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Titre
« La guerre de Crimée. La première guerre moderne européenne ? » — Paris
Date
Du 7 au 9 novembre 2019
Descriptif

Colloque organisé par le Centre d’histoire du XIXe siècle, le LabEx EHNE et le Centre de recherches en histoire des Slaves (UMR SIRICE)

L’inscription se fera à crhxixe chez univ-paris1.fr

Programme

« La Guerre de Crimée (1853-1856) reste délaissée dans l’historiographie française du fait militaire. Elle n’a fait l’objet que de synthèses déjà anciennes et a connu pendant longtemps un relatif désamour, en étant associée, selon l’historiographie de la IIIème République, au Second Empire dont il fallait effacer la trace. L’étude la plus solide et la plus récente (1995) est à mettre sur le compte d’Alain Gouttman. Toutefois, si son travail se montre particulièrement érudit et objectif, il reste néanmoins fortement marqué par un tropisme encore net pour l’histoire-bataille. Ce retard de l’historiographie française est d’autant plus regrettable que la guerre de Crimée s’écrit à l’étranger, particulièrement en Angleterre, dans le cadre d’une histoire renouvelée des conflits de plus en plus souvent abordés dans une approche pluridisciplinaire.
En effet, la Guerre de Crimée marque, avec la Guerre de Sécession (1861-1865), un tournant historique et anthropologique majeur dans l’histoire du fait militaire, témoignant de transformations profondes dans la façon de combattre mais également dans le rapport qu’entretiennent les sociétés avec la guerre, que ce soit pendant ou après le conflit.
Ce colloque a donc pour ambition d’inscrire la guerre de Crimée dans cette nouvelle façon d’écrire l’histoire des conflits, en insistant sur trois aspects fondamentaux :
1) L’importance de l’anthropologie historique de la guerre moderne comme clé de compréhension des combats, des stratégies employées, du vécu et des sentiments des combattants, des relations réciproques entre la guerre et les sociétés.
2) La dimension transnationale, en introduisant une histoire comparée du conflit. La confrontation d’histoires croisées permettra de sortir du cloisonnement imposé par les seules approches nationales. Surtout, la guerre de Crimée ne devra pas être uniquement vue de l’Occident, il faudra donc évaluer sa perception et ses répercussions dans le monde russe et dans le monde ottoman.
3) La dimension socioculturelle du conflit et sa mémoire. La guerre de Crimée influence la société par l’investissement médiatiques, économique et symbolique de l’État, de l’armée et des civils.

Tenant compte de cette triple démarche méthodologique, nous avons décidé d’organiser le colloque autour de quatre axes majeurs.

I) Guerre et diplomatie

Dans cet axe teinté de géopolitique, il sera aussi bien question des causes de la guerre, des motivations des belligérants et des conséquences du conflit sur la diplomatie. La guerre de Crimée sera ainsi replacée dans le double contexte séculaire du concert des nations et de la question d’Orient. Si les causes religieuses du conflit ont probablement été surévaluées, les raisons économiques et le contrôle des Détroits sont au cœur des problématiques de la diplomatie européenne. La rupture de l’équilibre diplomatique qui avait été maintenu, bon an mal an, depuis 1815 est également un sujet de préoccupation majeure des cabinets et pousse à des réflexions sur le droit international et sur la paix du continent européen qui conduisent au traité de Paris (30 mars 1856).

II) Vivre la guerre

La guerre de Crimée marque des bouleversements importants dans l’expérience des combats par les soldats. L’évolution des techniques d’armement (le fusil à canon rayé, les obus explosifs) et des stratégies militaires (apparition de la guerre de tranchées) accroît les risques, les atteintes corporelles et la létalité. Des nouvelles blessures apparaissent, tandis que le choléra décime les troupes. Ceci pousse alors à créer de nouvelles structures d’encadrement médical (rôle de Florence Nightingale, de Valérie de Gasparin, d’Elena Pavlovna). On se mobilise également à l’arrière, comme en témoignent les nombreuses souscriptions levées pour les familles des soldats morts et blessés en France et en Angleterre, ainsi que le travail mené par Anatole Demidov vis-à-vis des blessés et des prisonniers dans toute l’Europe.

III) Économie, société et opinion publique

L’impact de la guerre de Crimée dépasse de très loin le cadre des simples opérations militaires. Une véritable économie de guerre se développe avec le recours à l’emprunt et l’émergence d’entrepreneurs de guerre. Dans le cas ottoman, l’investissement militaire est décisif dans la création de la Banque impériale ottomane qui conduit à la mise sous tutelle par les puissances européennes d’une Sublime Porte surendettée. Les sociétés vivent également au rythme de la guerre. Une véritable « union sacrée » se met en place dans tous les États, bien alimentée par des gouvernements qui cherchent à mobiliser leurs opinions publiques contre l’ennemi. En effet, ce rôle accru de l’opinion publique est d’autant plus évident que le traitement de l’information militaire connaît des modifications majeures avec l’émergence du télégraphe et de la photographie.

IV) Images, représentations et mémoire

La vision de la guerre est transformée et pousse ainsi à utiliser les leviers de l’histoire culturelle (importance de l’art dans la guerre), de l’histoire des représentations et de l’histoire des imaginaires. Bien que le culte de l’officier héroïque soit maintenu (Saint-Arnaud en France, Gortchakov en Russie), les simples soldats trouvent leurs lettres de noblesse, comme en témoignent les nombreux monuments aux morts qui leur sont dédiés. De fait, la guerre de Crimée possède une dimension mémorielle très forte, comme l’attestent ses retombées en matière de toponymie et sa place dans les références historiques de certains dirigeants politiques actuels."

Comité d’organisation : Marie-Pierre Rey (Université Panthéon-Sorbonne, SIRICE), Éric Anceau (Sorbonne Université, LabEx EHNE), Jean-François Figeac (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXème siècle).

Conseil scientifique
Éric Anceau (Sorbonne Université, LabEx EHNE),
Yves Bruley (Ecole pratique des hautes études),
Walter Bruyère-Ostells (IEP d’Aix-en-Provence),
Lorraine de Meaux (Université Panthéon-Sorbonne),
Hervé Drévillon (Université Panthéon-Sorbonne, directeur de la recherche historique au SHD),
Anne-Laure Dupont (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXème siècle),
Edhem Eldem (Collège de France, chaire d’histoire turque et ottomane),
Jean-François Figeac (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXème siècle),
Orlando Figes (Birkbeck College de Londres),
Hubert Heyriès (Université Paul Valéry/ Montpellier III),
Catherine Horel (Université Panthéon-Sorbonne, SIRICE),
Jean-Noël Luc (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXème siècle),
Silvia Marton (Université de Bucarest),
Nicolae Mihai (Université de Craiova),
Catherine Mayeur-Jaouen (Sorbonne Université, Centre d’histoire du XIXème siècle),
Marie-Pierre Rey (Université Panthéon-Sorbonne, SIRICE),
Odile Roynette (Université Bourgogne Franche-Comté),
Özgür Türesay (Ecole pratique des hautes études).

- Institutions partenaires : Fondation Napoléon, Service historique de la Défense.
- Langues du colloque : Français / Anglais


Titre
« Les Juifs des protectorats du Maghreb et la France de la fin du XVIIIe siècle à nos jours » — Paris, Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Date
Du 12 au 14 novembre 2019
Descriptif

https://www.mahj.org/fr/programme/les-juifs-des-protectorats-du-maghreb-et-la-france-75220


Titre
François Pouillon (EHESS), « Berbères, Arabes, colonisation(s), approches anthropologiques sur l’Extrême-Sud tunisien » — Paris, Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Date
Mardi 12 novembre 2019, 19 h-21 h
Titre
« La défense des droits humains en Amérique latine et Afrique. Paradigme historique et enjeux de mémoires » — Université de Sherbrooke
Date
14-15 novembre 2019
Titre
« Amérique centrale : espaces, cartographies et représentations » — Université de Nantes
Date
Du 14 au 16 novembre 2019
Descriptif

https://crini.univ-nantes.fr/colloque-redisca-amerique-centrale-espaces-cartographies-et-representations--2519381.kjsp

Programme

Titre
« Les échanges transatlantiques entre la France et ses colonies d’Amérique à travers le mobilier de la période moderne (XVIe-XIXe siècle) » — Caen, France
Date
14-15 novembre 2019
Descriptif

Colloque organisé par l’UMR 6273 Craham Centre Michel de Bouard : Jean Soulat (Landarc, Graul, Craham), Fabienne Ravoire (Inrap, Craham, EA 929 AIHP), Adelphine Bonneau (Graul) en collaboration avec l’université de Laval, le laboratoire Landarc et l’Inrap

Programme

Depuis 2016, le programme de recherche franco-canadien « Connexions transatlantiques » (dir. Soulat et Bonneau), soutenu par l’Université Laval de Québec (Groupe de recherche en archéométrie), le Centre Michel de Boüard de l’Université de Caen (Craham) et le laboratoire LandArc, vise à mettre en place un réseau de recherche portant sur l’aire transatlantique et ayant pour but d’étudier le petit mobilier des XVIe–XIXe siècles mis au jour en France et dans les colonies françaises des Amériques (Amérique du Nord, Antilles et Guyane française). Ainsi, « Connexions transatlantiques » propose d’essayer de définir l’existence d’une culture matérielle française spécifique au cours de la période moderne, par comparaison à d’autres productions européennes, de déterminer les possibles circuits d’approvisionnement des colonies françaises aux Amériques et de questionner les usages sociaux spécifiques de ces artéfacts, tant en France que sur les sites coloniaux. Les recherches du Craham à travers les nombreux travaux sur la céramique des Petites Antilles de Fabienne Ravoire (Inrap) ou ceux de Sébastien Pauly (Craham) sur les céramiques de raffinage rejoignent très largement les problématiques abordées pour le petit mobilier. Il était donc primordial que l’organisation d’un colloque international sur le sujet associe le petit mobilier et la vaisselle en céramique et en verre. L’organisation de cette manifestation à l’Université de Caen permettra de présenter les recherches en cours sur ces échanges, rarement mis en lumière en France, de mettre en place un réseau international de chercheurs et de croiser les données issues de multiples fouilles archéologiques en France, en Amérique du Nord, aux Antilles et en Guyane.

Pré programmation

8h30-9h – Accueil des participants

Introduction

- 9h – Jean Soulat (LandArc, Craham – Graul) et Adelphine Bonneau (University of Oxford, Graul) Présentation du programme de recherche sur le petit mobilier
- 9h30 – Fabienne Ravoire (Inrap – Craham) et Anne Bocquet-Liénard (Craham) Présentation du projet de recherche sur la céramique aux Antilles et aux Canada

Session 1 : Présentation des sites coloniaux français outre-Atlantique

- 10h – Catherine Losier (Memorial University) Anse à Bertrand (Saint-Pierre et Miquelon) : Un établissement de pêche de l’Atlantique Nord et sa culture matérielle (XVIIe – XXe siècle)
- 10h30 – Réginald Auger et Allison Bain (Université Laval, Québec) Bilan des recherches sur l’îlot des Palais (Québec) et connexions avec la France
- 11h30 – Steven Pendery (Université Laval) Contenants en céramique français et leur contenu sur l’île de Sainte-Croix, 1604-1613 (Maine, Etats-Unis)
- 12h – Anne Jégouzo, Emmanuel Moizan et Fabrice Casagrande (Inrap) Bilan des recherches archéologiques aux Antilles françaises
- 14h – Yannick Le Roux (APPAAG) Loyola, au carrefour de trois continents. Bilan des recherches sur l’habitation Loyola à Rémire-Montjoly (Guyane française)
- 14h30 –Alexandre Coulaud (Inrap) Bilan des recherches archéologiques en Guyane française

Session 2 : Le petit mobilier français outre-Atlantique

- 15h – Jean Soulat (LandArc, Craham – Graul) et Alexandre Coulaud (Inrap) Le mobilier métallique aux Antilles et en Guyane
- 15h30 – Adelphine Bonneau (University of Oxford, Graul) Les perles de verre entre parure et monnaie d’échanges : étude et analyses de part et d’autre de l’Atlantique
- 16h30 – Amélie Berthon (Evéha – Arar), Marie-Astrid Chazottes (LAMM) et Noémie Tomadini (MNHN)Le mobilier manufacturé en matière dure d’origine animale en France et aux Petites Antilles françaises du XVIe siècle au XIXe siècle
- 17h – Jean Soulat (Craham – Graul) et Caroline Solazzo (Smithsonian Museum)Le commerce de l’écaille de tortue entre les Caraïbes et l’Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles : une approche archéologique et biomoléculaire
- 17h30 – Franck Bigot et Antoine Suarez (chercheurs indépendants) Pipes européennes et afro-caribéennes en terre cuite provenant de sites archéologiques des Antilles françaises et de Guyane
- 18h – Discussion générale

Session 3 : La vaisselle française outre-Atlantique

- 9h – Laetitia Métreau (Université Laval, Québec) Croire ou savoir ? Un aperçu de l’étude l’archéocéramique au Québec
- 9h30 – Fabienne Ravoire (Inrap – Craham) et Fabrice Casagrande (Inrap) Bilan des recherches sur la céramique française aux Petites Antilles
- 10h – Catherine Losier (Memorial University) Céramiques et échanges transatlantiques : La transformation du réseau commercial guyanais au cours d’un XVIIIe siècle
- 11h – Stéphane Piques (Framespa UMR 5136- UT2J CNRS), Jean Catalo (Inrap – Traces UMR 5608-UT2J CNRS), Jean-Michel Minovez (Framespa UMR 5136- UT2J CNRS) Connexion entre la céramique du Midi toulousain et les colonies d’Amérique
- 11h30 – Sébastien Pauly (Craham) et Fabienne Ravoire (Inrap – Craham) Les céramiques de raffinage du sucre en France et dans les colonies d’Amérique, XVIe - première moitié XIXe siècle
- 12h – Laurence Serra (La3M UMR 7298 – Université Aix-Marseille) Verre des îles françaises d’Amérique (XVIIe-XIXe) à la lumière des dernières découvertes archéologiques, terrestres et subaquatiques
- 12h30 – Discussion générale
- 13h – clôture du colloque

L’inscription est obligatoire : pour cela, créer un compte sur le site du colloque


Titre
Sexualités, identités & corps colonisés sous la direction de Gilles Boëtsch et collab., CNRS, 2019 — Caen, France
Date
Jeudi 14 novembre 2019
Descriptif

Présentation éditeur :

Avant-propos d’Antoine Petit, président du CNRS. Postfaces de Leïla Slimani et Jacques Martial

« Longtemps passées sous silence, la sexualité dans les empires coloniaux et la domination sur les corps apparaissent aujourd’hui comme des sujets de recherches majeurs. Les héritages de cette histoire font désormais débats dans nos sociétés de plus en plus métissées et mondialisées. Six siècles d’histoire ont construit des imaginaires, des fantasmes et des pratiques analysés dans cet ouvrage au fil des cinquante contributions de spécialistes internationaux. Coordonné par un collectif paritaire de dix chercheur.e.s de plusieurs disciplines, l’ouvrage Sexualités, identités et corps colonisés tisse des liens entre passé et présent, et explore les nombreuses facettes de cette histoire. La publication de Sexe, race & colonies en 2018 a initié débats et polémiques, mais a aussi reçu un écho sans précédent. Ce nouveau livre va plus loin.
Aux quinze articles majeurs du précédent ouvrage, réédités pour les rendre accessibles au plus grand nombre, ont été ajoutées trente contributions inédites éclairant la transversalité de cette question dans tous les empires coloniaux jusqu’aux sociétés postcoloniales actuelles. Ce livre permet de saisir comment la sexualité et les hiérarchies raciales ont été consubstantielles à l’organisation du pouvoir dans les empires et à l’invention d’imaginaires transnationaux. Déconstruire les regards coloniaux qui sont omniprésents dans nos représentations suppose de regarder en face cette hégémonie sexuelle mondialisée et ce passé, aussi complexe soit-il. C’est à ce prix qu’une décolonisation des imaginaires sera possible. »


Titre
Faruk Bilici, Le canal de Suez et l’Empire ottoman, CNRS, 2019 — Caen, France
Date
Jeudi 14 novembre 2019
Descriptif

Présentation éditeur :

« 17 novembre 1869 : le canal de Suez est inauguré en grandes pompes, en présence de l’impératrice Eugénie. Mais la construction du canal, débutée en 1859, ne s’est pas faite sans heurts. Ferdinand de Lesseps et la France ont en effet bataillé durant de longues décennies avant de convaincre l’Empire ottoman, dont l’Égypte n’était qu’une province, de son bien-fondé.
Accusée d’être un instrument de colonisation de l’Égypte au profit de la France, la Compagnie universelle du canal de Suez, « État dans l’État », est très critiquée par l’Empire ottoman. Celui-ci craint qu’un canal maritime séparant matériellement l’Égypte du reste de l’Empire rende illusoire la souveraineté du sultan sur ce territoire, et ouvre la porte à une domination occidentale inacceptable.
Cet ouvrage ne propose pas une énième histoire du canal de Suez ni sur le plan technique, ni sur le plan diplomatique, mais il entend combler une lacune considérable : l’étude de cette histoire du point de vue ottoman, des projets à l’exploitation en passant par la construction du canal. Procès, arbitrages, polémiques : bien avant la « crise de Suez » de 1956 liée à sa nationalisation, le canal était déjà au cœur d’un jeu de puissances entre Orient et Occident. »

Historien, spécialiste de l’Empire ottoman et de la Turquie contemporaine, Faruk Bilici est professeur émérite des universités à l’Inalco.


Titre
« Orientations » — Paris, Université Paris-Diderot
Date
Jeudi 14 novembre 2019
Descriptif

Manifestation co-organisée par Identités, Cultures Territoires-ICT, Marie-Louise Pelus-Kaplan (Paris-diderot/U de Paris - ICT) et Indravadi Félicité (Paris-diderot/U de Paris - ICT)

Programme

Titre
« Analyse comparée des patrimoines et des mémoires issus de l’expansion maritime et coloniale française : Indochine, Afrique de l’Ouest du Nord, Antilles, Guyane, Louisiane et Canada » — Université de La Rochelle
Date
Du 14 au 16 novembre 2019
Descriptif

Colloque organisé par Mickael AUGERON, MCF HDR d’histoire moderne et contemporaine à l’Université de La Rochelle (CRHIA).

Pour en savoir plus, contacter Isabelle Marchesseau isabelle.marchesseau chez univ-lr.fr


Titre
« Des patrimoines transatlantiques en miroir. Mémoires du premier empire colonial français »
Date
14-15 novembre 2019
Descriptif

Colloque international organisé par Mickaël Augeron, MCF-HDR La Rochelle Université maugeron chez univ-lr.fr
Avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, de la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine, du Centre de Recherches en Histoire Internationale et Atlantique (CRHIA EA 1163), de la Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines.

Programme

« Des premières tentatives d’implantation en Amérique au XVIe siècle (Floride, Brésil, vallée du Saint Laurent) à la création des premières colonies au siècle suivant (Canada, Antilles, Guyane, Saint-Louis du Sénégal), en passant par l’affirmation du « premier empire colonial français », la France a laissé un riche patrimoine historique et mémoriel dans l’Atlantique. S’y ajoutent les héritages liés à la traite des Noirs et à l’installation de migrants français (les huguenots notamment) dans des colonies étrangères.
Partout se pose la double question de la valorisation de ces patrimoines et du positionnement des acteurs locaux régionaux et nationaux (États et pouvoirs publics, populations, institutions culturelles, associations).
S’ils sont parfois décriés ou exploités à des fins idéologiques, ces patrimoines n’en représentent pas moins un vecteur de développement économique, social, culturel et identitaire. Au-delà des enjeux de mémoire, c’est la formation citoyenne et le débat public qui sont au cœur de la démarche. Professionnels et institutions sont demandeurs de données objectives et de « problématiques » pour valoriser au mieux les patrimoines et les mémoires issus de cette première colonisation française, dans un contexte parfois délicat, voire agité (revendications politiques, dénonciations du néo-colonialisme français, mouvements mémoriels, etc.).
Avec son approche « atlantique », le colloque offrira l’occasion de faire un pré-inventaire de ces patrimoines et de définir la manière dont les populations se les approprient ou non : de porter une attention particulière aux politiques publiques qui sont éventuellement menées dans ces anciennes colonies françaises ; et de présenter des expériences de valorisation dans une optique résolument comparative. »

Comité scientifique :
Mickaël Augeron (La Rochelle Université), Philippe Chareyre (Université de Pau et des Pays de l’Adour), Leslie Choquette (Assumption College, Etats-Unis), Vincent Cousseau (Université de Limoges), Michel Figeac (Université de Bordeaux), Caroline Le Mao (Université de Bordeaux), Mélanie Moreau (Musée du Nouveau Monde), Marc St-Hilaire (Université Laval, Québec), Eric Saunier (Université du Havre), Thierry Sauzeau (Université de Poitiers), Mamoudou Sy (USSEIN, Sénégal).


Titre
« La nature sous contrat. Concessions, histoire et environnement » / « Nature under contract. Concessions, history and the environment »
Date
Vendredi 15 novembre 2019
Descriptif

Colloque du RUCHE- Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire Environnementale organisé par Thomas Le Roux et Raphaël Morera

Texte Appel

Les formes de possessions collectives ou individuelles et les relations qu’elles nouent avec leur environnement ont fortement mobilisé les approches historiques récentes. Puisque l’utilisation des ressources naturelles et la transformation des milieux dépendent grandement des formes de la propriété, les relations entre propriété – sous ses différentes formes –, et environnement suscitent de vifs débats et des recherches fructueuses. Les questions des modalités d’exploitation des ressources naturelles et de l’organisation des acteurs en vue d’éventuels conflits pouvant survenir, d’une part, et la pérennisation de l’exploitation, d’autre part, orientent nombre de recherches. Ces approches mettent en lumière les relations entre formes juridiques de la propriété et conditions de construction de l’environnement[1].

Parmi les outils juridiques et financiers qui sont à l’interface de l’environnement et de la propriété figure la concession. Cette dernière permet d’historiciser la notion de propriété, dont l’origine a longtemps été une question philosophique, et d’aborder la notion conjointe de l’appropriation elle-même. En matière juridique, une concession est, selon l’Académie française, « un contrat par lequel l’administration confie à un particulier […] la gestion d’un service public [et/ou] la réalisation d’un ouvrage public ». La concession a des déclinaisons commerciales, mais elle peut aussi être un transfert de propriété sans enjeu capitalistique. La concession est limitée dans le temps et ses procédures d’attribution sont régulièrement renouvelées. Mais, dans l’usage, la concession désigne la chose sur laquelle s’exerce ce droit. Au cœur du questionnement, la dimension juridique de la concession n’épuise pas le sens du terme : celui qui concède cherche à apaiser un débat ou une contestation et, bien souvent, il répond à une demande. En ce sens, la concession participe d’un objectif politique, elle est ancrée dans un univers social. Elle est aussi un moyen au service d’une stratégie, comme l’occupation territoriale ou l’affirmation de la souveraineté.

Depuis l’apparition du mot au XIIIe siècle, la concession a été un outil régulièrement mobilisé par les pouvoirs notamment dans le cadre de politiques de développements économiques. Bien identifiée dans le domaine minier, mais aussi dans la construction d’infrastructure ou de conquête agricole, la concession a surtout attiré l’attention des historiens de l’économie et des entreprises. Quoique les types de concessions soient diversifiés en fonction des périodes, des secteurs d’application, des systèmes juridiques et des milieux naturels, il s’agit en général d’un outil mis en œuvre par la puissance souveraine pour parer son incapacité à financer une infrastructure ou une exploitation. Les raisons de cette délégation (différente de la « délégation de service public ») mêlent la nécessité de développer des équipements, l’entreprenariat des entreprises, et le défaut de fonds de l’autorité souveraine. Les dispositifs mis en place concourent aux rapports de l’État à ses administrés par les différentes modalités de délégations choisies.

L’approche historique de la concession, surtout envisagée sous l’angle de la politique économique, révèle que la nature et ses ressources se trouvent bien souvent au centre de l’intérêt des délégataires[2].Dès le Moyen Âge, les mines sont ouvertes sous le régime de la concession. À bien des égards, les franchises de conquêtes agricoles participent également de ce mouvement : les autorités politiques s’en servent pour peupler des terres qui leur échappent largement. Les concessions coloniales ont également de lourdes implications environnementales, à l’image de la sylviculture ou de l’extraction de matières premières, mais aussi sur la biodiversité animale. Le régime concessionnaire accompagne la conversion de la nature ou de l’environnement au service de la production. Agissant comme un puissant levier, il permet de donner de la valeur à un simple potentiel.

L’objectif de ce colloque est d’éclairer historiquement le rôle du régime concessionnaire dans la transformation des milieux et le façonnement de l’environnement. À l’heure où les ressources se réduisent dans un monde avide de consommation, au point que l’on peut parler d’extractivisme[3]ou de prédation[4], il est important d’interroger l’historicité de ce dispositif qui n’a cessé de se transformer au fil du temps.

Ce colloque qui adopte en priorité une entrée historique est ouvert à toutes les sciences sociales. Il poursuivra plusieurs objectifs :
- Une mise en contexte de la concession comme mode d’exploitation de l’environnement : elle permettra d’établir des comparaisons tant temporelles que géographiques, dans différents contextes nationaux et coloniaux, où le régime des concessions fut capital.
- Une analyse de l’outil juridico-économique en tant que tel, de l’effet du discours juridique qui est créé, et du lien que la concession établit dans les structures de l’économie (aliénation du domaine, accumulation du capital, transferts de propriété, monopoles, économie des contrats, rejet des régies) et entre les structures sociales.
- Une exploration des différentes formes de concession, dont celles qui pourraient avoir été actées par l’usage et sur les types d’espaces régulièrement affectés par le système de la concession conjointement, les périmètres de ces concessions : eau, mines, rivages, terres, forêts, transports, travaux publics et hydrauliques, etc.
- L’approfondissement de l’histoire du mot, de son étymologie, de ses circulations culturelles, de ses imaginaires, en interrogeant les mythes et les reconstructions historiques qui légitiment la concession, qui en naturalisent le phénomène.
- Concédant et concessionnaires s’entendent entre eux mais ils suscitent également des résistances, soit sur le plan théorique soit par des riverains exclus de leurs propriétés ou de leurs usages par les concessions. L’étude des concessions invitent ainsi à une étude sociale afin d’identifier les acteurs, leurs rapports et relations.
- Les conséquences des concessions sur l’environnement, que cela soit la libéralisation vis-à-vis des entraves d’autres formes d’exploitation, ou l’arrivée de financements qui changent l’échelle des exploitations. Surexploitation, durabilité, modification des milieux, pollutions, etc., sont autant de thèmes à explorer. En quoi les concessions ont-elles modifier le rapport des sociétés à l’espace et à l’environnement ?

Les langues du colloque seront le français et l’anglais. Les propositions de jeunes chercheurs sont bienvenues. Les frais de mission seront ajustés en fonction du budget. Une publication des actes est envisagée.

Les propositions de communication (titre, résumé de 2000 signes maximum, court CV) devront être envoyées avant le 15 novembre 2019, à Raphaël Morera morera.raphael chez gmail.comet, Thomas Le Roux oekoomeo chez gmail.com. Une réponse sera donnée le 15 janvier 2020.

Comité scientifique

Gabrielle Bouleau (IRSTEA)
Corinne Beck (Université de Valenciennes)
Philippe Billet (Université Lyon 3)
Anne Conchon (Université Paris 1)
Jawad Daheur (CNRS, CERCEC)
Stéphane Frioux (Université Lyon 2)
Frédéric Graber (CNRS, CRH)
Liliane Hilaire-Perez (Université Paris 7 – EHESS)
Alice Ingold (EHESS)
François Jarrige (Université de Bourgogne)
Thomas Le Roux(CNRS, CRH)
Raphaël Morera(CNRS, CRH)
Giacomo Parrinello(Sciences Po Paris)
Antonin Pottier (EHESS)
Judith Rainhorn(Université Paris 1)
Magali Reghezza (ENS Ulm)
Tim Soens (Université d’Anvers)
Catherine Verna (Université Paris 8)

Notes

[1]Ce sont notamment les approches adoptées dans plusieurs séminaires sur les communs à l’EHESS, ou encore le projet Govenpro, porté par Fabien Locher (« L’histoire du gouvernement de l’environnement par la propriété », ANR-14-CE03-0003).

[2]Numéros spéciaux deEntreprises et Histoire, « Le modèle français de la concession », 2005, n°38/1 et « La concession comme levier de développement ? », 2002 n° 31/4.

[3]Anna Bednik, Extractivisme.Exploitation industrielle de la nature : logiques, conséquences, résistances, Paris, Le passager clandestin, 2016.

[4]Michèle Leclerc-Olive (dir.), Anthropologie des prédations foncières. Entreprises minières et pouvoirs locaux,Éditions des Archives contemporaines, 2017.


Titre
« Les Lumières et les nouvelles littératures antillaises »
Date
Vendredi 15 novembre 2019
Descriptif

Les mouvements de la décolonisation et de la libération des peuples du Sud ont, au cours du XXe siècle, essentiellement mené à un refus généralisé de la pensée des Lumières européennes : on peut notamment constater une forte critique postcoloniale de toute tendance d’universalisation du rationalisme de type cartésien ainsi que le refus des visées néocoloniales, néolibérales et hégémoniques, engendrées par l’impact des Lumières dans les sociétés à l’échelle globale. Les nouvelles littératures antillaises semblent pourtant une fois de plus, et à leur manière, faire circuler certaines valeurs éclairées, véhiculant ainsi un savoir autre, imprégné par sa localisation, à la fois dynamique et en perpétuel mouvement. Nos réflexions communes lors du congrès auront pour objet de décrire et d’analyser les raisons, les modes et les effets de cette transformation des valeurs éclairées par les littératures contemporaines, antillaises en l’occurrence.

Conjointement mené par l’équipe des organisateurs de ce congrès venant des universités de Halle, et de Brême ainsi que de Paris Sorbonne Université et en étroite collaboration avec l’Université des Antilles, le projet de recherche intitulé « Circulation et transformation transatlantiques des idées » invite à s’interroger sur la transformation des idées des Lumières, tout comme sur la teneur de leur réception dans les littératures de langue française hors Europe. La littérature contemporaine des Caraïbes françaises et de leurs diasporas se prête, à notre avis, particulièrement bien à cette étude comme terrain d’élection : nous examinerons donc de près le retour de certains concepts fondateurs de la pensée des Lumières et de leurs valeurs culturelles ainsi que les choix, les adaptations et transformations par lesquels les nouvelles littératures antillaises les enrichissent et les (re)mettent en mouvement.

Loin de reproduire une simple esthétique de l‘imitation, les valeurs des Lumières y sont profondément repensées :
- la liberté face au contexte historique de l’esclavage et à celui – actuel – de la précarité prolongée,
- l’égalité devant un double horizon de (nouvelles) pulsions racistes et l’éloignement géographique des Caraïbes dans ladite périphérie,
- le cosmopolitisme et l’humanité d’un monde pris dans les réseaux de la mondialité économique et de la destruction systématique de l’environnement, où les voies de salut pour une vie en commun ne semblent s’ouvrir que par la créolisation, la dérive, le rire, la folie partagée, la lutte désespérément morale et pourtant vaine, etc.

Nous avons donc affaire, dans les œuvres et pratiques culturelles antillaises, à une pensée hybridisée, transgressant sans cesse les frontières du rationalisme des Lumières tout en englobant et en transformant ses valeurs et ses acquis épistémologiques ; il s’agit d’une pratique de la pensée plutôt incarnée qu’abstraite, plutôt communautaire qu’utilitariste, plutôt à motivation humaniste que poussée par une volonté de pouvoir : une pensée créatrice et une éthique qui pourront servir de modèle sur plus d’un point à cette vieille Europe.

Plusieurs axes de réflexion pourront être envisagés :
- les nouveaux concepts de l’Humanité, du Tout-monde et de la communauté et leurs réflexions théoriques et poétiques dans les littératures antillaises
- les rapports entre la logique de la clarté et le droit à l’opacité, ainsi qu’entre le savoir encyclopédique totalisé et le réseau multiple des savoirs créoles et créolisés
- la créolisation du sujet et ses manières de (sur)vivre dans un monde en transformation rapide
- la présence de l’imaginaire, du sacré et du magique dans le quotidien ainsi que le glissement permanent entre le réel et le mythique
- les transformations des concepts de liberté et d’égalité dans le contexte des guerres de mémoire et des politiques de la diversité

Peuvent être étudiés les différents modes d’écriture et les pratiques culturelles :
- D’où provient la pérennité de certaines idées des Lumières et quelle est – de nos jours – la conjoncture particulière aux Caraïbes ?
- Quels sont les textes et les idées dont l’impact est encore sensible sur les sociétés modernes, et comment expliquer leur rayonnement ?
- Comment décrire ce langage d’oralité fictive, de dérive ou de performativité déjouant les contraintes d’une parole standardisée et faussement identitaire ?
- Quelles sont les formes narratives (ou bien lyriques, dramatiques ou médiales) particulières, en quelque sorte paradoxales, pour conjurer l’histoire propre aux Antilles, tout en témoignant de son absence ?

Organisation et déroulement

Le colloque est organisé avec le soutien de la Fondation allemande pour la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft/DFG) dans le cadre du projet de recherche sur « La circulation et la transformation transatlantiques des idées : la réception des Lumières dans la littérature franco-caribéenne contemporaine » lequel est dirigé par les professeurs Gisela Febel (Université de Brême), Ralph Ludwig (Université Martin-Luther Halle-Wittenberg) et Natascha Ueckmann (Université Martin- Luther Halle-Wittenberg), ainsi que Corinne Mencé-Caster (Université Paris-Sorbonne), en étroite collaboration avec le Centre d’étude de la langue et des littératures françaises (cellf – Université Paris-Sorbonne).
Un premier colloque, dont les actes seront publiés chez Classiques Garnier, a eu lieu du 10 au 12 octobre 2018 au Centre Interdisciplinaire de recherche sur les Lumières en Europe (IZEA) à Halle.

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’une longueur de 400 mots maximum, accompagnées d’un aperçu biobibliographique, sont à envoyer
d’ici au 15 novembre 2019 à Marie-Therese Mäder mmaeder chez uni-bremen.de

Comité d’organisation
- Prof. Dr. Corinne Mencé-Caster, Paris-Sorbonne Université
- Prof. Dr. Gisela Febel, Université de Brême
- Prof. Dr. Ralph Ludwig, Université-Martin-Luther Halle-Wittenberg
- PD Dr. Natascha Ueckmann, Université-Martin-Luther Halle-Wittenberg
- Dr. Marie-Therese Mäder, Université de Brême


Titre
« les frontières francophones » : 46e Congrès annuel de la Société d’Histoire Coloniale Française
Date
Vendredi 15 novembre 2019
Descriptif

Le 46e congrès annuel de la Société d’histoire coloniale française (SHCF) se tiendra du 28 au 31 mai 2020 à Buffalo, NY, États-Unis, sur le campus de SUNY Buffalo State College. L’hôtel du colloque est l’Hôtel Henry, un site historique construit en 1870 comme asile, et ouvert récemment, après avoir été considérablement rénové, pour devenir le premier centre de conférence à Buffalo. Le campus et l’hôtel sont situés sur la partie nord de l’avenue Elmwood, un quartier historique animé avec des petits commerces et restaurants. Le centre de conférence se trouve également au cœur du quartier des musées, à proximité de la galerie d’art Albright Knox et du musée d’histoire de Buffalo. Les deux sont situés dans Delaware Park, conçu par Frederick Law Olmsted et le site de l’Exposition panaméricaine en 1901.

Le thème de cette année portera sur « les frontières francophones », ce qui permettra de considérer les périphéries de l’Empire français comme les éléments essentiels pour comprendre l’empire colonial français et ses habitants ; les zones et les points de contact sont également révélateurs des expériences coloniales. Cependant comme tous les ans, les propositions de communication sur d’autres aspects de l’histoire coloniale française seront également prises en considération.

La Société encourage les enseignants, chercheurs et étudiants de toutes disciplines à soumettre des propositions de communication. Les communications peuvent être effectuées en anglais ou en français.

Les propositions individuelles doivent indiquer le titre de la communication, le nom de l’intervenant, son institution de rattachement, ses coordonnées (e-mail, téléphone) et comprendre un résumé de 100 à 200 mots et un bref curriculum vitae, dans un seul document, de préférence en MS-Word.

Les propositions de sessions complètes ou de tables-rondes doivent contenir ces éléments pour chacun des participants, de même que pour le président/modérateur (le comité scientifique peut aussi aider à trouver un président/modérateur).

Merci d’indiquer d’emblée si vous avez besoin d’équipements audiovisuels.

Les personnes souhaitant présider une séance sont priées d’envoyer une déclaration d’intérêt, leurs coordonnées ainsi qu’un bref CV.

Les propositions pour des sessions complètes ou communications individuelles seront acceptées à partir de la fin du mois de septembre 2019, jusqu’à la date limite du 1er novembre 2019 prolongée jusqu’au 15 novembre Le détail des modalités de soumission sera communiqué aux membres de la Société et affiché sur le site web de la SHCF au cours de l’été. Nous encourageons les soumissions complètes, ainsi que les communications individuelles. Veuillez envoyer votre soumission au comité du programme par courriel à l’adresse suivante : Frenchcolonial2020 chez gmail.com.

La SHCF est une association indépendante, sans autre source de financement que les cotisations de ses adhérents. L’adhésion à l’association est obligatoire pour participer au congrès. L’adhésion doit donc être effective pour tous les participants au moment de l’acceptation de leur proposition (janvier 2018). Malheureusement la Société n’offre de pas de financement pour participer au congrès. Les doctorants peuvent cependant concourir au prix Shorrock. Les modalités sont indiquées sur le site de la FCHS (la demande doit être faite au moment de l’envoi de la proposition de communication).

Des informations complémentaires sur les activités de la Société d’histoire coloniale française, les prix, et les précédentes conférences sont disponibles à l’adresse : www.frenchcolonial.org


Titre
« Contre-cartographier le monde »
Date
Vendredi 15 novembre 2019
Descriptif

Cette journée d’étude fait suite au colloque organisé par l’équipe EHIC en 2019 « Contre-cartographies dans les Amériques, XVIe-XXIe siècle » qui a révélé tout le potentiel de cette thématique. Nous souhaiterions élargir la discussion aux autres continents dans une perspective comparative et multidisciplinaire. Quels enjeux se trouvent derrière les dynamiques contre-cartographiques ? Dans quel contexte les logiques contre-cartographiques peuvent-elles se mettre en place ? Comment se créent-elles et de quelles impulsions émanent-elles ? Quels savoirs sont mobilisés dans les processus d’élaboration contre-cartographique ? Dans quelle mesure parviennent-elles à déjouer les représentations hégémoniques de l’espace ?

Texte Appel

Les mécanismes de l’alliance entre cartes et domination et de sa subversion à travers la notion de contre-cartographie restent au cœur de notre réflexion. Il s’agit d’appliquer ce concept, issu de la géographie radicale (née des mouvements contre-culturels des années 1960 aux États-Unis), à d’autres disciplines et à l’entendre dans un sens élargi, diachronique, trans- et pluridisciplinaire pour intégrer la diversité des formes cartographiques (cognitives, sonores, corporelles, artistiques, numériques, etc.) et des politiques de la représentation qui ont pour enjeu la critique des formes hégémoniques de production de l’espace.

La cartographie critique ou radicale conteste l’hégémonie de la carte en tant qu’outil de représentation de l’espace imposée à partir du XVIème siècle par le processus de colonisation européen. L’élargissement des frontières « du monde connu » avait alors généré un profond renouvellement de la conception de l’espace et contribué au développement d’une science cartographique visant à traduire le monde sous la forme d’une image mobile et mobilisable (Mignolo). Instruments de savoir-pouvoir géopolitique et stratégique, de guerre, d’exercice de la souveraineté et d’emprise symbolique et matérielle sur l’espace national, les cartes sont les supports essentiels de la puissance gouvernementale des États modernes. Cartographier ne signifie non pas seulement connaître et rendre intelligible mais aussi domestiquer, soumettre, occulter, contrôler et même contredire l’ordre de la nature au travers d’une administration verticale des populations, des territoires et des ressources. Loin d’avoir disparu, ces processus violents se perpétuent aujourd’hui encore par le biais des nouvelles technologies de cartographie intégrale du monde.

Le discours cartographique qui aspire à garantir un reflet fidèle de la réalité (Hartley) ne produit pourtant pas tant une « vision du monde » qu’un monde. Si la carte constitue un outil majeur d’inscription territoriale et symbolique du pouvoir hégémonique, elle peut aussi faire l’objet d’un travail de démystification ou de réappropriation de la part des communautés, collectifs et individus qui contestent sa prétention à la description objective de l’ordre spatial. Ainsi, partout dans le monde, des groupes minoritaires et/ou subalternes ont pu proposer des contre-cartographies qui déconstruisent la vision totalisante des cartes hégémoniques, cherchent à en révéler les enjeux épistémiques, éthiques et politiques sous-jacents et proposent de rendre visible ce qu’elles occultent. La résistance vise non pas seulement à déconstruire les principes de vision verticale désincarnée et de divisions institués par les cartes mais aussi à reconstruire de nouvelles géo-graphies, à faire émerger d’autres rapports cognitifs au territoire, appréhendé comme lieu et support de vie.

De la même façon, les logiques de manipulation, de subversion et de détournement de l’ordre cartographique se situent au cœur d’un imaginaire qu’ont largement contribué à forger auteurs et artistes, inscrivant ses représentations dans le champ de la production culturelle. Ses déclinaisons dans les lettres, les arts visuels et performatifs invitent à l’envisager comme matériau créatif et objet de fiction, induisant, au carrefour des disciplines et des langages, de nouveaux « partages du sensible » (Rancière). C’est ce versant culturel qu’il s’agira également d’explorer à travers des réflexions croisées sur les cartes fictionnelles et métaphoriques, leur construction, leurs effets sur le lecteur ou le spectateur et les transferts éventuels de schémas hégémoniques et/ou contre-hégémoniques d’un monde à un autre. Vue sous cet angle, la carte n’est plus seulement cantonnée au rôle de compagne d’une Histoire globale unifiée (eurocentrique, étatique, patriarcale et capitaliste). Elle peut devenir le moteur d’une pluralisation critique des histoires, des mondes, des subjectivités et des territorialités.

Nous continuerons donc à explorer les questions suivantes : quels enjeux se trouvent derrière les dynamiques contre-cartographiques ? Dans quel contexte les logiques contre-cartographiques peuvent-elles se mettre en place ? Comment se créent-elles et de quelles impulsions émanent-elles ? Quels savoirs sont mobilisés dans les processus d’élaboration contre-cartographique ? Dans quelle mesure parviennent-elles à déjouer les représentations hégémoniques de l’espace ?

Toutes les propositions axées sur les questions contre-cartographiques, quelle que soit l’aire géographique concernée, sont les bienvenues et pourront s’intégrer dans les axes suivants (liste non exhaustive) :

- Cartographie critique et radicale (militante, décoloniale, féministe, écologiste...) ;
- Logiques contre-étatiques et anti-impérialistes : cartographies alternatives ;
- Questionnements géopolitiques sur les sphères d’influence (mouvances, flux migratoires, frontières etc.) ;
- Remise en question et redéfinition des géographies culturelles et/ou linguistiques ;
- Cartographies des mondes souterrains (mafias, contrebandiers, hackers…) ;
- Détournement et déconstruction des cartes dans les arts et les lettres ;
- Contre-cartographies numériques.

Modalités de soumission

Les propositions en français (400-500 mots) devront être accompagnées d’une courte biographie de leur auteur (200 mots) à envoyer avant le 15 novembre 2019 à diane.bracco chez unilim.fr et lucie.genay chez unilim.fr

Un ouvrage en français publié aux Presses Universitaires de Limoges rassemblera les articles sélectionnés à la suite de cette journée ainsi que les travaux produits par le colloque de 2019. Nous attirons donc l’attention des participant.e.s sur la date limite d’envoi des articles de 20 000 signes fixées au 30 juin 2020.

Organisateurs
- Diane Bracco diane.bracco chez unilim.fr
- Lucie Genay lucie.genay chez unilim.fr
- Philippe Colin philippe.colin chez unilim.fr

Bibliographie sélective

Besse, Jean-Marc. Face au monde : atlas, jardins, géoramas, Paris, Desclée de Brouwer (Arts & esthétique), 2003.

Besse, Jean-Marc et Tiberghien, Gilles A. Opérations cartographiques. Arles, Coédition Actes Sud, 2017.

Bryan, Joe & Wood, Denis. Weaponizing Maps : Indigenous People and Counterinsurgency in the Americas. New York/London, Guilford Press, 2015.

Clerval, Anne, et. al. (dir.) Espace et rapports de domination. Collection Géographie sociale. Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.

Crampton, Jeremy W. “Maps as Social Constructions : Power, Communication and Visualization, Progress in Human Geography”. Progress in Human Geography, Atlanta, Georgia State University, 25, 2, 2001, p. 235–252.

Farinelli, Franco. La crisi della ragione cartografica. Turin, Einaudi, 2009.

Foucault, Michel. « Questions à Michel Foucault sur la géographie ». Hérodote, n° 1, janvier-mars 1976, Dits Ecrits tome III., p. 71-85.

Garfield, Simon. On the Map : Why the World Looks the Way it Does. Londres, Profile Books, 2013.

Harley, John B. “Maps, Power and Knowledge” dans The Iconography of Landscape. Dir. D. Cosgrove et S. Daniels, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, p. 277-312.

Harley, John B. The New Nature of Maps : Essays in the History of Cartography. Baltimore, John Hopkins University Press, 2001.

Lefebvre, Henri. La Production de l’espace. 4e édition, Paris, Economica, 2000.

Mignolo, Walter. The Dark Side of Renaissance. Literacy, Territoriality and Colonization, Ann Harbor, The University of Michigan Press, 1997.

Moran, Yolanda. L’Analyse de la géographie radicale concernant le Tiers-Monde. Thèse de doctorat. Ecole Nationale Supérieure des Bibliothèques dirigée pas Angel Valle. Villeurbanne, 1989.

Poole, Peter. Cultural Mapping and Indigenous Peoples. Geneva, UNESCO, 2003.

Porto, Carlos. Geo-grafías. Movimientos sociales, nuevas territorialidades y sustentabilidad. México, Siglo Veintiuno, 2001.

Rekacewicz, Philippe. « Cartographie radicale ». Le Monde Diplomatique (Atlas du monde diplomatique), 2013.

Speranza, Graciela. Atlas portátil de América Latina. Arte y ficciones errantes. Barcelona, Anagrama, 2012.

Westphal, Bertrand. Le Monde plausible. Espace, lieu, carte. Paris, Les Éditions de Minuit, 2011.

Westphal, Bertrand. La Cage des méridiens. La littérature et l’art contemporain face à la globalisation. Paris, Les Éditions de Minuit, 2017.

Wood, Denis. The Power of Maps. New York/London, Guilford Press, 1992.

Wood, Denis et Fels, John. “Design on Signs/Myths and Meanings in Maps”. Cartographica, Ottawa, Canadian Cartographic Association, 23, 3, 1986, p. 54-103.


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