Navigation

Accueil ▷ Agenda

0 | 15 | 30 | 45 | 60

Titre
« W. E. B. Du Bois, Scholar, Activist and Passeur between America, Europe and Africa. Foundations, Circulations and Legacies » — The University of Chicago Center in Paris and Théâtre de la Ville de Paris (Espace Cardin)
Date
Du 17 au 19 octobre 2019
Descriptif

International and Pluridisciplinary Conference, October, 17-18-19 ; The University of Chicago Center in Paris and Théâtre de la Ville de Paris (Espace Cardin)

Programme

« Trained in Classical languages (Latin and Greek), Philosophy, Sociology and History, both in the US and Europe, W. E. B. Du Bois’s intellectual inquiry into the nature of Blackness covers a wide range of disciplines, from History to Political Philosophy, from Sociology to Literature and Poetry, from Art Criticism to Musicology. The colloquium will embrace this multiplicity of approaches which characterizes Du Bois’s work and, at the same time, capture the profound unity of his thought which can be found in the analysis of the “concept of race.” Special attention will also be given to the determinant role played by W. E. B. Du Bois in the transatlantic circulation of knowledge and intellectual commerce between the US, Europe and Africa. »


Titre
Philippe Dagen, Primitivismes. Une invention moderne, Gallimard, 2019 — The University of Chicago Center in Paris and Théâtre de la Ville de Paris (Espace Cardin)
Date
Jeudi 24 octobre 2019
Descriptif

Présentation éditeur :

« Alors que l’histoire des cultures est en cours de réécriture et ne peut plus être réduite à la chronique des avant-gardes occidentales, une notion est demeurée jusqu’ici à l’abri de toute révision critique : primitivisme. Si le mot est d’usage courant, la notion dont il est dérivé, primitif, ne saurait plus être employée. Aussi doit-on mettre à nu tout ce qu’il contient de sous-entendus et de stéréotypes depuis que primitif, dans le dernier tiers du XIXe siècle, est une notion centrale de la pensée occidentale.
Il est dès lors possible d’analyser les primitivismes en ce qu’ils sont des protestations contre le monde contemporain : pour la liberté des corps contre l’ordre moral bourgeois, pour la vie dans la nature loin des métropoles et des usines, pour la singularité de l’individu contre l’uniformité imposée par la société. Cet essai lie œuvres plastiques, œuvres littéraires et ouvrages d’anthropologie ou de psychiatrie – sans considération de pays ni de langues. »

Historien de l’art, professeur à la Sorbonne (Paris I), critique d’art au Monde, commissaire d’expositions et romancier, Philippe Dagen a publié de nombreux ouvrages d’histoire de l’art comme Le Silence des peintres : les artistes face à la Grande Guerre (1996) L’Art français, XXe siècle (1998) et des essais sur la situation de l’art contemporain comme La Haine de l’art (1997) ou L’Art impossible : de l’inutilité de la création dans le monde contemporain.


Titre
« Entre Exclusif et Contrebande : le commerce maritime aux Antilles (fin XVIIe - début XIXe s.) » — Université des Antilles
Date
Du 24 au 26 octobre 2019
Descriptif
Programme

Titre
« Madagascar Workshop 2019 » — Toronto
Date
25-26 octobre 2019
Titre
Appel à participation pour un réseau européen « Politiques scolaires, écoles et publics scolaires en Afrique sub-saharienne (milieu du XIXe siècle - années 1970) » — Toronto
Date
Lundi 28 octobre 2019
Descriptif
Formulaire d’engagement à participer à ce réseau

« We would like to set up a European research group on History of Education in Africa (19th-21st C.) through the AEGIS network. We believe that the History of Education brings a unique perspective to understand nation-buildings, imperialism, and the structuring of societies ; and then the political, economical, social, and cultural dynamics of colonial
and post-colonial Africa. While outstanding researches do exist, we notice that the field of History of Education in Africa is not structured and lacks the stimulation of intensive scientific discussions. That is why we need to foster international collaborations.

The first step to organize this research network will be a workshop held in Paris in March-April 2019. The second step will be a structuring panel at the Edinburgh ECAS conference in 2019. Of course, this focus on History do not exclude collaborations with colleagues from other disciplines, as long as a strong historical perspective characterize their work. In this way, our aim is to propose, in the coming years, a new pluridisciplinary AEGIS collaborative Research Group that would bring together all researchers of the AEGIS network already involved in the educational researches. The first aim of this email is to collect data on on-going research on the History of Education in Africa and to identify colleagues who may be interested by this future collective project.

As for now, among possible themes :

- circulation of policies (aims, concepts, and practices) between colonial headquarters, universities, institutes of education, and colonies.
- quantitative approach of schooling equipment in Africa since mid-19th century.
- male and female actors of education policies in Africa and their training abroad.
- impacts on individual and collective identities and on local/regional politics.
- social and economic changes for people before and after independence up to the end of the 1970s.

- Dr Jean Luc Martineau, CESSMA INALCO, Maître de conférence
- Dr Pierre Guidi, CEPED Université Paris Descartes, Chercheur IRD


Titre
« Appropriation des savoirs en contextes d’expansion européenne et contemporain (XVe-XXIe siècle). Les couleurs comme langage ’glocal’ » — Université Hassan II à Casablanca –Maroc
Date
Du 29 au 31 octobre 2019
Titre
« Domination et Antiquité. Aspects politiques et juridiques » — Sainte-Eulalie-de-Cernon
Date
30-31 octobre 2019
Descriptif
Programme

Titre
« Tourisme(s) en situation coloniale et postcoloniale : sites, architectures et récits aux XIXe et XXe siècles » — Sainte-Eulalie-de-Cernon
Date
Mercredi 30 octobre 2019
Descriptif

En situation coloniale ou après les indépendances, les rapports entretenus par le couple tourisme-colonisation sont depuis quelques années source de questionnement pour de nombreux chercheurs. Des travaux récents ont notamment interrogé le rapport à la référence locale du patrimoine touristique colonial maghrébin et fait ressortir les stratégies politiques et idéologiques qui se tramaient derrière la mise en tourisme de ce territoire (Isnart, Jelidi, Zytnicki, 2018). Dans la continuité de ces recherches, les journées d’étude organisées souhaitent réunir des contributions traitant du développement du tourisme moderne à partir du XIXe siècle dans les empires coloniaux européens. Il s’agit notamment de réfléchir aux connections de mouvements souvent étudiés de manière monographique et nationale, et dont les acteurs circulaient pourtant entre les pays, les groupes et même les esthétiques, à l’échelle locale ou mondiale. Une place particulière sera accordée aux interventions traitant de la mise en tourisme de l’Algérie, notamment celles qui confronteront l’expérience algérienne avec d’autres expériences menées dans les anciennes colonies européennes.

Texte Appel

Plusieurs thèmes pourront être abordés lors de ces journées d’étude :

- Le rapport au paysage
La mise en tourisme de territoires souvent vierges d’équipements routiers et hôteliers, a donné lieu à des réflexions sur la création de villes nouvelles et la mise en œuvre de projets d’infrastructures à grandes échelles. Issues généralement d’une démarche concertée entre des entreprises commerciales et les autorités politiques, les infrastructures créées se devaient à la fois d’exalter les beautés naturelles et pittoresques du pays, et de promouvoir l’action coloniale. Quelles stratégies de mise en valeur patrimoniale se cachent dans le tracé des voies de circulation et des parcours touristiques ? Quels sont les rapports aux : reliefs, sites, paysages et itinéraires préexistants ? Quelles définitions sont données aux notions de site et de mise en valeur des paysages ?

- La référence
La volonté affirmée de plonger les touristes dans des ambiances locales a poussé les différentes entreprises touristiques opérant sur des terrains coloniaux à occuper et à réaménager de grandes demeures et des palais appartenant aux autochtones, ainsi que des forts militaires. Elle les a aussi conduit à construire des infrastructures hôtelières offrant le confort le plus moderne tout en projetant l’image d’une architecture traditionnelle. Quels sont les mimétismes, relectures et réinterprétations du patrimoine local dans les architectures du tourisme ?

- Le récit
Les narrations touristiques revêtent une grande importance dans l’invention et la construction des territoires et des paysages, mais aussi dans les représentations de l’architecture et du patrimoine. Quel rôle ont joué les syndicats d’initiatives ? Quelle est la place des guides touristiques, ouvrages, reportages vidéo, photographies… ?
Ruptures / continuités postcoloniales

Devenues indépendantes des puissances coloniales autour de 1960, les anciennes colonies européennes se sont efforcées postindépendance d’affirmer leur identité politique et se sont lancées dans la modernisation du pays. Architectes, urbanistes et ingénieurs issus des pays de l’Est ou de l’ouest – selon les amitiés- ont joué un rôle essentiel dans ce processus. Quelles sont les considérations pour le patrimoine colonial ? quelles sont les nouvelles stratégies de mise en tourisme ?
Modalités de soumission

Les propositions de communication d’une page maximum accompagnées d’un bref cv et d’une liste des publications, devront être envoyées à t.kassab chez epau-alger.edu.dz , malik.chebahi chez paris-belleville.archi.fr avant le 30 Octobre 2019

Langues : Français et anglais

Comité d’organisation
- Malik Chebahi (maitre de conférences associé à l’ENSA Paris Belleville, chercheur IPRAUS/AUSser)
- Tsouria BABA-AHMED KASSAB Professeur à l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme


Titre
« Les circulations dans le Sud global : ethnographies des échanges mondialisés / Circulations in the global South : Ethnographic explorations of globalized exchanges » — Sainte-Eulalie-de-Cernon
Date
Vendredi 1er novembre 2019
Descriptif

15e Colloque de l’Association pour l’anthropologie du changement social et du développement (APAD) / 15th Association for the anthropology of social change and development (APAD) Conference

Texte Appel

L’édition 2020 du colloque international de l’APAD, co-organisée avec le Département d’Anthropologie et d’Études Africaines de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’Université de Lomé (Togo), se tiendra à Lomé du 23 au 26 juin 2020. Elle portera sur les multiples formes de circulation à grande échelle de marchandises, idées, techniques, informations, modèles qui traversent de manière croissante les pays du Sud et les relient au reste du monde.

Une circulation accrue de personnes, mais aussi d’objets, de marchandises, de modèles, de normes, de répertoires d’action

Les objets, les personnes et les idées se déplacent entre les continents depuis des siècles. L’Afrique était intégrée dans des échanges lointains bien avant la « première mondialisation » du XVème siècle, mais ces flux ont connu une accélération sans précédents depuis la fin de la guerre froide, à la faveur de l’amélioration des technologies de transport et de communication, de la libéralisation du commerce, de la prolifération d’accords économiques multilatéraux. Les interactions et les interconnexions au sein du Sud global s’étoffent, se complexifient et se déploient en relation à des pôles politiques et économiques émergents. Sur le plan macropolitique, le nouveau millénaire voit des pays comme la Chine, l’Inde, la Turquie ou le Brésil investir durablement le paysage économique, politique et culturel du continent africain. A l’échelle des individus, l’ouverture des pays africains aux marchés globalisés et notamment l’importance de leurs échanges économiques avec l’Asie transforme profondément les modes de consommation, les styles culturels, les manières d’entreprendre et les modèles de développement. A partir de cette toile de fond, la littérature s’accorde à distinguer deux formes de globalisation.

La première renvoie au monde de la haute finance, des multinationales, des institutions internationales de l’aide publique au développement, des tribunaux internationaux, des ONG, think tanks et fondations transnationales. Cette globalisation « par le haut », « high end » ou « hégémonique », se traduit dans les États du Sud, en particulier les pays « sous régime d’aide », par le transfert et la circulation de techniques de gouvernance, instruments d’action publique, modèles gestionnaires, normes internationales et flux financiers, au service d’une ingénierie sociale globalisée véhiculée par les institutions de l’aide ou de régulation internationales. Elle englobe également les nouvelles formes de coopération économique et industrielle au sein du Sud global. Le vif intérêt que suscitent les « nouvelles routes de la soie » sur le continent africain et le processus concomitant de modernisation des grandes infrastructures de transport et communication (ports, aéroports, routes, chemins de fer) n’en sont que la dimension la plus visible.

La deuxième forme de globalisation, vécue par la majorité de la population mondiale, est souvent associée aux mobilités transnationales des personnes. Migrants, réfugiés, entrepreneurs « nomades », commerçants, intermédiaires et démarcheurs : ils seraient les principaux acteurs d’une mondialisation « par le bas », « low-end », « non-hégémonique », « grassroots » ou « discrète », évoluant dans les interstices ou aux marges de l’économie de marché, mobilisant des investissements financiers modestes, privilégiant les transactions informelles ou semi-légales, basées sur la confiance mutuelle et structurées autour de réseaux ethniques et d’interconnaissances. Si l’importation massive de produits industriels ou de grande consommation chinois représente l’exemple le plus visible des processus susmentionnés, l’intensification des interconnexions « par le bas » ne se limite pas aux échanges commerciaux stricto sensu. Des productions culturelles voyagent aussi, à l’instar des vidéos nollywoodiennes, qui ont essaimé dans toute l’Afrique subsaharienne, puis en Europe et aux États-Unis. La démocratisation de l’Internet à haut débit et de la téléphonie mobile 4G permettent également la diffusion rapide, massive et incontrôlée d’informations – mais aussi de rumeurs – bien au-delà des frontières nationales.

Comme toute dichotomie, juxtaposer – et parfois même opposer – la globalisation des puissants et celle des subalternes contient cependant le risque de les penser séparément, perdant ainsi de vue leur interdépendance et les dynamiques qu’elle génère. En dépit et au-delà de ses variantes, cette posture est étroitement liée aux terrains des premiers théoriciens de la globalisation et des chercheurs qu’ils ont inspirés, centrés sur les mobilités humaines.

Et si, à côté des approches qui abordent les processus de mondialisation par le biais de la circulation des personnes, on s’intéressait aussi à la circulation des « choses » ? Des ethnographies de « ce qui circule » permettent en effet de ne pas préjuger de la nature des canaux et des circuits empruntés (routes, hubs, nœuds, dispositifs de régulation, infrastructures), ni des acteurs qui font circuler (entrepreneurs, hommes et femmes d’affaires, experts, fonctionnaires, personnel humanitaire, artistes, touristes, migrants, etc.), ni des échelles d’observation de ces phénomènes. Derrière une marchandise, une norme, un modèle, il y a en effet des institutions de régulation et de gouvernance, des acteurs politiques et économiques, des formes spécifiques de conception, production, diffusion et de réception/consommation, enchâssées dans des modèles culturels ou d’organisation sociale. En adoptant cette perspective, le haut et le bas, l’hégémonique et le subalterne, le high end et le low end n’apparaissent plus comme des mondes séparés, mais des dimensions à la fois incontestables et inextricablement liées au sein d’une chaine globale d’approvisionnement ou de valeur ou tout au long du voyage intercontinental d’un modèle standardisé d’intervention sociale.

Ce renversement de perspective n’est certes pas inédit. Mais sa traduction en recherches empiriques est beaucoup plus récente, surtout en ce qui concerne les Suds.

Ethnographier les formes de circulation à de multiples échelles : le colloque 2020 de l’APAD

Depuis sa fondation en 1991, l’APAD (Association pour l’anthropologie du changement social et du développement) promeut des recherches qualitatives approfondies sur les dynamiques de changement social et les tentatives de changement impulsé par les États ou l’aide internationale.

Après le colloque de Roskilde, en 2018, consacré aux mobilités et aux migrations, l’APAD propose pour l’édition 2020 de ses colloques internationaux, co-organisée avec le Département d’Anthropologie et d’Études Africaines de la Faculté des sciences de l’homme et de la société (FSHS) de l’Université de Lomé (Togo), de centrer ses travaux sur les multiples formes de circulation à grande échelle de marchandises, idées, techniques, informations, modèles qui traversent de manière croissante les pays du Sud et les relient au reste du monde. Des panels ou des communications s’intéressant à des circulations à échelle plus limitée, régionale ou entre pays voisins, ou montrant des effets de changement d’échelle dans les circulations, sont aussi bienvenus.

Il s’agit de revisiter des terrains et des thématiques qui sont au cœur du « tournant global » ayant investi les sciences sociales depuis deux décennies, de discuter de la place qu’y tient l’anthropologie du développement et inversement, de la manière dont elle prend en compte les dynamiques de mondialisation.

De l’étude initiale des interactions localisées entre développeurs et développés, l’anthropologie du développement a incontestablement diversifié ses objets et élargi son champ d’observation. Elle a interrogé « les interfaces empiriques de la mondialisation » (colloque de l’APAD 2007). Elle s’est engagée dans l’ethnographie des bureaucraties internationales de l’aide et des réseaux transnationaux d’experts, consultants et personnels humanitaires, apportant une contribution originale à l’étude des processus de globalisation. Son cadre conceptuel et ses matériaux empiriques restent cependant largement tributaires d’une dialectique Nord-Sud. La focale porte plutôt sur les transferts unidirectionnels – de normes, ressources financières, modèles institutionnels vers le Sud, de richesses naturelles et de flux de migrants vers le Nord – que sur les dynamiques d’échange et de connexion globalisées. Or, la globalisation des pratiques de l’aide et la transnationalisation de ses institutions ne sont qu’une des dimensions de l’inscription des Suds dans les processus de mondialisation. Ces sont les multiples facettes de la globalisation observée à travers les circulations dans les Suds que ce colloque incite à explorer, avec un accent délibéré sur leur dimension matérielle et spatiale.
Pistes de réflexion

Nous sollicitons des contributions qui retracent l’itinéraire, la carrière, la vie sociale et politique de « choses » en circulation de différente nature. Les « biographies » de marchandises sont un exemple désormais classique et bien représenté des « thing-following studies », à l’instar des travaux récents sur le wax, le khat, les voitures d’occasion, le champignon matsutake, les médicaments, les motos chinoises, les tongs ou le vin français en Chine. La circulation des produits africains, dans le continent ou ailleurs, comme la diffusion du gari ou du fonio en Afrique de l’ouest ou les exportations de produits alimentaires vers l’Europe ou l’Asie, ou encore le rap ou les souvenirs pour touristes pourront aussi être étudiés. Mais on pourra retracer les circulations d’une innovation ou de savoir-faire technologiques (comme les rickshaws motorisés ou les multiples exemples d’« innovation frugale » dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’accès à l’eau et à l’électricité, de l’agriculture ou de la microfinance), d’un instrument d’action publique ou d’un travelling model (comme le partogramme, les méthodes contraceptives ou le système des cash transfers). Ou s’intéresser aux productions culturelles, comme la mode, la danse, la vidéo mais aussi à des « objets » plus immatériels, comme les répertoires d’action collective – la notion d’émancipation féminine, le concept de genre et sa transposition dans les cadres du développement – ou les stratégies de mobilisation, ou encore des rumeurs transnationales, etc.

Des papiers pourront se focaliser sur une phase précise de la circulation d’un « objet », d’autres en tenter une analyse compréhensive ; dans tous les cas, dans la tradition de l’APAD, les communications devront reposer sur des matériaux empiriques solides.

Le colloque sera organisé sous forme de panels. Ceux-ci pourront s’articuler autour des axes suivants :
- Circuits, lieux et acteurs des circulations
Quelles sont les routes, les circuits, les itinéraires des circulations globalisées ? Quels réseaux transnationaux les supportent ? Quelles sont les lieux de connexion, qui jouent le rôle de hubs, de nœuds de confluence et de rayonnement de flux de marchandises, savoirs technologiques, visions entrepreneuriales, modèles de développement, représentations, normes ? Dans quelle mesure ces nœuds d’échange s’imposent-ils aussi comme des nouveaux lieux de pouvoir ? Quels sont les acteurs de ces circulations à grande échelle, aussi bien ceux qui les animent que ceux qui les alimentent ou tentent de les contrôler, de les réguler ou de s’y opposer ? Comment s’insèrent-ils dans ces circulations ? Quels entrelacements d’histoires personnelles ou collectives se créent tout au long des circulations transnationales ? Quelles sont les ambivalences observables dans ces flux et reflux induits par les trajectoires des idées, des choses ? A rebours de l’image du flux sanguin évoquée par le terme de circulation, les circulations n’irriguent pas uniformément et sans discontinuités les territoires et les sociétés. Des connexions sont bloquées, des ruptures interviennent dans les chaines d’approvisionnement ou dans les flux de l’aide, des régions ou des groupes sociaux sont durablement « déconnectés ». Certaines routes ou circuits disparaissent ou tombent en désuétude, d’autres émergent pour pallier des blocages ou des ruptures. Quels sont les lieux, les groupes sociaux, ou même les biens matériels ou immatériels restés ou tenus à l’écart des circulations ? Quels facteurs, géopolitiques, économiques, sociaux ou historiques déterminent ces exclusions ?
- Régulations et recompositions (géo)politiques
Un questionnement commun émerge autour du rôle que jouent les organisations internationales de gouvernance dans l’uniformisation et la diffusion à l’échelle globale de normes et de régulations (en matière de commerce international, de protection de l’environnement, de bonne gouvernance, de droits humains, d’émancipation féminine, de production industrielle, de propriété intellectuelle, de politiques de santé publique ou d’éducation, de lutte contre les fraudes, etc.), et leur articulation avec les agendas des acteurs politiques et économiques nationaux (autorités politiques, administrations publiques, syndicats, lobbies économiques, ONG, etc.). Quels sont les effets de l’accélération des circulations de biens, idées et normes globalisés sur les équilibres politiques locaux et nationaux ? Quels facteurs politiques ou légaux favorisent les circulations ? Quels autres les ralentissent ou les entravent ? Dans quelle mesure et par quels processus l’insertion dans les circulations mondialisées transforme l’influence politique des acteurs (qu’ils soient importateurs, consultants, activistes politiques ou artistes) ? Les nouveaux acteurs transnationaux entretiennent-ils un rapport à l’État et au politique différent de celui des élites économiques locales qu’ils viennent concurrencer ? Enfin, que se joue-t-il dans le renforcement actuel des partenariats, officiels et/ou privés, entre pays du Sud ?
- Que fait la circulation aux choses ?
Contrairement à celle de transfert, la notion de circulation permet de caractériser des déplacements non linéaires, heurtés, aux mutations de trajectoires et de parcours. Elle évoque aussi des temporalités et des processus non-planifiés. Cet axe se focalisera sur les processus complexes de transformation, adaptation voire transfiguration se produisant au cours de la circulation des « objets » étudiés. On se penchera sur les significations ou valeurs inédites acquises selon les usages qu’on leur assigne dans les différents « lieux » de transit. Alors que les pays du Sud sont confrontés à l’afflux massif de produits standardisés et à vocation universelle (qu’il s’agisse d’un téléphone portable ou d’un instrument d’action publique), quels sont les mécanismes sociaux qui en déterminent l’appropriation, la domestication, la vernacularisation ou au contraire, le rejet ? Des réflexions empiriquement fondées sur les processus de métissage, brassage, hybridation complèteront les questionnements de cet axe.
- Les conséquences locales des circulations mondialisées
Il s’agira de réfléchir à l’impact des processus liés à l’intensification des connexions et des échanges à grande échelle sur le quotidien des groupes sociaux et des territoires mis en relation. Quels effets produit localement la forte disponibilité en Afrique de produits manufacturés de faible valeur et de grande consommation d’origine asiatique ? Quelles répercussions sur les systèmes de production et de consommation locaux ? Quelles sont les visions et les pratiques sociales associées à l’entrée de pans importants des populations urbaines dans l’ère de la consommation de masse ? Quels changements dans les modes et les styles de vie ? Quelles sont les pratiques et les imaginaires politiques et économiques dont sont porteurs les acteurs arrimés aux circulations transnationales ? Leurs expériences de voyage et d’échange ont-elles des effets sur leurs visions du développement économique et leurs pratiques entrepreneuriales ? Et inversement, que produit l’insertion dans des circulations lointaines de produits jusqu’ici « de terroir », localisés ? Assiste-t-on à des formes de mobilisation exprimant de la résistance, de la contestation, de la critique, des inquiétudes par rapport aux nouvelles inégalités engendrées par le capitalisme globalisé ?
- Les terrains des circulations
La pratique des terrains transnationaux suscite des questions, transversales à l’ensemble des panels, sur leurs implications épistémologiques et méthodologiques. Le suivi d’une marchandise, d’une technique, d’un modèle, d’une vision, d’un répertoire d’action collective morcelle le terrain entre un vaste répertoire d’acteurs, d’actants et de situations appartenant à des espaces sociaux, culturels et politiques transculturels et transnationaux. A côté de la question souvent évoquée des échelles d’observation, des enquêtes multisituées sur des phénomènes globalisés incitent de ce fait à repenser la place des aires culturelles, les formes du comparatisme et l’exigence d’érudition et de spécialisation qui leur est étroitement associée. En outre, l’éclatement des lieux d’observation propre à une ethnographie des circulations conduit inévitablement à questionner son propre regard – d’où porte-t-il ? – et les modes de restitution de la recherche.
Le colloque et les panels

Le comité d’organisation encourage les panels thématiques, les ateliers et les tables rondes sur les questions abordées ci-dessus. A côté des panels consacrés au thème du colloque, quelques panels pourront être dédiés aux thèmes classiques de l’APAD, dans une logique de rencontre des membres et de progression des thèmes de recherche.

Nous invitons également les anthropologues visuels et les cinéastes à proposer des panels ou à soumettre des films pour des projections publiques.

Les travaux du colloque seront valorisés dans un ou plusieurs numéros de la revue Anthropologie & développement, revue bilingue à comité de lecture de l’APAD, dans des numéros spéciaux d’autres revues académiques, et/ou dans un ouvrage collectif.

Les panels seront constitués de 4 communications.

Modalités de soumission et calendrier

Tous les organisateurs de panel doivent soumettre une problématique et un appel à communications de maximum 600 mots. La proposition doit préciser les noms et prénoms, les adresses e-mail, l’affiliation et la position institutionnelle des organisateurs du panel. Elle peut intégrer des orientations bibliographiques. Elle doit être envoyée par courrier électronique
au plus tard le 1er novembre 2019 au comité d’organisation : colloque2020 chez apad-association.org

Les proposants seront informés des résultats de la sélection le 1er décembre 2019. Les appels à communications pour les différents panels seront lancés par le comité d’organisation et les responsables de panels le 10 décembre 2019.

La date limite de soumission des résumés des communications est le 15 février 2020. Les organisateurs de panels sélectionneront les résumés et proposeront un programme complet du panel pour le 5 mars 2020 au comité scientifique pour validation. La liste définitive des panels sera publiée le 15 mars 2020.

Le texte complet des communications est attendu pour le 15 mai 2020, pour inclusion sur le site internet du colloque.
Informations pratiques

Une page web dédiée au colloque sera prochainement ouverte sur le site web de l’APAD

Les langues de travail sont le français et l’anglais.

Le colloque se déroulera à l’Université de Lomé du 23 au 26 juin 2020. Lomé est un hub aérien, facilitant l’arrivée des participants. Une liste d’hôtels à des tarifs préférentiels pour le colloque sera affichée à l’avance pour les réservations.

Les frais d’inscription au colloque incluent la documentation, les pauses-café, les repas de midi à la cafétéria de l’Université, la soirée de gala et l’adhésion à l’APAD pour l’année 2020. Celle-ci donne droit à la réception des news de l’association et aux numéros de la revue Anthropologie & développement édités pendant l’année d’adhésion.

Le tarif normal est de 120€ (78 000FCFA) = 70€ (45 000 FCFA) de frais d’inscription au colloque + 50€ (33 000 FCFA) de cotisation à l’APAD.

Deux tarifs réduits sont possibles :
- 95 € (62 000FCFA) = 70 € de frais d’inscription au colloque + 25 € de cotisation à l’APAD pour les personnes ayant un revenu moyen inférieur à 1000€ (660 000 FCFA) /mois.
- 70 € (45 000 FCFA) = pour les membres de l’APAD à jour de leur cotisation 2020.

Quelques bourses seront disponibles pour des jeunes chercheurs ou des doctorants qui ne pourraient pas financer leur venue. L’acceptation d’une candidature supposera une communication acceptée au panel et la fourniture, à l’avance, du texte de la communication. Les modalités seront précisées sur le site du colloque.

A la suite du colloque, l’APAD organisera un atelier d’écriture à destination des jeunes chercheurs africains, sur la base d’une sélection des communications reçues.

Comité d’organisation

Akakpo-Ahianyo Jean-Paul, URD, UL
Amouzou-Glikpa Amevor, Département de Sociologie, FSHS, UL
Apeti Saturnin, Département de Sociologie, FSHS, UL
Awesso Charles, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Blundo Giorgio, IRD/EHESS
Boutinot Laurence, CIRAD
Deridder Marie, Université Catholique de Louvain
Douti Mireille, EHESS
Elieth Eyebiyi, LASDEL Bénin
Gogoli Ablavi Julie Esseyram, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Hountondji Roland, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Koumi Abel, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Lavigne Delville Philippe, IRD
Lawani Ayemi, Université de Kara
N’Djambara Mohamoudou, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Ouattara Fatoumata, IRD
Palassi Konga, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Passinda Laurent, Département d’Anthropologie, FSHS, UL
Toudeka Marie-Reine, URD, UL
Vampo Charlotte, IRD
Waharé Jules, Département d’Anthropologie, FSHS, UL


Titre
Éric Vallet (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) & Éloi Ficquet (EHESS, CéSor), « Représenter, maîtriser les territoires » — Sainte-Eulalie-de-Cernon
Date
Mardi 5 novembre 2019, 18 h 30-20 h 30
Descriptif

Conférence publique de l’IISMM, dans le cadre du cycle 2019-2020 « l’Islam dans les mondialisations »
- Mardi 5 novembre 2019 de 18h30 à 20H30
- EHESS, Amphithéâtre F. Furet, 105, bd Raspail 75006
- Entrée libre sans inscription au préalable

avec
- Éric Vallet (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), « L’Islam a-t-il (ré)inventé la carte du monde ? »
- Éloi Ficquet (EHESS, CéSor), « ‘Écrire le pays’ : Les savoirs territoriaux éthiopiens dans la production cartographique européenne, du XVIIe au XIXe siècle »

Cycle 2019-2020 « l’Islam dans les mondialisations », du 1er octobre 2019 au 2 juin 2020 // 1 fois/mois le mardi de 18h30 à 20h30 à l’EHESS – Amphithéâtre François Furet (105, Boulevard Raspail, 75006 Paris)

Enregistrements des précédents cycles de l’IISMM sur Canal-U ou sur Soundcloud


Titre
« France et Nord de l’Afrique au XIXe siècle » — Université de Lausanne
Date
Vendredi 8 novembre 2019
Titre
« Les Juifs des protectorats du Maghreb et la France de la fin du XVIIIe siècle à nos jours » — Paris
Date
Du 12 au 14 novembre 2019
Titre
François Pouillon (EHESS), « Berbères, Arabes, colonisation(s), approches anthropologiques sur l’Extrême-Sud tunisien » — Paris
Date
Mardi 12 novembre 2019, 19 h-21 h
Titre
« La défense des droits humains en Amérique latine et Afrique. Paradigme historique et enjeux de mémoires » — Université de Sherbrooke
Date
14-15 novembre 2019
Titre
« Amérique centrale : espaces, cartographies et représentations » — Université de Nantes
Date
Du 14 au 16 novembre 2019

0 | 15 | 30 | 45 | 60