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Titre
« Histoire croisée du travail dans le monde francophone »
Date
Samedi 20 août 2022
Descriptif

Les éditrices de French Historical Studies lancent un appel à articles pour un numéro spécial de la revue sur le travail en France et dans le monde francophone à la lumière de l’histoire globale, à paraître en 2024.

Depuis le tournant du nouveau millénaire, l’histoire globale du travail a donné vie à une énorme quantité de travaux reliant les formes et les pratiques du travail de régions différentes, depuis le Moyen-Âge et jusqu’à nos jours. Cependant, dans les mondes francophones, cette tendance est encore incertaine ; les historiens du travail en France se limitent le plus souvent à l’Hexagone et ignorent les connexions et les comparaisons avec d’autres régions d’Europe et du monde. Pour leur part, les spécialistes de l’esclavage et du post-esclavage dans les colonies françaises difficilement relient leurs investigations aux dynamiques dans d’autres Empires ou même à l’évolution du travail en France. Cet appel vise à dépasser ces barrières et invite des soumissions reliant le travail en France à celui d’autres pays et/ou de ses colonies. La période couverte s’étale de l’époque moderne jusqu’à nos jours.

Axes thématiques

Thématiques envisagées (liste non exclusive), toutes dans une perspective d’histoire connectée, globale ou comparée :
- Les structures économiques et sociales du travail et de la coercition
- Structures et pratiques du travail dans les métropoles impériales et dans les colonies
- Le genre dans les structures et les pratiques du travail
- La race dans les structures et les pratiques du travail
- L’âge dans les structures et les pratiques du travail
- La résistance au travail
- Migrations et mobilité

Coordination scientifique du numéro : Alessandro Stanziani, EHESS et Gwyn Campbell, McGill University

Modalités de soumission

Toute question est à adresser à nos deux directeurs du numéro spécial : Alessandro Stanziani alessandro.stanziani chez ehess.fr et Gwyn Campbell gwyn.campbell chez mcgill.ca

Pour soumettre un article, veuillez consulter la page suivante. Après vous être enregistré(e), suivez les instructions de la section « Instructions for Authors ». Les articles peuvent être soumis en anglais ou en français, mais, dans les deux cas, ils doivent être conformes au style de FHS, et doivent être accompagnés d’un résumé ou abstract de 150 mots, dans les deux langues. Les manuscrits doivent comporter entre 8000 et 12000 mots. Concernant les illustrations, prises de vue, ou extraits de film, les auteurs doivent obtenir la permission écrite de les publier sous forme papier et digitale de la part des personnes dépositaires des droits sur ces images ou extraits audiovisuels, ou de la part des responsables des institutions d’où les images sont originaires.
Les propositions sont à déposer sur la plateforme jusqu’au 20 août.


Titre
Jean-Louis Amselle, L’invention du Sahel, Ed. du Croquant, 2022
Date
Jeudi 25 août 2022
Descriptif

Présentation éditeur :

« Le Sahel est une catégorie qui semble aller de soi. Évoquant les famines et les sécheresses des années 1970, les révoltes et insurrections depuis des décennies, le Sahel est vu avant tout comme une terre dangereuse. Peut-être en va-t-il ainsi parce qu’il s’agit d’une catégorie instable, hybride, intermédiaire entre le désert et la savane, entre le nomadisme et la sédentarité, entre des populations « blanches » (Touaregs, Maures), des populations « rouges » (Peuls) et des populations « noires », entre l’animisme et l’islam. Impossible donc de définir de façon stricte ce qu’il en est du Sahel, de ses limites, de ce qui le caractérise en propre. Il s’agit d’une notion totalement arbitraire qui ne doit son existence qu’à la consolidation que lui ont fait subir un certain nombre de savants coloniaux et dans la foulée des écrivains et des cinéastes africains dont le plus célèbre d’entre eux est Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du prix Goncourt 2021 pour son roman « La plus secrète histoire des hommes ». L’hypothèse de ce livre est que les problèmes d’aujourd’hui du Sahel sont en grande partie le résultat d’une représentation figée de l’Afrique de l’ouest. »

Jean-Loup Amselle est anthropologue. Directeur d’études émérite à l’EHESS, ancien rédacteur en chef des Cahiers d’études africaines, spécialiste du Mali et de l’étude de l’ethnicité, de l’identité et du métissage, il a notamment publié Rétrovolutions. Essais sur les primitivismes contemporains, Paris, Stock, 2010 et avec Souleymane Bachir Diagne, En quête d’Afrique(s). Universalisme et pensée décoloniale, Paris, Albin Michel, 2018.


Titre
« Migration Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850) »
Date
Jeudi 1er septembre 2022
Descriptif

The H2020 Interconnecting Histories and Archives for Migrant Agency (ITHACA) project focuses on narratives of migration in both past and present, analysing them in a rigorous historical framework, through an interdisciplinary, comparative, and transnational approach. ITHACA aims to create a digital platform, that brings together migration narratives from the XVth century to the present, enhancing the historical documentation and the testimonies of past and present migrants’ experiences. In this context, the ITHACA Project Coordination invites scholars to submit essay proposals for a contributory volume on this topic.
The aim of this essay collection is to offer a comparative overview of the history of migrations in the Mediterranean region, here defined as global interconnected space, a crossroads for a wider area, from the Atlantic to the Caspian Sea, and from Northern Africa to continental Europe. It will host contributions that cover a long timeframe, from the late Middle Ages up to the first half of the 19th century. To avoid an over-localised approach and a narrow chronological frame, the collection will offer both a synchronic and diachronic account of migrant experiences across the area in the longue durée.

Using a stringent comparative approach, Migrations Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850) will provide a solid historical framework in which migrants’ perception and self-perception and the consequent narration and self-narration of migration are challenged and discussed from a variety of perspectives and methodological approaches. Contributions presented from a multi- or interdisciplinary perspective will be welcome. The purpose of the ‘long modern age’ periodisation is to better highlight the changes and continuities in the historical migration processes that have taken place in the region.

The book aims to make a significant contribution to the study of this kind of narration – that is the written, graphic, or oral commentary employed by a narrator to convey a story to an audience. The case studies selected will offer a wide view of migration narratives and self-narratives, as defined in the examples below, in different Mediterranean spaces. Narrative concepts are profoundly relevant to the understanding of life, experience, and texts of whatever nature, and ITHACA wishes to employ them to reach a deeper understanding of the meanings of migration.

Thus, based on their archival research, the contributors to this volume are expected to retrace the narratives of migrant groups and individuals, privileging written, figurative, artistic, material forms of self-narrative, offering a key to access the long-term impact of the narratives thanks to a strong historical perspective.

We encourage contributions that will explore and deepen our understanding of the various forms of narrative by and on migrants that can be found in archival sources. Archives as a privileged space for looking at displacement narration are at the very core of the ITHACA project, as it is mainly through archival sources of various kinds that we are able to historicise narratives of migration.

For Migrations Narratives in the Global Mediterranean (1450–1850), we welcome contributions covering three main typologies of migrant experience through the examination of narratives produced by or on migrants :

- Migration as a result of religious dissent and lack of a toleration towards religious diversity. In the history of the Mediterranean, there have been many migratory experiences – both voluntary and forced – that have been motivated by religious beliefs. This type of migration involved individuals and groups who, for reasons of religious beliefs linked to confessional or non-tolerant policies in the country of origin, moved somewhere else.
- Migration as a result of contested political positions, actions of political opposition, or state of war in the country of origin. This form of migration refers to the political exile of political outcasts in the early modern age as well as to those linked to the patriotic struggles of the 19th century. Contributions could retrace, through narration and self-narration, the feeling of displacement of the exile in the arrival space ; actions taken to enter a new political and cultural space ; the elaboration of an ideology linking activism and migrant experience.
- Migration as a result of environmental conditions. This type of migration involved populations that moved in search of better environmental settlements, mainly for economic reasons.
- Methodological reflections that elaborate the concept of migrant agency in a historical and long-term perspective and/or reflections on the historiographic works on the theme of migration (especially migration narratives).

Submission guidelines
- Contributions should be in English and no more than 10,000 words in length (footnotes included).
- Proposals should be no more than 600 words in length and should be submitted by email to ithaca.h2020 chez gmail.com
by 1 September 2022.

The authors of accepted proposals will be notified by 15 October 2022. Completed essays will be expected by 15 September 2023, for publication in autumn 2024. Contributions will be subject to a peer review process. The volume will be released by an international publisher and will be in Open Access, according to the standards required by European projects.

The contributors will be invited to take part to a workshop to be held in November 2023 with the aim of presenting and discussing the academic perspectives that have emerged through the collection.

Scientific committee
- Matteo Al Kalak chez unimore.it> ; université de Modène
- Maria Chiara Rioli chez unimore.it> ; université de Modène
- Viviana Tagliaferri chez unimore.it> ; université de Modène
- Michaël Gasperoni, chez cnrs.fr> ; CNRS (Centre Roland Mousnier)


Titre
« Adapter l’enseignement, les institutions et les dispositifs scolaires en situation coloniale et postcoloniale. Perspective globale et histoire connectée », Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale, 2023
Date
Jeudi 1er septembre 2022
Descriptif

Numéro sous la direction de : Pierre-Éric FAGEOL, Université de La Réunion, ICARE pierre-eric.fageol chez univ-reunion.fr et Céline LABRUNE-BADIANE, chercheuse associée au laboratoire CESSMA, Université Paris VII celine.labrunebadiane chez gmail.com

« Dans ce numéro d’Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale, nous proposons d’explorer l’adaptation de l’enseignement, de l’institution scolaire et des dispositifs éducatifs dans l’Empire colonial français au miroir de la politique d’adaptation qui a prévalu en métropole, dans l’école de la IIIe République (Chanet, 1996 ; Thiesse, 1997 ; Ploux, 2011), et ses héritages dans les territoires qui en sont issus. L’adaptation de l’enseignement n’est pas réductible à des enjeux pédagogiques mais est fondamentalement une question politique et idéologique. Elle s’opère différemment en fonction des périodes, des espaces, des contraintes budgétaires, des objectifs poursuivis, des rapports de force entre acteurs bureaucratiques et de l’idéologie plus ou moins pragmatique des acteurs en charge de sa mise en œuvre. Les acteurs de l’enseignement se montrent aussi attentifs aux expériences réalisées en dehors de l’Empire colonial français et de l’espace francophone. L’adaptation de l’enseignement en situation coloniale fut un projet éminemment conservateur : sous couvert de la prise en compte des différences culturelles, elle maintenait en fait les colonisés dans une position subalterne. Dans les colonies, certains furent dès lors vivement opposés à son développement, refusant le décrochage de l’école par rapport à la métropole. Les travaux qui abordent la question des pratiques de classe au quotidien sont rares ; ils montrent un décalage entre les politiques et la réalité des apprentissages au quotidien (Ly, 2009 ; Deleigne, 2010 ; Labrune-Badiane et Smith, 2018 ; Labrune-Badiane, 2021). La décolonisation a engendré une refondation de l’école dans les anciens territoires colonisés, devenus départements français ou États indépendants. Bien qu’il y ait le plus souvent eu volonté de rupture, celle-ci concerna davantage les curricula et les objectifs globaux de l’école que ses structures qui se perpétuent jusqu’à présent. Par ailleurs, les expériences éducatives coloniales et les acteurs de l’enseignement dans les colonies ont pu être « recyclés » dans le système éducatif en métropole (Falaize, 2015 pour les circulations de l’AOF vers la métropole).

La place accordée aux acteurs et aux pratiques de l’enseignement ouvre ainsi de nouvelles problématiques de recherche sur l’efficience d’une école coloniale qui dépasse le seul cadre de la mission civilisatrice et de sa vocation assimilatrice initiale. Du curriculum prescrit au curriculum réel (Hossen-Fageol-Wallian, 2020), des discours scolaires (Fageol, 2012) aux pratiques de classe, des cadres officiels de référence à l’émergence de nouvelles référentialités coloniales, les perspectives de recherche sont désormais à la croisée de divers champs convoquant tout à la fois une histoire sociale de groupes professionnels issus du milieu éducatif et une histoire des fondements didactiques et pédagogiques de l’enseignement colonial. La circulation de modèles pédagogiques - depuis les métropoles, entre les colonies et entre les empires - interroge également les mobilités impériales et le rôle des acteurs sur les stratégies éducatives coloniales dans une perspective transnationale et transimpériale.

Les recherches engendrées par les études postcoloniales et décoloniales (Salaün & Trépied, 2020) tendent enfin à montrer que le « legs colonial » (Bayart, 2006) fait toujours débat et que l’étude scolaire du « fait colonial » demeure didactiquement complexe et politiquement sensible quels que soient les territoires et les périodes étudiés (De Cock, 2012). Cela constitue spécialement un défi majeur pour l’enseignement de l’histoire et de la géographie dans les territoires d’outre-mer (Maurice, 2018) et l’utilisation des langues vernaculaires pour l’enseignement (Salaün, 2010 ; Fageol, 2016).

Ce numéro d’Outre-Mers. Revue d’histoire coloniale et impériale vise à donner une vue d’ensemble des idéologies, des politiques et des expériences scolaires dans les empires coloniaux européens contemporains en Afrique, en Asie, dans la Caraïbe et dans l’océan Indien et dans les territoires qui en sont issus afin d’analyser notamment les ruptures et les continuités entre les périodes coloniale et postcoloniale. Les propositions s’inscriront dans les approches, champs historiographiques et thématiques énumérés ci-dessous.

Cadrage général
Approche trans et multidisciplinaire (histoire, sociohistoire, sociolinguistique, philosophie de l’éducation, sociologie de l’éducation, anthropologie, etc.).
Approche comparative et transimpériale : Empires coloniaux contemporains en Afrique, en Asie, dans la Caraïbe et l’océan Indien.
Période : coloniale et postcoloniale (XIXe-XXe).
Champs historiographiques et thématiques : histoire conceptuelle ; histoire des disciplines scolaires ; politiques linguistiques ; enseignement public et privé confessionnel, missions, enseignement pratique, technique, professionnel et général.
Acteurs : institutions, élèves, enseignants, élites, penseurs de l’éducation.

Axes
Cet appel à contribution concerne en priorité les axes suivants qui pourront être abordés de manière complémentaire par les auteurs :
- Curricula et pratiques d’enseignement ;
- Logiques d’acteurs ;
- Circulation des modèles éducatifs et d’enseignement.

Délais et modalités
L’évaluation se fera sur la base de l’article complet :

a. Envoi de la proposition d’article avant le 1er septembre 2022.

Les propositions d’article de 6 000 caractères maximum (espaces compris), accompagnées d’un bref CV scientifique, devront faire apparaître la problématique, la méthode, le corpus ou terrain et les éléments centraux de l’argumentation.

b. Annonce des propositions sélectionnées le 1er octobre 2022.

c. Envoi de l’article complet le 15 janvier 2023. Les recommandations aux auteurs sont disponibles sur : http://www.sfhom.com/.

d. Retour des évaluations le 1er mars 2023.

e. Réception du texte final le 15 avril 2023.

f. Publication du numéro spécial en juin 2023.

Comité d’expertise : Clélia CORET - Mylène EYQUEM - Pierre-Éric FAGEOL – Pierre GUIDI - Jean-François KLEIN - Céline LABRUNE-BADIANE - Soraya LARIBI - Didier NATIVEL - Étienne SMITH - Claude PRUDHOMME - Rebecca ROGERS - Damiano MATASCI – Edenz MAURICE - Faranirina RAJAONAH - Thuy Phuong NGUYEN

Bibliographie

Barthélemy Pascale, Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.

Barthélemy Pascale, « L’enseignement dans l’Empire colonial français : une vieille histoire ? », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010.

Bayart Jean-François & Bertrand Romain, « De quel “legs colonial” parle-t-on ? », Esprit, n° 12, 2006, p. 134-160.

Bezançon Pascale, Une colonisation éducatrice ? L’expérience indochinoise (1860-1945), Paris, L’Harmattan, 2002.

Bouche Denise, « Autrefois, Notre Pays s’appelait la Gaule… : Remarques sur l’adaptation de l’enseignement au Sénégal de 1817 à 1960 », Cahiers d’Études Africaines 8, n° 29, 1968, p. 110-122.

Boyer Gilles, Clerc Pascal & Zancharini-Fournel Michèle (dir.), L’école aux colonies, les colonies à l’école, Lyon, ENS Éditions, 2013.

Bude Udo, « The adaptation concept in British colonial education », Comparative Education, vol. 19, 1983, p. 341-355.

Chanet Jean-François, L’école républicaine et les petites patries, Paris, Aubier, 1996.

Dancel Brigitte, Enseigner l’histoire à l’école primaire de la IIIe République, Paris, Presses Universitaires de France, 1996, 264 p.

De Cock Laurence, « Un siècle d’enseignement du “fait colonial” dans le secondaire de 1902 à nos jours », Histoire@Politique, vol. 18, n° 3, 2012, p. 179-198.

Deleigne Marie-Christine, « Les jardins scolaires des écoles du premier degré à Madagascar (1916-1951) », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010, p. 103-128.

Fageol Pierre-Éric, Identité coloniale et sentiment d’appartenance nationale sur les bancs de l’école à La Réunion, Saint-Denis, Presses Universitaires Indianocéaniques, 2020, 280 p.

Fageol Pierre-Éric, « Une impossible éducation plurilingue en situation coloniale. Discours sur le créole dans les apprentissages sous la Troisième République à La Réunion », Tsingy n° 19, 2016, p. 99-114.

Falaize Benoît, L’histoire à l’école primaire depuis 1945, Rennes, PUR, 2016.

Hossen Cédric, Fageol Pierre-Éric & Wallian Nathalie, « Adapter l’enseignement au milieu colonial entre 1923-1941 : éclats de copies d’élèves du Lycée Leconte de Lisle de La Réunion », dans Sylvain Genevois & Nathalie Wallian (Éds.), Enseigner-apprendre en tous terrains : de la didactique contextuelle à la contextualisation du didactique, Paris : Éditions Archives contemporaines, 2020, p. 31-60.

Labrune-Badiane Céline, Le pari de l’école. Une histoire de l’institution scolaire en Casamance, Paris, Maisonneuve et Hémisphère éd., 2021.

Labrune-Badiane Céline & Smith Étienne, Les hussards noirs de la colonie. Instituteurs africains et petites patries en AOF, Paris, Karthala, 2018, 716 p.

Labrune-Badiane Céline, De Suremain Marie-Albane & Bianchini Pascal (dir.), « L’école en situation postcoloniale », Cahiers Afrique, n° 27, 2012.

Laurent Manière, « La politique française pour l’adaptation de l’enseignement en Afrique après les indépendances (1958-1964) », Histoire de l’éducation, 128, 2010, p. 163-190.

Lembré Stéphane, « L’enseignement technique et professionnel dans l’Algérie coloniale, du territoire à l’atelier (1866-1958) », Histoire de l’éducation, 2017, n° 147, p. 91-117.

Ly Boubacar, Les instituteurs au Sénégal de 1903 à 1945, t. 3, « La formation au métier d’instituteur », Paris, L’Harmattan, 2009.

Marchand Claude, « Tentatives d’adaptation de l’enseignement aux réalités camerounaises : l’enseignement agricole, 1921-1970 », Canadian Journal of African Studies, vol. VIII, n° 3, 1974, p. 539-551.

Matasci Damiano, Bandeira Jeronimo Miguel & Gonçalves Dores Hugo (dir.), Repenser la « mission civilisatrice ». L’éducation dans le monde colonial et postcolonial au XXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2020.

Maurice Edenz, « L’adaptation de l’enseignement scolaire en situation postcoloniale. Créolisation et identité nationale au prisme des enseignants en Guyane de 1945 à la fin des années 1970 », dans Dubois Jérémie & Legris Patricia (dir.), Disciplines scolaires et cultures politiques. Des modèles nationaux en mutation depuis 1945, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2018, p. 19-32.

Nguyen Thuy Phuong, L’école française au Vietnam de 1945 à 1975. De la mission civilisatrice à la diplomatie culturelle, Thèse, Université Paris V, 2013.

Obondo Margaret Akinyi, « Tensions between English and mother tongue teaching in post-colonial Africa », in Cummins Jim & Davison Chris (eds), International Handbook of English Language Teaching, New-York, Springer, 2007, p. 37-50.

Omolewa Michael, « Educating the “native” : a study of the education adaptation strategy in British colonial Africa, 1910-1936 », The journal of African American History, vol. 91, n° 3.

Ploux François, Une mémoire de papier. Les historiens de village et le culte des petites patries rurales (1830-1930), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.

Rajaonah Faranirina V., « Repenser l’enseignement de l’histoire à Madagascar dans les années 1960 », Revue Historique des Mascareignes, 2002, p. 79-92.

Reynaud-Paligot Carole, L’école aux colonies. Entre mission civilisatrice et racialisation (1816-1940), Ceyzérieu, Champ Vallon, 2020.

Salaün Marie, L’école indigène. Nouvelle-Calédonie (1885-1945), Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2005.

Salaün Marie, « L’enseignement de la langue française dans les écoles indigènes en Nouvelle-Calédonie, (1863-1945) », Histoire de l’éducation, n° 128, 2010, p. 5-27

Salaün Marie et Trépied Benoît, « Introduction. Sortir du colonial sans décoloniser ? », Outre-Mers. Revue d’histoire, n° 406-407, 2020, p. 7-23.

Thiesse Anne-Marie, Ils apprenaient la France, l’exaltation des régions dans le discours patriotique, Paris, édition de la Maison des sciences de l’homme, 1997.

Youenn Michel, « Les instituteurs et l’étude du milieu local. Variations sur la réponse à une injonction paradoxale », Le Télémaque, n° 28, 2005, p. 95-110.


Titre
« Le végétal dans les villes coloniales. Enjeux patrimoniaux et de qualité de vie »
Date
Jeudi 1er septembre 2022
Descriptif

Au terme de trois ans de programme Hubert Curien Maghreb « Le végétal dans les villes coloniales maghrébines ; Marrakech, Alger, Sousse. Enjeux patrimoniaux et de qualité de vie » débuté en janvier 2020, qui associe des équipes de géographes, d’écologues, de paysagistes, d’historiens et de littéraires, des universités d’Angers (France), de Cadi Ayyad de Marrakech (Maroc), de Sousse (Tunisie) et de l’USTHB d’Alger, un bilan peut être proposé pour ces villes de « pays du Sud », en le confrontant aux expériences dont ce végétal en ville fait l’objet dans les « pays du Nord ».

Texte Appel

En effet, les enjeux du végétal en ville, qui font l’objet de très nombreuses études dans les « pays du Nord » ces dernières décennies et y sont largement intégrés dans les politiques publiques (Laille et al., 2013 ; Selmi et al., 2013 ; Mathis & Pépy, 2017)[1], ne sont par contre pas une préoccupation majeure dans les villes des « pays du Sud », qui sont pourtant très étudiées mais essentiellement sous l’angle des enjeux de développement urbain, urbanistique fonctionnel et socio-spatial (Fournet-Guérin, 2008)[2]. L’analyse des services écosystémiques urbains montre le même déséquilibre, très largement sous représentée pour le continent africain de manière générale à l’exception de quelques villes sud-africaines (Cape Town et Durban) ou de Lagos au Nigéria (Luederitz et al., 2015)[3] par exemple. D’autre part, seuls quelques inventaires du végétal et des arbres en ville existent en Asie (Jim, 1987 ; Nagendra & Gopal, 2010)[4], au Maroc (Bekkouche et al., 2011 ; El Faïz et al., 2016)[5] ou en Tunisie (Brandes, 1998)[6], ou s’intéressent uniquement à certains types de quartiers, notamment bidonvilles, en Afrique (Gallaher et al., 2013)[7] ou en Inde (Gopal & Nagendra, 2014)[8].

Pourtant, les bienfaits du végétal, désignés sous l’appellation de services écosystémiques, sont de plus en plus reconnus et mis en avant dans les projets et politiques urbaines locales, nationales et internationales (Musy, 2014 ; Clergeau, 2020)[9]. Les enjeux du cadre et de la qualité de vie et des services écosystémiques liés au végétal dans ces villes de « pays du Sud », souvent chaudes, polluées, à croissance urbaine mal maîtrisée, stressantes et à forte population pauvre, y sont peut-être plus importants que dans les villes plus « policées » des pays occidentaux (Yengué, 2014)[10].

Ces fonctions ou services écosystémiques se définissant par les bénéfices apportés par les écosystèmes aux sociétés humaines (Millenium Ecosystem Assessment, 2005)[11], ces enjeux sont étroitement liés à ceux du développement durable, la référence à la qualité de vie et à la durabilité étant devenue un principe normatif des politiques publiques de développement. En effet, le végétal prodigue notamment des services écologiques de régulation thermique, de régulation des pollutions de l’air et des eaux pluviales, des services sociaux et culturels procurant des bénéfices récréatifs, esthétiques, paysagers et spirituels et des services économiques d’alimentation (Dobbs et al., 2014)[12] particulièrement adaptés aux contextes et enjeux des villes du Sud. Les enjeux patrimoniaux sont également importants, notamment dans un contexte de développement touristique qui cherche à diversifier ses ressources et c’est notamment dans cette dynamique internationale, que les villes maghrébines notamment du Maroc et de Tunisie, montrent un regain d’intérêt pour ce végétal et que diverses politiques publiques ont été initiées ces dernières années.

Cependant, la seule comptabilisation des parcs et des jardins publics, largement mise en avant au titre des actions des pouvoirs publics, est loin de rendre compte de la couverture végétale réelle d’une ville. En effet, le végétal en ville, c’est l’ensemble des espaces végétalisés, privés ou publics (au sens de l’ouverture au public ou celui de la propriété foncière du terrain), gérés mais aussi délaissés ou spontanés, situés à l’intérieur ou à proximité d’une « aire urbaine ». Il concerne également les plantes isolées comme les formations végétales très développées (boisement, haies, friches, pelouses, etc.), les plantes ornementales comme les plantes nourricières de l’agriculture urbaine.

Il s’agit avec ce colloque de nous intéresser plus spécifiquement aux villes colonisées par des pays européens au Maghreb, en Afrique sub-saharienne ou en Asie, voire en Amérique centrale et du sud, toutes profondément transformées et façonnées pendant la période coloniale. Certaines villes comme Alger ou Marrakech ont ainsi fait partie des « villes-laboratoires » dans le domaine de l’urbanisme colonial que l’on retrouve dans tout l’empire français (Forestier, 1997, Coquery-Vidrovitch, 1988 ; Goerg, 2006 ; Taïbi et El Hannani, 2019)[13], et le végétal participe de ces modèles urbains, hier comme aujourd’hui (Gillot, 2014)[14]. Le végétal colonial, qui constitue dans ces villes un patrimoine souvent délaissé, vient s’intriquer aux héritages antérieurs, arabo-amazigh, turcs, romains, byzantins, etc., et aux nouveaux espaces publics et privés créés après les indépendances et aujourd’hui.

Le végétal est souvent un élément majeur de ces villes, que ce soit le végétal aux fonctions alimentaires des zones agricoles urbaines privées, le végétal domestiqué public des parcs et jardins et des arbres d’alignement notamment des quartiers coloniaux, ou celui plus ou moins spontané. Les reliques pré-coloniales s’intriquent à celles plus ou moins dégradées de la période coloniale et les nouvelles formes post-coloniales privées et publiques.

Par ailleurs, ce végétal constitue dans ces villes, un marqueur de l’espace soulignant ou créant notamment une ségrégation socio-spatiale en partie héritée de la période coloniale entre les villes européennes et les villes indigènes, ou aujourd’hui entre quartiers de villas et quartiers paupérisés.

Elément de marketing territorial, ce végétal a parfois profondément marqué les imaginaires et s’affiche dans les récits de voyageurs ou littéraires. En effet, ce végétal est parfois indissociable des représentations iconographiques et des descriptions d’écrivains et voyageurs, et sert de support marketing pour le tourisme dans certaines villes, comme à Marrakech (Maroc) par exemple (Chevrillon, 2002 ; Tharaud, 1920 ; El Hannani et al., 2017)[15], même si cette image de villes vertes, qui perdure depuis la période coloniale, est de plus en plus déconnectée des réalités au fur et à mesure de l’extension et la densification de ces villes dès la période coloniale, se traduisant par l’accentuation de leur caractère minéral. Le végétal ayant tendance à reculer dans l’espace public où il n’est souvent plus représenté que par quelques arbres alignés le long de certaines voies de communication et quelques jardins souvent mal entretenus à l’exception de quelques-uns emblématiques restaurés, il reste par contre bien représenté dans les lieux touristiques, et certains quartiers de villas, où il se développe également dans l’espace privé des jardins.

Ces villes sont aujourd’hui pour la plupart confrontées d’un côté à la demande pressante de logements de qualité par une population croissante, impliquant densification et/ou étalement urbain, et donc recul du végétal en ville, et de l’autre, à des enjeux environnementaux majeurs en contexte de changement climatique qu’il faut anticiper et dont il faut limiter les effets, et assurer simultanément un cadre de vie de qualité aux habitants.

Ce colloque qui s’adresse aux diverses communautés scientifiques ainsi que professionnels de géographes, historiens, architectes-urbanistes et paysagistes mais aussi littéraires ou écologues, s’intéressera au végétal patrimonial des jardins historiques et coloniaux, aux espaces agraires urbains et péri-urbains, aux arbres d’alignement et remarquables, ainsi qu’au végétal des espaces publics et privés post coloniaux.
Axes thématiques

Les thématiques abordées peuvent concerner les politiques publiques et les formes publiques et privées de création et de gestion des espaces verts dans les villes coloniales, que ce soit par les pouvoirs publics ou les paysagistes et architectes-paysagistes. On s’intéressera aussi aux processus de construction/préservation des paysages végétaux dans les villes coloniales ainsi qu’aux fonctions actuelles et passées de ce végétal urbain ou péri-urbain, non seulement les fonctions et services écosystémiques classiques, mais également les fonctions spécifiques aux environnements coloniaux du végétal comme élément de domination, et aujourd’hui de ségrégation socio-spatiale.

Ces analyses pourront s’appuyer sur des corpus littéraires, des archives, de l’imagerie satellitaire et aérienne ou de l’iconographie, comme des travaux de terrain d’enquête ou d’observation paysagère.

On pourra aussi aborder le végétal comme élément de « patrimoine » ou « héritage » dans les villes coloniales et ses dynamiques d’évolution à échelle historique. La question du végétal comme support marketing des villes du sud pourra aussi être intéressante.

Programme prévisionnel

Mardi 15 novembre 2022

- 9h30 : Inauguration et introduction

- 10h30-12h30 : communications

- 12h30-14h : pause déjeuner et présentation posters

- Après-midi : communications et discussion

Mercredi 16 novembre 2022

- Matin : communications et discussion

- 12h30-14h : pause déjeuner et présentation posters

- Après-midi : Table ronde « regards croisés professionnels et scientifiques sur le végétal en ville des pays du nord et du sud »

Clôture

Modalités de soumission et de sélection : Les propositions de contribution, évaluées par le comité scientifique doivent être envoyées avant le 1er septembre 2022 à taibi chez univ-angers.fr et elhannani chez univ-angers.fr

Chaque proposition de contribution devra comporter :

- Un titre,
- Un résumé de 500 mots maximum en français et en anglais,
- 5 mots-clés en français et en anglais,
- Précision si il s’agit d’une communication orale ou d’un poster
- L’affiliation scientifique et les coordonnées de ou des auteurs,
- L’adresse e-mail du correspondant de la communication

Les auteurs seront informés de l’avis du Conseil scientifique avant le 30 septembre 2022.

Le programme sera diffusé courant octobre 2022

Frais d’inscription : La participation au colloque fait l’objet d’une inscription payante qui inclut les documents du colloque, les pauses café et les 2 buffets repas de midi les 15 et 16 novembre :
- 50€ pour les enseignants-chercheurs et autres statuts de pays du nord
- 25€ pour les enseignants-chercheurs et autres statuts de pays du sud
- 20€ pour les étudiants

Le dîner de gala le soir du 15 novembre est ouvert sur inscription pour un montant de 35 €. Il aura lieu dans la ville d’Angers.

Les paiements devront se faire par carte bleue ou chèque exclusivement.

Une publication de certains travaux pourra être envisagée à l’issue du colloque. Des démarches sont en cours avec différentes revues et maisons d’édition.


Titre
« Politique(s) fiscale(s) dans l’espace francophone : étude pluridisciplinaire »
Date
Samedi 3 septembre 2022
Descriptif

La journée d’étude proposée ambitionne de servir de théâtre à une réflexion entre doctorants et jeunes chercheurs de disciplines multiples axée sur la question de la légitimité des prélèvements fiscaux dans l’espace francophone.

Texte Appel

« L’argent est le nerf de la guerre ». Cette phrase prononcée par Thucydide, il y a près de vingt-cinq siècles[1] , est toujours d’actualité. Pour s’en convaincre, il suffit d’analyser la place de choix qu’occupe la politique fiscale tant au sein des normes juridiques que dans les discours politiques et la vie quotidienne. Sur le plan juridique, par exemple, l’importance de la politique fiscale est avérée du fait sa dimension constitutionnelle. C’est ce qui ressort de la lecture de l’article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui dispose que « tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ». Sur le plan politique, la thématique du pouvoir d’achat développée pendant et après l’élection présidentielle des 10 et 24 avril 2022, en France, témoigne de la nécessité pour l’État de mettre en place une politique fiscale de qualité. Dans la vie quotidienne, enfin, diverses manifestations, telles celle des gilets jaunes, en France, le printemps arabe et les révolutions du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée Conakry, en Afrique, ont généralement pour origine : la mauvaise gestion financière par les gouvernants.

C’est fort de cette réalité que la journée d’études proposée ambitionne de servir de théâtre à une réflexion entre doctorants et jeunes chercheurs de disciplines multiples axée sur la question de la légitimité des prélèvements fiscaux dans l’espace francophone. Le choix de ce champ géographique est justifié par le fait qu’il englobe des pays intimement liés par l’histoire (la France et l’Afrique francophone), mais ayant un niveau de développement différent. Ce paradoxe mérite d’être questionné à l’aune des politiques fiscales tant elles constituent les poumons de l’État », ce qui suppose que leur utilisation « participe » du sous-développement de certains États et du développement des autres. L’approche pluridisciplinaire s’impose alors d’emblée car elle permet de questionner non seulement l’origine des politiques fiscales (ce qui est l’objet de l’histoire), mais également leur effectivité (problématique susceptible d’intéresser les sociologues, politistes et économistes) et efficacité (tâche pouvant ressortir de la compétence des gestionnaires et juristes, tant publicistes que privatistes). Toutefois, l’étude projette d’offrir non pas une simple superposition entre ces disciplines, mais bien un regard inclusif entre toutes. C’est la raison pour laquelle elle entend s’articuler autour de deux grands axes, à savoir la technique d’instauration des politiques fiscales par les « imposants »[2] (I) et les politiques réactives des « imposés »[3] (II). En effet, mettre en avant le pouvoir des « imposants » conduirait, en premier, à s’intéresser particulièrement aux problématiques liées au pouvoir d’instituer un prélèvement public. Cela inclurait par exemple de s’intéresser aux considérations sociologiques - voire économiques - qui ont présidé à la création d’un prélèvement public, aux institutions qui les créent, à la légalité d’une telle création, etc. Ensuite, l’analyse de la réaction (voire de l’action) des « imposés » consisterait a priori à examiner le contrôle, de toute sorte, que pourraient exercer les personnes (morales et physiques) supportant ces prélèvements.

Axes thématiques

Les éventuelles communications pourraient alors s’inscrire dans la logique du plan binaire qui va suivre :

Axe I : L’instauration des politiques fiscales dans l’espace francophone : prérogative des « imposants »

Ici, les propositions de communication peuvent par exemple porter sur la genèse et l’évolution des politiques fiscales. Elles peuvent également traiter des autorités compétentes pour instituer et assurer les prélèvements fiscaux, tout en interrogeant la nature et le régime juridique de ces derniers.

Axe II : La réception des politiques fiscales dans l’espace francophone : un devoir des « imposés »

Dans cet axe, les communicant(e)s peuvent aborder - à titre indicatif - l’acceptation (forcée, implicite ou explicite) des prélèvements fiscaux. Il peut également être question de mettre en exergue leur refus (frontal ou négocié).

Public visé : Jeunes docteurs et doctorant(e)s, professionnels et étudiant(e)s.

Calendrier
- Le 03 septembre 2022, date limite d’acceptation des propositions de communications ;
- Le 17 septembre 2022, réponse des propositions de communications retenues ;
- La journée d’étude aura lieu fin novembre 2022, à l’Université de Lorraine (site de Nancy), une prise en charge des frais liés à la venue des communicant(e)s est envisagée ; les communications à distance sont également envisageables ;
- Chaque proposition de communication doit comprendre un titre provisoire, elle doit être rédigée en français avec un maximum de 2500 signes et faire mention du nom, de l’affiliation et, si possible, du CV de l’auteur(e).
- Les propositions de communications sont à envoyer à etude22politiquefiscale chez yahoo.com
- Contact administratif : ifg-contact chez univ-lorraine.fr

Comité de sélection

GERMAIN Gérôme, Maître de conf. HDR, Université de Lorraine (IRENEE) ;
TAURAN Thierry, Maître de conf. HDR, Université de Lorraine (IFG) ;
MADINIDA MIGUELI MBOUGOU Andrée, Doctorante, ATER, Université de Lorraine, IFG
MBA NDONG Bourges, Docteur en droit privé, ATER, Université de Lorraine
EDZODZOMO NKOUMOU Tephy-Lewis, Docteur en droit public de l’université de Lorraine, ATER à Lille

Notes

[1] Le stratège (c’est-à-dire le général) athénien Thucydide (vers 460- 400 av. J.-C.) commença à écrire l’Histoire de la guerre du Péloponnèse alors même qu’il combattait sur le front. Fin connaisseur des affaires militaires et politiques, il constata ce qui est toujours vrai vingt-cinq siècles plus tard : « L’argent est le nerf de la guerre. » Dans sa lutte contre la cité de Sparte, c’est précisément l’argent qui manquait à Athènes. Cette brillante cité fut en effet dépeuplée puis ruinée par une épidémie de fièvre typhoïde (que Thucydide appelle « peste »). Propos qui furent repris par Catherine de Médicis dans sa Lettre à l’ambassadeur d’Espagne, août 1570. L’expression a été popularisée en France par Rabelais dans Gargantua. A l’origine, elle aurait été de Cicéron et dériverait de l’adage latin « l’argent est le nerf des affaires ».

[2] Le terme imposant renvoie aux personnes qui instituent les prélèvements. Il ne s’agit pas toujours de l’Etat dans son unicité. Le premier axe consistera aussi à déterminer qui sont les imposants, afin d’analyser leur légitimité.

[3] Le terme désigne les sujets de droit auxquels s’appliquent les prélèvements, communément désignés comme les contribuables.


Titre
« Travelling Through time : New Perspectives, Methods and Challenges for Understanding Livestock Mobility in the Past » — MMSH, Aix-en-Provence
Date
Du 6 au 9 septembre 2022
Descriptif

Colloque international organisé par le programme européen PATHWAy (Centre Camille Jullian A*MIDEX Aix Marseille Université - France / University of York, AHRC - UK)

Il se tiendra du 6 au 7 septembre 2022 à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Aix-en-Provence et les 8-9 septembre, dans le massif des Ecrins (Excursion avec hébergement).

Programme

La date de clôture des inscriptions est fixée au 22 juillet 2022 (inclus)

« Qu’il s’agisse de migrations massives, de déplacements saisonniers du bétail entre des pâturages de complément, ou d’échanges commerciaux, la mobilité des animaux est un élément crucial pour comprendre l’organisation des sociétés passées, l’évolution des paysages et l’histoire des terres et des territoires. Si la question de la mobilité du bétail a été largement explorée en archéologie, le développement des méthodes bioarchéologiques au cours des dernières années (études génomiques, analyses isotopiques...) tend à réviser nos connaissances et à réexaminer les scénarios et modèles de mobilité considérés jusqu’à présent. A l’ère de la mondialisation, cette session vise à mettre en lumière la mobilité passée sous toutes ses formes. »


Titre
« Montagne enseignante-Montagne enseignée »
Date
Du 8 au 10 septembre 2022
Titre
« Histoire du droit comparé décolonial : le droit des peuples autochtones avant le colonialisme » — Oxford, United Kingdom
Date
9-10 septembre 2022
Titre
« L’éloignement du pouvoir. Approches historique, littéraire et anthropologique » — Oxford, United Kingdom
Date
Jeudi 15 septembre 2022
Descriptif

Colloque international du Laboratoire Hisoma (Histoire et Sources des Mondes Antiques, Lyon), du Centre de recherche interdisciplinaire en Histoire, Histoire de l’art et Musicologie (Criham, Limoges-Poitiers) en collaboration avec le Laboratoire Universitaire Histoire Cultures Italie Europe (LUHCIE, Grenoble) et le laboratoire Espaces Humains et Interactions Culturelles (Ehic, Limoges)

Ce colloque propose de croiser deux champs de recherche classiques, rarement envisagés ensemble : l’histoire du voyage et l’histoire du pouvoir, de son maintien et de sa perte. Il est vrai qu’un certain nombre d’études existent qui ont pris pour l’objet l’éloignement dans l’espace comme un dispositif de l’exercice même du pouvoir. C’est ainsi le cas de la vaste étude parue récemment et intitulée Le gouvernement en déplacement : Pouvoir et mobilité de l’Antiquité à nos jours sous la direction de F. Chausson, J. Barbier et S. Destephen qui offre une analyse très complète sur l’éloignement physique comme une forme d’exercice du pouvoir. En revanche, le lien entre éloignement et fragilisation (voire perte) de celui-ci a été beaucoup moins souvent (ou en tout cas moins systématiquement) étudié. C’est précisément ce que propose de faire le colloque : il s’agit d’envisager, sur la longue durée, les différentes constellations dans lesquelles l’éloignement dans l’espace (le déplacement) équivaut à une forme de déchéance du pouvoir (ou à une prise de distance volontaire par rapport à celui-ci). À ce titre, acteurs et institutions les plus divers peuvent être pris en considération : le pouvoir souverain autant que les pouvoirs subalternes, qu’ils soient d’ordre féodal, civil ou militaire, public ou privé, laïc ou religieux.

Plusieurs situations sont dès lors susceptibles de se présenter. Des moments où l’éloignement coïncide avec une destitution, ce qui peut correspondre à une situation d’exil. Mais aussi des moments où l’éloignement volontaire du gouvernant peut s’assimiler à un acte d’abdication. C’est tantôt par épuisement, tantôt du fait de « voir son pouvoir s’éloigner », donc en raison de ce constat et pour se protéger, en attendant des jours meilleurs, que la décision peut être prise de partir, ou de chercher à partir. Le déplacement peut être alors conçu comme fuite, prise de distance destinée à se préserver ou à se refaire des forces sous l’effet d’une déchéance (et donc avec l’espoir d’un retour). On pourra enfin analyser des situations dans lesquelles partir, s’éloigner du lieu d’exercice du pouvoir peut répondre à une stratégie d’affirmation, de réaffirmation d’un pouvoir fragilisé. Cela se fait parfois en démultipliant les lieux de son exercice, à partir de villégiatures notamment. Le point de vue des gouvernés qui vivent l’éloignement physique de ceux qui les gouvernent tout comme celui des personnes dont les gouvernants se rapprochent quand ils quittent leur lieu normal de résidence pourront aussi être abordés.
Le déplacement du lieu du centre du pouvoir, la relation entre figure du gouvernant et lieu d’exercice, les tentations ou mises en pratique de formes d’abdication, les mises à l’écart du pouvoir par des opposants politiques jouant sur la pluralité de lieux qui incarnent potentiellement le pouvoir seront donc autant de manières d’aborder ce vaste sujet. S’éloigner de la pratique du pouvoir volontairement ou non, des lieux qui représentent celui-ci, gouverner en s’éloignant ou s’éloigner pour moins gouverner, voir son pouvoir s’éloigner sont autant de déclinaisons possibles de ce thème. Dans la diversité de ces cas, le voyage résulte toujours d’une contrainte et le pouvoir devient un danger poussant à quitter le lieu habituel d’exercice du pouvoir.
L’approche du sujet se veut ouverte à plusieurs champs disciplinaires comme l’histoire, la littérature, et les sciences sociales et l’on compte traiter cette question sur une longue période historique allant de l’Antiquité à la période contemporaine. L’ouverture vers le présent pourrait aussi permettre d’ouvrir un dialogue entre Histoire et Science politique.

Comité scientifique et d’organisation
- Albrecht Burkardt, PR Histoire moderne, Université de Limoges (responsable), albrecht.burkardt chez unilim.fr
- Virginie Hollard, MCF, Histoire ancienne, Université de Lyon2, Hisoma (co-responsable), virginie.hollard chez wanadoo.fr
- Gilles Bertrand, PR Histoire moderne, Université Grenoble Alpes, Laboratoire
Universitaire Histoire Cultures Italie Europe, gilles.bertrand chez univ-grenoble-alpes.fr
- François Brizay, PR Histoire moderne, Université de Poitiers, Criham, francois.brizay chez univ-poitiers.fr
- Stéphanie Guédon, MCF HdR, Histoire ancienne, Université de Limoges, Ehic, stephanie.guedon chez unilim.fr
- Odile Richard, MCF HdR, Lettres modernes, Université de Limoges, Ehic, odile.richard chez unilim.fr

Adresser les propositions (d’environ 3000 signes, en anglais ou en français, accompagnées d’une fiche de présentation de l’auteur) jusqu’au 15 septembre 2022 à l’ensemble des membres du comité d’organisation.


Titre
« Les communs environnementaux en sciences sociales » — Oxford, United Kingdom
Date
Jeudi 22 septembre 2022
Descriptif

Journées organisées par le Centre de Recherche Bretonne et Celtique (UMS 3554), Université de Bretagne Occidentale, Brest (France) ; 22 et 23 septembre 2022

Organisation :
- Pierre-Yves Cadalen, post-doctorant en Sciences politiques au CRBC (postdoc – political science) pierreyves.cadalen chez sciencespo.fr
- Aude Chesnais, post-doctorante en Ethnologie au CRBC (postdoc – ethnology) audechesnais chez gmail.com
- Marie-Clémentine Corvest, doctorante en Histoire contemporaine au CRBC (PhD student – contemporary history) mclementine.corvest chez rocketmail.com

Le champ d’étude des communs s’est développé considérablement ces dernières années. Ouvert notamment par les travaux de la politiste et économiste Elinor Oström (Oström, 1990), ce champ de recherche mobilise plusieurs disciplines : philosophie, droit, économie, science politique, anthropologie et histoire. Puisqu’il s’agit dans ce champ d’étudier les conflits d’usage et les noeuds juridiques, bundle of rights¸ à l’oeuvre dans les communs, plusieurs objets peuvent être concernés : pêcheries, internet, régimes internationaux. Nous souhaitons, avec cette journée d’études, mettre l’accent sur un type particulier de commun, les communs environnementaux. Ils peuvent être définis comme espaces dont l’altération ou la destruction contribue à l’érosion des conditions de reproduction de la vie humaine et du vivant vertébré (Cadalen, 2020 ; Castel, 2018 ; Wallenhorst, 2020).

Les communs environnementaux sont devenus un enjeu de pouvoir majeur ces dernières années, dont l’envergure est immédiatement internationale (Beau and Larrère, 2018 ; Bellier, 2012 ; Gemenne, 2015), et l’évolution déterminée également par des dynamiques économiques, sociales, politiques à l’oeuvre aux niveaux des macro-régions, des nations ou des localités diverses (Grove, 2019 ; Hornborg et al., 2007 ; Morton, 2019 ; Wainwright and Mann, 2018).

Ces communs ne sauraient être exclusivement locaux ou globaux, et ces trois demi-journées d’étude visent précisément à analyser l’intrication des niveaux de pouvoir à l’oeuvre dans le gouvernement des communs environnementaux. Théorie politique du gouvernement des communs, circulation des savoirs environnementaux, création et historicité des régimes internationaux : tels sont les trois grandes lignes d’organisation de cet événement académique, et les trois axes dans lesquels doivent s’inscrire les communications. Des communications articulées à l’étude d’un cas spécifique – régime international, commun environnemental particulier, savoirs autochtones déterminés – sont bienvenues.

Les travaux issus de ces trois demi-journées d’étude pourront faire l’objet d’un dossier spécial d’une revue française en sciences sociales.

1. Théorie politique et gouvernement des communs environnementaux
Responsable de l’axe : Pierre-Yves Cadalen

Dans le cadre de ce premier axe de recherche et de proposition de communications, il s’agit d’inscrire les propositions de communication, à partir de cas d’étude, dans les questionnements suivants : qui gouverne les communs environnementaux ? Quelle est ou quelles sont la (les) communauté(s) légitime(s) à gouverner les communs environnementaux ? Quelles sont les dynamiques structurantes qui produisent la protection ou la destruction des communs environnementaux ?
Une dimension particulière unit ces considérations. Il s’agit de la question de la souveraineté, singulière au regard des enjeux et dynamiques écologiques. Quel est le rôle de la souveraineté étatique dans le gouvernement des communs environnementaux ? Des travaux nombreux et récents sur la souveraineté et propriété (Borrits, 2018 ; Crétois, 2018 ; Dardot and Laval, 2020 ; Graber and Locher, 2018) invitent à poser cette question à nouveaux frais. Les propositions de communication veilleront à inclure cet aspect décisif dans la réflexion proposée autour du gouvernement des communs environnementaux. Pour ce qui est des relations internationales, une telle dimension peut se fonder notamment sur les travaux susmentionnés de Joel Wainwright et Geoff Mann (Wainwright and Mann, 2018).
L’enjeu, ici, est de construire un dialogue interdisciplinaire sur les communs environnementaux et les pratiques de pouvoir qui en déterminent l’évolution. Pour l’heure en effet, la tendance générale à la destruction des communs environnementaux est claire (Chakrabarty, 2018, 2009 ; Charbonneau, 2010). L’intérêt de ce premier axe de communication est donc d’ouvrir la réflexion de ces trois demi-journées autour des conditions de possibilité de la réorientation des dynamiques socio-écologiques actuelles. Des travaux de politistes, d’économistes, d’historiens, de philosophes ou d’anthropologues peuvent tous contribuer à une réflexion utile à ce sujet.
Toute proposition structurée autour d’une proposition d’analyse des logiques de pouvoir à l’oeuvre dans le gouvernement des communs environnementaux sera étudiée dans le cadre du premier axe thématique de cet appel.

2. Communs Environnementaux Locaux et Savoirs Ecologiques Traditionnels
Responsable de l’axe : Aude Chesnais

La question de la gouvernance des communs au niveau local dépend en grande partie des spécificités économiques et politiques des espaces concernés. Plus encore, la configuration géopolitique des espaces définit la construction sociale d’un certain rapport à la terre et des savoirs écologiques traditionnels (TEK), ce qui influence également le champ des possibles de la gouvernance des communs environnementaux. Pour cette raison, la question de la mise en pratique des savoirs écologiques locaux dans la gestion des communs environnementaux est indissociable de leur historicité.
En outre, alors que la gestion des communs a intrinsèquement un enjeu international, la répartition des responsabilités et l’impact des acteurs varie énormément. Un nombre croissant de chercheurs s’intéresse notamment à l’ensemble des valeurs et pratiques qui ont conduit à l’Anthropocène. Ces recherches incluent souvent une remise en question du terme même d’Anthropocène (Haraway et al., 2016 ; Moore, 2018), qui a lui seul lisse ces responsabilités environnementales au niveau global. En effet, le changement climatique peut être largement attribué à la "course à la destruction" conséquente au capitalisme mondialisé (Hooks & Smith, 2004), et dont le succès continue de dépendre de l’expansion
coloniale, de l’extraction des ressources naturelles d’autres peuples, et de l’établissement d’une division du travail mondiale et racialisée (Farrell et al. 2021 ; Ferdinand, 2019). Ainsi, pour les peuples autochtones et nombres de peuples colonisés, l’utilisation des savoirs écologiques traditionnels est subordonnée à la question de la souveraineté territoriale (Barker, 2015 ; Brewer and Dennis, 2018 ; Middleton, 2010 ; Zanotti et al., 2020), alors même qu’elle est fondamentale à une gestion pérenne des ressources et à l’expression de différentes manières d’habiter la terre (Escobar, 2016 ; Kealiikanakaoleohaililani, K., & Giardina, 2016 ; Schultz, 2017).
Cet axe de recherche invite à réfléchir sur l’articulation entre savoirs écologiques traditionnels et souveraineté territoriale, au prisme de l’historicité coloniale. Il cherche également à élargir la question de ces savoirs écologiques traditionnels aux savoirs écologiques régionaux et culturellement spécifiques qui ont évolué dans un contexte impérialiste et nationaliste. Nous accueillons particulièrement des communications qui apportent des points d’éclairage sur les challenges politiques ou ontologiques de mise en pratique de ces savoirs, ainsi que les travaux comparatifs.
Mots clés : Savoirs écologiques traditionnels ; Souveraineté territoriale ; Cosmologies du rapport à la terre ; Colonialités, Impérialismes et Environnement ; Ecologie pratique et politique

3. Droit et politique : la construction des régimes internationaux
Responsable de l’axe : Marie-Clémentine Corvest

Ce dernier axe de communication propose de penser les ponts entre théorie(s) des communs environnementaux et pratique(s). Veillant au maintien de la dynamique interdisciplinaire des échanges portés par les deux axes précédents, il s’agit d’envisager et d’interroger les systèmes, les institutions et les structures juridico-économiques et/ou politiques qui définissent, réglementent et régulent l’utilisation et l’exploitation des communs environnementaux. Par ailleurs, ces analyses pourront introduire les travaux sur les possibilités, les échelles de développement et les modalités de création de régimes environnementaux globaux. Les enjeux normatifs de la définition des communs environnementaux et de la particularisation de ces espaces - à l’instar de la haute mer et de ses fonds - constituent un élément central du colloque. Il apparaît également nécessaire de porter un regard particulier aux notions de dommage écologique, dommage environnemental ainsi qu’à la notion même de régime environnemental et à ses matérialités. Il est nécessaire de préciser que les travaux peuvent concerner les organisations environnementales ainsi que toute autre institution ou organisation non-spécialisée. En effet, les processus d’appropriation de la question environnementale (Delmas et Toffel, 2008), du verdissement (Maertens et Louis, 2017) des institutions représentent un champ d’investigation particulièrement privilégié. Quels sont les instruments disponibles pour gouverner l’environnement et quelles formes doivent-ils prendre ? Comment interfèrent les phénomènes de politisation et dépolitisation de la question environnementale (Wood et Flinders, 2014) et les processus de production
des normes juridiques et institutionnelles internationales (Nay et Petiteville, 2011 ; Lagroye et Offerlé, 2011 ; Marieke et Maertens, 2021) ?
La mise en lumière de ces éléments induit une mise en perspective internationale et une appréciation des systèmes et des régimes internationaux dans leur entièreté. Dans la poursuite des travaux de Thomas Weiss à propos de la « seconde ONU » et de la « troisième ONU » (Weiss, 2013 ; Weiss et Carayannis, 2021), la production et les producteurs des normes juridico-politiques environnementales pourront faire l’objet de communications. La question actorielle ouvre les perspectives d’une analyse comparatiste et d’un retour aux problématiques posées par les deux premiers axes de la journée d’études par l’appréhension des différences entre les normes, les définitions juridico-économiques des communs environnementaux et les objets politiques et sociologiques qu’ils sont. Des secrétariats des organisations internationales (Mathiason, 2007 ; Biermann, Siebenhüner, Bauer et al, 2009 ; Campe, 2009 ; Weiss, 2013) aux chercheurs et aux militants, les différentes communications pourront proposer une lecture actorielle selon des perspectives complémentaires.
La recherche à propos des régimes environnementaux est redynamisée. Cependant, elle n’a pas été amorcée au XXIè siècle. La définition quasi-canonique de Stephen Krasner (Morin, 2014) a été soumise dans le numéro 2 du volume 36 de la revue International Organization dans son article « Structural Causes and Regime Consequences : Regimes as Intervening Variables » en 1982. D’autre part, l’efficacité des régimes internationaux de l’environnement est évaluée depuis la fin des années 1990 (Young, 1999 ; Miles, Underdal, Andresen, Skjærseth, Wettestad et Carlin, 2002) et est, aujourd’hui, au coeur des recherches réalisées à propos de la gouvernance globale de l’environnement (Dimitrov, 2019 ; Biermann, Kim, Mitchell et al, 2020). Ainsi, la problématique du développement de régimes internationaux de l’environnement (Morin et Orsini ; 2022) - à la croisée de la gouvernance, du droit de l’environnement et des relations internationales - doit aussi être pensée par le prisme de l’histoire contemporaine (Fressoz, 2013 ; Rodogno, Gauthier et Piana, 2013 ; Jarrige et Le Roux, 2017) et par le prisme épistémologique. Les travaux d’historiens - de l’histoire environnementale, l’histoire des relations internationales à l’histoire des institutions - sont, par conséquent, les bienvenus. Aussi, la problématique de l’interdisciplinarité en sciences humaines et en sciences sociales dans le traitement des champs de l’environnement et de la gouvernance de l’environnement - problématique entendue aussi bien selon les angles de la méthode que de la définition des objets de recherches - est privilégiée.

Bibliographie

Barker, A. J. (2015). ‘A Direct Act of Resurgence, a Direct Act of Sovereignty’ : Reflections on Idle No More, Indigenous Activism, and Canadian Settler Colonialism. Globalizations, 12(1), 43–65.
Beau, R., Larrère, C. (Eds.), 2018. Penser l’anthropocène.
Bellier, I., 2012. Les peuples autochtones aux Nations Unies : un nouvel acteur dans la fabrique des normes internationales. Critique internationale 1, 61–80.
Biermann, F., Siebenhüner, B., Bauer S. et al. (2009) Studying the Influence of International Bureaucracies : a Conceptual Framework. Managers Of Global Change : The Influence of International Environmental Bureaucracies (Biermann & Siebenhüner dir.). MIT Press. Cambridge.
Biermann, Kim, Mitchell et al. (2020) Architectures of Earth System Governance : Institutional Complexity and Structural Transformation. Cambridge University Press. Cambridge.
Borrits, B., 2018. Au-delà de la propriété : pour une économie des communs, L’ horizon des possibles. La découverte, Paris.
Brewer, J. P., & Dennis, M. K. (2018). A land neither here nor there : voices from the margins & the untenuring of Lakota lands. GeoJournal, 84, 571–591.
Cadalen, P.-Y., 2020. L’Amazonie et le vivant à l’épreuve de l’écopouvoir. Raisons politiques 4, 77–90.
Campe, S. (2009) The Secretariat of the International Maritime Organization : A Tanker for Tankers. Managers Of Global Change : The Influence of International Environmental Bureaucracies (Biermann & Siebenhüner dir.). MIT Press. Cambridge.
Castel, P.-H., 2018. Le mal qui vient : essai hâtif sur la fin des temps. Les éditions du Cerf, Paris.
Chakrabarty, D., 2018. Changement climatique et capitalisme. Esprit 1, 153–168.
Chakrabarty, D., 2009. The Climate of History : Four Theses. Critical Inquiry 35, 197–222.
Charbonneau, B., 2010. Finis terrae, Collection La ligne d’horizon. À Plus d’un titre, La Bache.
Crétois, P., 2018. L’accaparement des biens communs. Presses Paris Nanterre, Nanterre.
Dardot, P., Laval, C., 2020. Dominer : enquête sur la souveraineté de l’État en Occident. La Découverte, Paris.
Delmas, M. & Toffel, M. (2008) Organizational Responses to Environmental Demands : Opening the Black Box. Strategic Management Journal. 29(10). 1027–1055.
Dimitrov, R. (2006) Science and International Environmental Policy : Regimes and Nonregimes in Global Governance. Rowman & Littlefield Publishers. Lanham.
Dimitrov, R. (2019) Empty Institutions in global Environmental Politics. International Studies Review. 0
Escobar, A. (2016). Thinking-feeling with the earth : Territorial struggles and the ontological dimension of the epistemologies of the south. AIBR Revista de Antropologia Iberoamericana, 11(1), 11–32.
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Titre
« Empires et religions, XIXe-XXIe siècle »
Date
Samedi 24 septembre 2022
Titre
« Croisements, métissages, trajectoires : vivre la Révolution des colonies, 1774-1804 »
Date
Vendredi 30 septembre 2022
Descriptif

L’histoire récente des espaces coloniaux et de leur intégration à la dynamique révolutionnaire a reçu une attention méritée et soutenue ces dernières années. Il n’est désormais plus possible d’écrire l’histoire des Révolutions de la fin du XVIIIe siècle sans intégrer l’héritage colonial de l’Ancien Régime et sans comprendre les événements propres à ces espaces qui influencent plus que les métropoles, les grands équilibres géopolitiques de la planète encore prise dans le duel franco‑britannique pour l’hégémonie mondiale dans un jeu d’alliances des plus complexes.

Texte Appel

Ces travaux roboratifs et nécessaires, refondant une histoire de la mondialité, ont induit des formes d’appréhension du réel, où les êtres se trouvaient pris dans des logiques de groupes qui les dépassaient ou les entrainaient. Bien souvent leurs positions pouvaient être définies par leur appartenance à un groupe social précis, à une fonction professionnelle acquise ou bien aussi par la couleur de leur peau, autant d’éléments déterminants du statut des individus au sein de conflits mêlant émancipation, lutte de classes, conquête politique.

Le colloque proposé tente une autre approche. Celle des individus, celles des personnes dans leur intégrité propre, dans leurs témoignages d’actrices et d’acteurs d’une période qui voient des bouleversements majeurs transformer leur vie. Il s’agit de retrouver les personnes dans leur complexité et dans leur individualité et tenter d’approcher au plus près leur expérience vécue des révolutions successives qui les surplombent mais dans lesquelles elles se trouvent pleinement intégrées. Comment les personnes accueillent, perçoivent, vivent les formes de catégorisation qui leur sont imposées ou qu’elles reçoivent, ou qu’elles conquièrent ? Que sont les statuts sociaux, les couleurs, les fonctions, les genres, les âges de la vie, les transferts. Comment marquent-ils les existences ?

Partir de la subjectivité des acteurs et des actrices, lorsque les sources le permettent ne revient nullement à refuser l’ensemble du travail effectué pour comprendre les catégories dans lesquelles ils et elles évoluent, mais permet de reposer les questions différemment, d’une histoire au ras du sol, au plus près des personnes.

Ce sont donc les notions de destins historiques, de parcours individuels, de trajectoires personnelles, dans ce monde largement métissé que l’on souhaite interroger, pour rendre toute leur importance au vécu historique et à sa complexité, que l’on peut nuancer au-delà des oppositions binaires et comprendre dans son inextricable difficulté de société violente aspirant à de nouvelles formes de gouvernance pour chacun.

Le cadre chronologique tend à déplacer quelque peu les approches jusque-là classiques, séparant un avant et un après 1789, en intégrant pleinement la France de l’Ancien Régime, à l’avènement de Louis XVI en 1774, qui précède de peu la guerre d’indépendance américaine devenant une Révolution du Nouveau monde, un événement tout simplement inimaginable, impensable au moment où monte sur le trône le petit fils de Louis XV. Le questionnement se poursuit sur une période de trente ans jusqu’en 1804, date de l’indépendance d’Haïti. Ce sont ainsi trois Révolutions qui sont interrogées, si différentes, avec leur chronologie et leur spécificité et en même temps reliées entre elle par le littoral du vaste espace atlantique. Elle ne sont nullement identique pourtant elles dialoguent, s’observent, par les formes politiques qu’elles peuvent prendre, leur volonté de se conclure par une constitution, leur destin adverse de devoir affronter des guerres extérieures et civiles, et l’influence qu’elles ont eu les unes sur les autres en un jeu de miroir complexe.

En ce temps, la France d’Ancien Régime étend ses possessions au-delà des mers aux Antilles (Saint‑Domingue, Guadeloupe, Martinique), en Guyane, aux Mascareignes (Réunion, Île Maurice). Les Révolutions qui secouent les rivages de l’Océan atlantique, provoquent un impact important en déclenchant des phénomènes politiques qui aboutissent à la fondation d’une république esclavagiste aux Etats‑Unis mais aussi à la première abolition de l’esclavage le 4 février 1794, lors de la Première République française.

La particularité des sociétés coloniales est d’être formée de blancs ou réputés tels, de libres de couleur et des esclaves. Ces sociétés sont soumises à la servitude, au préjugé de couleur et à une dépendance étroite à l’égard de la métropole qui se manifeste par le système de l’Exclusif. Le vent de la liberté va bouleverser ce monde. Qu’en est-il de chacun et de chacune en particulier ? Est-ce une ambition démesurée que d’essayer de retrouver ces vies pour les raconter dans leur transformation ? N’est-il pas temps, au contraire, d’aborder ces existences pour elles-mêmes et de les appréhender dans leurs forces, leur fragilité, leur humanité pleine et intègre ?

Sources et méthodologie

Dans un premier temps il s’agit de s’interroger sur les façons d’approcher ces destins si différents. Des communications pourront être proposées sur les sources utilisées pour écrire l’histoire des personnes dans les colonies en Révolution. Correspondance administrative, actes notariés, journaux personnels, correspondances privées, ouvrages imprimés sont les sources habituellement utilisées. Est-il possible d’en dresser une typologie ? De les repérer dans les fonds publics ou privés ? Avec quelles précautions méthodologiques peut-on les employer ? D’en inventer d’autres ?

À partir du repérage de ces sources et de leur dépouillement pour retrouver les destins individuels comment faire pour repenser la nature des phénomènes révolutionnaires dans les colonies ? Peut-on parler de révolutions coloniales, de révolutions dans les colonies, de colonies à l’ère des révolutions ? Comment l’étude des personnes et de leurs traces peut-elle aider à mieux concevoir une histoire globale ?

Trajectoires

Il s’agira de voir comment la Révolution a été reçue par des femmes et des hommes dans les colonies, mais aussi par les originaires des colonies qui vivaient sur le sol français. Certaines figures comme Julien Raimond et Vincent Ogé sont connues, mais le groupe des libres de couleur est particulièrement actif à Paris de 1789 à 1794 et nécessite encore de nouvelles études. Comment ces femmes et ces hommes mobilisent-ils le langage de la Révolution et notamment le langage des droits ?

Les communications pourront porter sur des trajectoires d’individus ou de groupes en Révolution ou en Contre-révolution. La question des récits de vie, sous la forme de biographie ou de portrait à des moments particuliers d’une existence ou de fragments de vie proposés permettraient de donner corps à l’enquête en croisant des trajectoires croisées, affrontées, adversaires mais aussi alliées, amies également. Un puzzle d’existences juxtaposées peut rendre compte d’une réalité complexe connectée, inter-sectionnelle.

Il s’agirait clairement de remettre en valeur la notion de récit de vie dans une logique interprétative large des interactions entre colonies, dans les colonies et dans les métropoles.

Représentations

Du législateur célèbre à la plus inconnue des esclaves, l’ambition serait de dresser un ensemble de portraits qui donnerait à voir la chair et le sang de ces histoires incarnées par tant de personnes différentes.

Quelle représentation la France a-t-elle de ses colonies ? Des tableaux célèbres comme le portrait de Belley (Girodet), député de Saint‑Domingue à la Convention ou de Madeleine (Benoist) représentent des personnes issues des colonies. La Révolution engendre-t-elle une nouvelle représentation des individus ?

Cette section peut se diviser en deux sous-parties. Le colloque entend s’ouvrir à des spécialistes de littérature et d’histoire de la littérature ainsi qu’à des historiens de l’art.

Littérature

Théâtre, romans… comment la fiction s’empare-t-elle des destinées entre les océans, sur les océans et quelle image façonne-t-elle des personnes dans des métropoles qui perçoivent largement ces espaces soit comme sauvages, soit comme exotiques, soit comme des espaces lucratifs, soit comme des espaces dangereux, autant d’images qu’un Victor Hugo écrivant Bug-Jargal peut véhiculer ou que madame de Duras peut décrire avec tant de finesse dans Ourika.

Histoire de l’art

Comment la peinture, le dessin, la sculpture se sont-ils emparés de la représentation des corps et des espaces antillais et tout particulièrement de ceux des métisses ou des noirs, par-delà le portait de Belley devenu plus que célèbre deux cents ans plus tard ! Quelles sont les possibilités de représenter les visages, l’histoire sur les corps ? Ou tout simplement les portraits des protagonistes connus ou moins connus qui ont retenu l’attention des artistes.

En somme, ce colloque se propose de replacer l’individu au cours de cette histoire des révolutions des métropoles et des colonies entre 1774 et 1804 et tenter une nouvelle perception et écriture de cette histoire encore en chantier.

Modalités de soumission

Les propositions sont à envoyer à : helene.puig chez isere.fr, Pierreserna chez wanadoo.fr et Frederic.Regent chez univ-paris1.fr pour le 30 septembre 2022.

Comité d’organisation : Alain Chevalier, Hélène Puig, Frédéric Régent et Pierre Serna


Titre
« L’africanisation du clergé catholique, du début du XXe siècle à l’époque des indépendances : entre romanisation et autonomisation »
Date
Vendredi 30 septembre 2022
Descriptif

Au XXe siècle, le modèle missionnaire en Afrique subit d’importantes mutations, qui le font entrer progressivement dans la période des décolonisations. Le phénomène majeur, dès le début du siècle et surtout après la Seconde Guerre mondiale, est le développement du clergé africain, féminin comme masculin. Il intervient sous l’impulsion de Rome (Maximum illud en 1919 ; Rerum Ecclesiae en 1926) qui cherche à assurer le maintien du catholicisme dans les sociétés africaines. Le développement progressif du clergé africain, puis son accès à des fonc­tions d’encadrement dans les structures missionnaires - parfois même à l’épiscopat, comme en Ouganda (1939) ou au Cameroun (1955) -, prépare le transfert de l’organisation missionnaire vers une organisation diocésaine, généralement dans les années 1960.
La journée d’étude propose d’étudier l’évolution des différents acteurs de l’organisation missionnaire, européens et surtout africains, face à cette évolution subite. Elle voudrait, en par­ticulier, mettre en valeur la richesse des analyses qui peuvent être tirées de l’étude du clergé africain à la fin de la période coloniale, trop peu présent dans l’historiographie. Organisée en lien avec l’ANR GLOBALVAT, la journée d’étude saisit l’occasion de l’ouverture, en 2020, des archives vaticanes correspondant au pontificat de Pie XII (1939-1958). Elle veut souligner la fécondité des thèmes qui peuvent être traités, dans une perspective transimpériale, à partir de ces sources (en particulier les archives de la Congrégation de Propaganda fide), ainsi qu’à partir des sources missionnaires.
Axes de recherche proposés :
Profils du clergé africain à la fin de la période coloniale
La journée d’étude pourra donner lieu à des études de cas sur les origines et la formation du clergé africain, ainsi que sur les positions qu’il occupe. On pourra aussi s’interroger sur les formes et les fondements des discriminations dont il est l’objet. En effet, le développement du clergé africain illustre les équivoques de la pensée missionnaire, et plus généralement du dis­cours « civilisateur » : d’un côté les missionnaires s’engagent, avec plus ou moins d’enthou­siasme, dans la promotion du clergé local ; d’un autre côté ils émettent des réserves, inspirées de préjugés raciaux, sur ses compétences, et le cantonnent le plus souvent dans des positions subalternes. Des réflexions sur le développement de congrégations féminines africaines et sur leur place dans les évolutions de l’organisation missionnaire seront bienvenues.
Identités et pratiques du clergé africain : entre romanisation et appropriation
Les prêtres africains appartiennent à une élite, religieuse mais aussi sociale et politique, plus ou moins européanisée, qui apparaît comme tiraillée au moins entre trois pôles de fidélité. En premier lieu les congrégations missionnaires, qui ont formé les prêtres et auxquelles ils ap­partiennent parfois. Les religieuses africaines, de la même manière, sont des actrices fondamen­tales de la mise en œuvre et de l’appropriation du projet social des missionnaires par les Afri­cains. En deuxième lieu l’identité romaine, fortement revendiquée par le clergé africain : perçue comme un élément d’appartenance universelle, elle peut prendre une valeur égalisatrice, par- delà les appartenances raciales, et constituer un facteur d’émancipation de la hiérarchie carac­téristique des situations coloniale et missionnaire. Enfin, le clergé africain se définit par des appartenances locales multiples et parfois concurrentes : ethniques, régionales, nationales.
En termes culturels, on pourra s’interroger sur la tension entre la romanisation à laquelle est soumise le clergé africain, féminin comme masculin, et les dynamiques d’appropriation dont il est acteur. À partir de l’entre-deux-guerres, les autorités missionnaires promeuvent une forte européanisation, aussi bien en termes de formation que de liturgie ou de mode de vie, qui pour­rait être analysée comme une politique d’assimilation. Pourtant, même si les autorités mission­naires se montrent opposées à toute forme d’hybridation jusqu’au concile Vatican II, le déve­loppement du clergé africain repose sur des processus d’appropriation des normes qu’on pourra mettre en valeur.
Le clergé africain dans l’évolution des structures missionnaires
L’organisation missionnaire est composée d’acteurs multiples aux stratégies parfois anta­gonistes. On s’interrogera sur leur rôle, des débuts du développement du clergé africain, jusqu’à la prise en charge par celui-ci des diocèses africains. Rome, d’abord, parvient à imposer son autorité sur l’organisation missionnaire à partir de l’entre-deux-guerres, notamment par l’envoi de délégués apostoliques, et fixe comme priorité l’africanisation du clergé. Les missionnaires, ensuite, quoique généralement convaincus de la nécessité de former le clergé africain, peinent souvent à s’adapter au changement de paradigme imposé par Rome, qui remet en cause la place des missionnaires dans la hiérarchie coloniale et l’union étroite entre mission et colonisation. Le clergé africain, enfin, sur lesquels la journée d’étude voudrait centrer l’analyse, pour mettre en valeur leur agency dans ce contexte de bouleversement du modèle missionnaire.
Le rôle des clercs africains dans les élites sociales et politiques émergentes
Les clercs africains prennent part à la naissance des identités nationales naissantes de fa­çons diverses et parfois antagonistes. Certains s’approprient le projet social des missionnaires en participant à l’appropriation du catholicisme par les sociétés locales, à son intégration dans les identités nationales en cours de formation et à la lutte contre d’autres influences (commu­nisme). Pour d’autres, au contraire, l’engagement social et politique passe par la lutte anticolo­niale et par la contestation des missionnaires.

Comité scientifique :
Jacques-Olivier Boudon (Sorbonne Université)
Laura Pettinaroli (École française de Rome)
Claude Prudhomme (Université Lumière Lyon 2)
Oissila Saaidia (Université Lumière Lyon 2)
Magloire Somé (Université Joseph Ki-Zerbo)
Laurick Zerbini (Université Lumière Lyon 2)

Organisation : Édouard Coquet (Sorbonne Université)

Les propositions de communication (300 mots maximum, en français ou en anglais) seront en­voyées avant le 30 septembre 2022 à edouardcoquet chez hotmail.com.
Elles devront comporter une indication des sources disponibles pour traiter le sujet, et être accompagnées d’une courte notice bio-bibliographique (100 mots maximum).
La prise en charge des frais de transport et de séjour est conditionnée à des financements dont les demandes sont en cours. Une publication est envisagée dans une revue à comité de lecture.


Titre
« Sources de la folie », Sources. Matériaux & Terrains en études africaines, 2024
Date
Vendredi 30 septembre 2022
Descriptif

Appel à résumés pour un numéro spécial de la revue Sources. Matériaux & Terrains en études africaines autour des « sources de la folie » coordonné par l’équipe du projet ERC MaDAf (« Governing Madness in West Africa »)
[Gina Aïtmehdi, Camille Evrard, Raphaël Gallien, Paul Marquis et Romain Tiquet]

La date d’envoi des résumés est fixée au 30 septembre 2022

- Appel en Français
- En Anglais

Cette proposition de dossier spécial sur les sources de la folie en Afrique (continent et diasporas) s’inscrit dans le renouvellement épistémologique récent des études concernant le trouble mental sur le continent. Elle part du constat que les réflexions sur la nature et la diversité des sources mobilisées dans ce domaine par les chercheur·e·s restent clairsemées et fragmentaires. Ancré dans une perspective interdisciplinaire et de longue durée, ce dossier a pour objectif de montrer la richesse des matériaux exploités, autant que de promouvoir une réflexion sur des sources souvent situées à l’intersection de différentes médiations (médicales, administratives, (post)coloniales, etc.).

Calendrier prévisionnel :

- 30 septembre 2022 : envoi des propositions d’article, consistant en un résumé d’une vingtaine de lignes avec titre provisoire, nom(s), coordonnées et affiliations des auteur·e·s. Une adresse mail doit y être impérativement indiquée.
Le résumé doit présenter la nature des matériaux traités, les décrire brièvement, donner des éléments de contextualisation en lien avec la discipline et la question de recherche. Indiquer les possibilités de diffusion en ligne des sources – entières ou partielles.
- 1er novembre 2022 : réponse aux auteur·e·s (acceptation ou refus)
- 1er mars 2023 : envoi de l’article
- 15 juillet 2023 : envoi d’un rapport d’évaluation aux auteur·e·s
- 1er octobre 2023 : remise des versions finales de l’article
- Printemps 2024 : sortie du numéro


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