes sans les espaces), à envoyer au plus tard pour le 30 avril 2021.

La durée de la communication à prévoir est d’environ 30mn.

Organisateurs-rices
- Aurélia Gualdo - aurelia.gualdo chez ehess.fr
- Olivier Coulaux - olivier.coulaux chez ehess.fr

Référents scientifiques
- Riccardo Ciavolella - riccardo.ciavolella chez ehess.fr
- Gianfranco Rebucini - gianfranco.rebucini chez ehess.fr
- Hadrien Saiag - hadrien.saiag chez ehess.fr

Bibliographie indicative

- 2001. Toward an anthropological theory of value : the false coin of our own dreams. New York, Etats-Unis d’Amérique : Palgrave.
- 2004. Fragments of an anarchist anthropology. Chicago, Etats-Unis d’Amérique : Prickly paradigm press.
- 2007. Possibilities : essays on hierarchy, rebellion, and desire. Oakland, Etats-Unis d’Amérique, AK Press.
- 2007. Lost people : magic and the legacy of slavery in Madagascar. Bloomington, Etats-Unis d’Amérique : Indiana University Press.
- 2011. Debt : the first 5,000 years. Brooklyn, N.Y : Melville House.
- 2015. The utopia of rules : on technology, stupidity, and the secret joys of bureaucracy. Brooklyn, Etats-Unis d’Amérique : Melville House.
- Avec Marshall David Sahlins. 2017. On kings. Chicago (Ill.), Etats-Unis d’Amérique : Hau Books.


Titre
« Comment repenser et réaménager les villes africaines au XXIe siècle ? De la croissance urbaine à l’aménagement durable du territoire » — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
12-13 mai 2021
Titre
Saphia Arezki, « Investir l’histoire de la décennie 1990 en Algérie à travers les camps d’internement (1991-1995) » — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
Mercredi 12 mai 2021, 17 h-19 h
Titre
« Arts et littératures d’Afrique. Récits, discours, images », Legs et Littérature, 17, 2021 — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
Samedi 15 mai 2021
Descriptif

L’Association Legs et Littérature (ALEL) lance un appel à contributions pour le 17e numéro de la revue Legs et Littérature, consacré à la thématique « Arts et littératures d’Afrique. Récits, discours, images » qui paraîtra en juillet 2021 chez Legs édition, sous la direction de Salma Fellah et Réda Bejjtit

L’Afrique a toujours été vue – à tort ou à raison - comme le berceau de l’humanité, mais peut-on la considérer comme un berceau des arts et de la littérature qu’il faudrait préserver tel un patrimoine, matériel et immatériel, mondial ? Quand on examine l’évolution littéraire et artistique du continent africain, tout porte à penser qu’en ce qui concerne la littérature, le passage de l’oralité à la textualité est attesté, mais qu’en est-il du passage du texte à l’image, fixe et mouvante ? De l’image à l’imaginaire ? Continuent-ils encore d’être traversés par l’oralité et comment ? D’un point de vue interculturel, l’imaginaire africain s’est peut-être métamorphosé au contact du colonialisme, du post-colonialisme et de la modernité. Mais, de quelle façon la littérature orale (épopée, mythes, contes, fables), réceptacle de la sagesse du peuple (ou folklore dans un sens positif), interagit-elle avec la littérature écrite, sous toutes ses formes, au niveau intersémiotique, ou intersémiologique ? Et si le récit, forme ancestrale de la communication culturelle et interculturelle, continue encore de sévir, qu’en est-il de l’émergence des nouveaux discours littéraires ou paralittéraires, tels que les chansons, le Slam ou les sketchs ? Quelles sont donc les spécificités de ces récits et discours quand il est question de cinéma ou de toute autre forme d’expression artistique ?

Certes, la question générique reste toujours d’actualité et il serait possible d’aborder les genres littéraires dominants dans différents pays de l’Afrique francophone, anglophone, lusophone ou autres. Aussi est-il vrai que le continent africain compte différentes langues (plus de deux-mille) et des cultures distinctes difficiles à dénombrer, d’où une littérature aussi riche que protéiforme ; et dans ce cas, au lieu de considérer l’art et la littérature africains de manière univoque, comme s’il y avait une certaine homogénéité, il serait plus judicieux de parler de littératures et d’arts parce que les réalités culturelles des pays africains sont multiples et complexes, sans oublier les cultures nomades (Touaregs par exemple), celles partagées entre différents pays (la culture Amazigh, entre autres). C’est ainsi que des questions liminaires peuvent être posées : comment sont représentées ces différentes réalités, sociologiques et/ou politiques ? Via quels genres littéraires oraux (poésie, contes, épopées, fables) et écrits (roman, théâtre, récit, nouvelle ou autres) ? Et via quels genres culturels (rites religieux, sorcellerie, ésotérisme) et artistiques (peinture, sculpture, dessin, caricature, danse et cinéma) ancestraux et modernes ?

Cette richesse soulève néanmoins une problématique essentielle : sur quels critères de classement doit-on se baser pour mieux refléter cette pluralité des « littératures et des arts africains » quand il est question de critique littéraire ?

Sur le critère géographique ? Dès lors, la nécessité d’un découpage - géographique - est inévitable dans un continent où les frontières sont bousculées par l’Histoire : la littérature et l’art africains subsahariens se distinguent aussitôt de ceux du nord, de la littérature et de l’art Maghrébins, d’un Maghreb utopique qu’on a toujours voulu isoler de l’Afrique. Il y aurait certainement un imaginaire spatial, voire géographique qui interroge la critique littéraire !

Sur le critère historique, temporel ? L’histoire littéraire africaine a connu plusieurs générations d’écrivains dont la périodisation reste à déterminer par la critique littéraire, sachant que chaque pays peut avoir son propre découpage générationnel de sa littérature. Dans ce cas, dans quelle génération s’inscrivent les écrivains du XXIème siècle ? Qu’en est-il également de la critique littéraire relative aux littératures africaines ? A-t-elle une histoire ? Est-elle marquée par des influences occidentales, françaises, anglophones, russes ou autres ? Ou est-elle aussi hétérogène que la littérature qu’elle traite ?

Sur le critère linguistique, culturel, interculturel ? Ce qui est sûr, c’est que la pluralité linguistique enrichit les littératures africaines rendant ces cultures aussi vivantes que prolifiques quand les arts africains continuent encore de susciter l’intérêt et la convoitise d’un nombre considérable de musées du monde. Comment se fait alors la conservation du patrimoine africain sur le continent et en dehors ?

Qu’il s’agisse de légendes, de mythes, de rituels religieux, d’ésotérisme, de sorcellerie, d’expériences et de déboires dûs à la colonisation, les confluences sont souvent visibles et intéressantes à étudier. Elles dénotent, en effet, un imaginaire collectif commun exprimé non seulement par les écrits des élites, en Afrique ou en diaspora, mais également à travers la voix (chants, poèmes déclamés), les mains créatives (peinture et sculpture) et les corps expressifs (danse ) du peuple africain, puisant ses sources dans une Antiquité commune où « l’Homme africain » se distingue par sa créativité littéraire et artistique et non par une couleur de peau.

Dans cette perspective, cet appel à contribution se veut interdisciplinaire dans sa démarche, dans le sens où tous les regards pluridisciplinaires sur l’Afrique, ses littératures et ses arts sont les bienvenus.
Axes de recherche

Il sera question dans ce numéro de Legs et littérature de réfléchir sur cette notion à la fois complexe à définir et à délimiter. Il s’agit aussi et surtout d’offrir des pistes de recherche pour (re)penser les Arts et les littératures d’Afrique au regard des textes et toutes autres formes de représentations. On remarque, dès lors, que les voies d’analyse et d’approche sont multiples et, en plus des aspects susmentionnés, les principaux axes et interrogations que ce numéro (se) propose d’explorer peuvent être communiqués comme suit, sans être exhaustif :

- Axe 1 : Formes de récits et types de discours africains

Quels sont les récits oraux (mythes, épopées, légendes, contes, fables, proverbes, adages, blagues, sketchs) les plus répandus en Afrique ? Ces récits, dont l’origine est orale, ont-ils une trace écrite ? Sont-ils plus nombreux que les autres formes de récits (romans, nouvelles) et discours (narratif, descriptif, critique et ironique), oraux et écrits ? En quoi chacun d’eux reflète-il la culture et l’imaginaire du peuple africain ?

- Axe 2 : Genres et mouvements littéraires dominants émergeants en Afrique

Peut-on élaborer une typologie africaine des genres narratifs (Roman, nouvelle), dramatiques (Tragédie, drame) et poétiques (poésie orale et écrite) ? Existe-t-il des genres spécifiquement africains ? Comment ces genres évoluent-ils à travers l’histoire littéraire (Mouvements littéraires, périodisation, sociologie de la littérature, socio-critique, types de critique littéraire).

- Axe 3 : Art et littérature : politique et transformations sociales

Représentations de la société traditionnelle et moderne africaine. Critiques sociales dans les différents pays africains. Rapports à la dictature et l’expérience de la démocratie. Impact de la littérature, des récits et des discours sur la société. Statut et valeur de la femme africaine. Voix féminines. Spécificités de l’écriture féminine.

- Axe 4 : Art et littérature : identité, altérité et idéologie

Thèmes de prédilection : identités africaines et critiques de l’altérité ; représentations du monde, perception du temps, représentations de l’espace (villes, maisons, villages) ; la révolte ; la guerre ; le racisme ; impact des idéologies orientales et occidentales en Afrique, mise en valeur du patrimoine et modernité.

- Axe 5 : L’Afrique vue par ses écrivains et ses artistes : textes, images, expression corporelle

Comment les africains ont-ils représenté et représentent-ils, tous siècles confondus, leur culture et leur vision du monde à travers les chansons locales, la peinture, la sculpture, le cinéma et la danse ? Leur regard est-il neutre ou influencé par leur vécu et la vision occidentale ?

- Axe 6 : Regards d’ailleurs sur l’Afrique et regards d’africains sur l’ailleurs

L’Afrique, racontée et décrite, à travers les récits de voyage ; l’Afrique représentée sur les cartes postales, dans les documentaires, au cinéma, en Afrique et ailleurs. Représentations africaines et occidentales de l’homme et de la femme africains (imagologie).

- Axe 7 : Imaginaire africain : croyances, symbolique et patrimoine

Quelles sont les croyances, les rites initiatiques, magiques et ésotériques les plus répandus en Afrique ? Quelle est leur symbolique et comment est-elle utilisée et revisitée aussi bien dans les fêtes nationales que dans les récits écrits et oraux ? À quel point les écrivains africains et étrangers s’inspirent de ces croyances pour alimenter leurs écrits et leur imaginaire ? Entre superstition et réalité, en quoi leurs regards (se) diffèrent-t-ils ?

- Axe 8 : Les langues d’Afrique : linguistique, sociolinguistique, philologie, traduction…

Existe-t-il un Atlas linguistique des langues africaines ou du moins des Atlas linguistiques spécifiques aux pays africains ? Quelles sont les caractéristiques des langues et dialectes africains, en linguistique générale ou contrastive ? Leurs filiations historiques ? L’histoire de leurs écritures : alphabets (arabe, latin, etc.) ; systèmes graphiques ? D’un point de vue inter-linguistique : comment les langues africaines interagissent-elles avec les autres langues, dont le français (emprunts, code-switching) ? Statut des langues dans les pays africains ? Problématiques liées à la traduction dans les pays africains ?

- Axe 9 : Colonialité et décolonialité, colonisation et décolonisation

Comment ces mouvements sont-ils visibles dans l’art et la littérature ? Quelles sont les époques concernées les plus représentées ? Quelles sont les répercussions de ces représentations sur le monde d’aujourd’hui ? Qu’en est-il des voix, masculines et féminines, dissidentes : peut-on intégrer la dissidence anti-coloniale dans une approche « gender studies » ?

Conditions de soumission

L’auteur devra envoyer sa proposition de contributions par courrier électronique en format Word tout en indiquant (1) son nom ou pseudonyme, le cas échéant, (2) son titre universitaire, (3) le titre du texte ou les premiers mots de chaque texte (4) sa notice biobibliographique ne dépassant pas 100 mots, (5) un résumé (Abstract) du texte ne dépassant pas 220 mots.

Instructions de rédaction

Longueur des textes

4 000 à 6 000 mots pour les réflexions, les textes critiques portant sur une œuvre littéraire.
1 000 à 1 500 mots pour les notes ou comptes rendus de lecture.
1 500 à 2 000 mots pour les portraits d’écrivains.
1 500 à 2 000 mots pour les entretiens avec des écrivains, critiques littéraires etchercheurs.– Poèmes ou nouvelles en français : maximum 5 pages ou 5 poèmes.
Peintures, dessins, sculptures : maximum 5 images.

La police de caractères exigée est le Times New Roman, taille 12 points, à un interligne et demi, et une taille de 10 points pour les notes de bas de page, police de caractère, Calibri.

Pour plus d’informations, consulter : https://legsedition.net/public/wp-c...

Calendrier
- Date limite de soumission des propositions : 28 fevrier 2021.
- Date limite de soumission des articles : 15 mai 2021 ; 23h 59 min 59 sec.

Envoyez vos articles avant le 15 mai 2021 à legsedition chez outlook.com et en copie fellahisalma chez yahoo.fr et bejjtitreda chez gmail.com


Titre
« Restituer l’anthropologie politique de David Graeber » — EHESS, Paris
Date
Lundi 17 mai 2021
Titre
« Du spectacle aux spectateurs : la photographie en contexte colonial » — EHESS, Paris
Date
Lundi 17 mai 2021, 10 h-12 h
Descriptif

Séance animée par Aurélia Dusserre (Aix-Marseille Université)


Titre
« Le secteur minier en Afrique centrale et australe » — EHESS, Paris
Date
Lundi 17 mai 2021, 17 h-20 h
Descriptif

- Benjamin Rubbers (Université de Liège) : « Les syndicats face à la libéralisation du secteur minier. Une comparaison entre le Congo et la Zambie ».
- Miles Larmer (Oxford University) : faire la famille urbaine : Bien-être social dans la ‘ceinture de cuivre’ d’Afrique centrale (1950-1990).


Titre
« Classer les Indiens : savoirs ethnographiques et pratiques administratives en Inde et à l’île Maurice au 19e siècle » — EHESS, Paris
Date
Jeudi 20 mai 2021, 09 h-11 h
Descriptif

Julie Marquet (Université du Littoral et de la Côte d’Opale)


Titre
« La Francophonie : espace de circulations transnationales dans un monde global et connecté (fin XIXe-XXe s.) » — Université de Fribourg (Suisse)
Date
28-29 mai 2021
Titre
« Chasses et représentation(s) aux XXe et XXIe siècles » — Université de Fribourg (Suisse)
Date
Mardi 1er juin 2021
Descriptif

Montrer la chasse et se mettre en scène à travers elle : l’idée est vieille comme le monde. Depuis Lascaux au moins, les hommes fascinés par leurs exploits cynégétiques ont aimé les raconter et les illustrer de multiples manières. Le XXe siècle marque cependant un changement de paradigme. Les préoccupations environnementales et l’évolution des sensibilités à l’égard du monde animal ont changé le regard sur ces activités immémoriales, d’où des attitudes plus divergentes et une mise en tension des représentations.

Le terme « représentation(s) » invite à s’intéresser tout à la fois aux productions sur la chasse et à la chasse comme lieu de représentation, c’est-à-dire de mise en scène de soi, et en particulier dans un cadre politique. Prises dans ce double sens, les activités cynégétiques soulèvent plusieurs questionnements, dont celui de leur rapport au pouvoir au-delà même des relations entre l’homme et l’animal. Comment défenseurs et adversaires de la cynégétique ont-ils exprimé et expriment-ils leurs positions ? Et comment certains ont-ils pu développer des points de vue intermédiaires, entre discours ambivalents et réelles tentatives pour concilier, par exemple, chasse et amour des animaux… ?

La chasse donne lieu à des formes de narrations diversifiées et contradictoires sur des supports écrits et visuels variés que cette journée d’étude se propose d’explorer. Depuis les vecteurs culturels et artistiques traditionnels (littérature, beaux-arts…) jusqu’aux plus contemporains (photographie, cinéma, télévision, bande dessinée…), les scènes de chasse sont d’une grande variété : traques, mises à mort, tableaux de chasse… Quels moments, quels instants, choisit-on de raconter, de montrer ou au contraire d’escamoter, pour défendre ou critiquer la chasse ?

Symétriquement, les plaisirs cynégétiques peuvent être le symbole même du pouvoir politique, mais aussi cristalliser les critiques contre celui-ci. Là encore des cas significatifs ou des évolutions pourront être étudiés. Enfin, entre représentation et mise en scène du pouvoir, on pourrait par exemple s’interroger sur la place des femmes dans cette activité réputée très masculine.

Cette journée d’étude privilégie une approche comparative. Les représentations seront abordées aussi bien en France que dans d’autres pays du monde. Les exemples étrangers sont donc bienvenus.

Modalité de soumission et calendrier

Les propositions de communication (titre, résumé d’un format compris entre 2000 à 3000 signes) sont à envoyer à agnes.tachin chez u-cergy.fr
avant le 1er juin 2021.

Les réponses seront communiquées avant le 1er juillet.

Sauf cas exceptionnel le transport et le logement ne pourront être pris en charge. Les actes de la journée d’étude feront l’objet d’une publication.

Comité scientifique
- Raphaël Abrille, conservateur au musée de la Chasse et de la Nature
- Christine Germain-Donnat, conservateur en chef du patrimoine, directrice du musée de la Chasse et de la Nature
- Agnès Tachin, maîtresse de conférences, laboratoire UMR 9022 Héritages : Culture/s, Patrimoine/s, Création/s, CY Cergy Paris Université


Titre
Sylvie Thénault « Les ratonnades aux obsèques d’Amédée Froger. Alger, 1956. Entre pré-histoire de l’OAS et histoire sociale du racisme colonial » — Université de Fribourg (Suisse)
Date
Mercredi 2 juin 2021, 17 h-19 h
Titre
« Animaux et plantes de l’ailleurs (XVIe-XXIe siècle) » — Université d’Avignon
Date
Lundi 7 juin 2021
Titre
« "forçats arabes" sous le Second Empire » — Université d’Avignon
Date
Lundi 7 juin 2021, 10 h-12 h
Descriptif

Séance animée par Linda Amiri (Université de Guyane) : travail en cours à partir des archives conservées à Toulon ; thème précisé ultérieurement


Titre
Daniel Foliard (Université Paris Nanterre, CREA), « Combattre, Punir, Photographier. Empires coloniaux, 1890-1914 » — Université d’Avignon
Date
Vendredi 11 juin 2021, 14 h-16 h
Descriptif

Séance organisée autour de son livre publié à La Découverte en 2020


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