Navigation

Accueil ▷ Agenda

0 | 15 | 30 | 45

Titre
« Urbanisme en Amérique préhispanique et coloniale »
Date
Mercredi 21 avril 2021
Descriptif

Journée d’étude en ligne


Titre
Karine Ramondy, Leaders assassinés en Afrique centrale 1958-1961. Entre construction nationale et régulation des relations internationales, L’Harmattan, 2021 (Etudes africaines)
Date
Mercredi 21 avril 2021
Descriptif

« En suivant la trajectoire de quatre leaders d’Afrique centrale au temps des indépendances, Barthélémy Boganda (République centrafricaine), Patrice Lumumba (République du Congo), Félix Moumié et Ruben Um Nyobè (Cameroun), l’auteure a cherché à explorer en quoi l’assassinat politique peut constituer un moyen de réguler les relations internationales et être l’un des fondements de la construction nationale du pays d’origine de ces leaders disparus. »

Karine Ramondy est historienne et chercheuse associée à l’UMR SIRICE (Sorbonne, Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe) Paris I Panthéon-Sorbonne. Ses recherches s’articulent autour de l’histoire de l’Afrique dans les relations internationales au XXe siècle, de l’histoire sociale de l’Afrique, du panafricanisme et de l’histoire du corps. Elle a participé à l’ouvrage collectif La mort du bourreau. Réflexions interdisciplinaires sur le cadavre des criminels de masse sous la direction de Sévane Garibian (Éditions Pétra, 2016).


Titre
« Etat de la recherche sur les récits de voyage entre l’Europe et l’Amérique latine (XVIIIe-XIXe siècles) » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Titre
« Articuler l’histoire sociale et environnementale : Proche-Orient, Maghreb, Afrique, XIXe-XXIe siècles » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Organisateurs :
- Antonin Plarier (Université Lyon 3 / LARHRA)
- Iris Seri-Hersch (Aix-Marseille Université / IREMAM)

Texte détaillé de l’Appel

Depuis les années 1950, les recherches sur les sociétés du Proche-Orient, du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne à l’époque contemporaine ont été façonnées par un découpage des savoirs selon des aires culturelles ou « aréales ». Cet ordonnancement des connaissances -dont la généalogie complexe passe par les travaux des Orientalistes et Africanistes européens de la période coloniale et le développement institutionnel des Middle East Studies et African Studies sur fond de guerre froide demeure prégnant jusqu’à aujourd’hui, malgré des initiatives visant au décloisonnement géographique des réflexions scientifiques. Cette dernière tendance concerne notamment la conceptualisation du Sahara ou de la mer Rouge comme des espaces d’échanges et de circulations plutôt que des barrières naturelles ou des frontières géopolitiques. Parallèlement, l’histoire environnementale en tant que discipline scientifique s’est considérablement développée depuis les années 1970. La prise de conscience globale du réchauffement climatique contribue à alimenter ce champ depuis le début du XXIe siècle. Or, l’histoire environnementale ne semble pas échapper aux relations asymétriques qui caractérisent les sciences humaines et sociales en général. La plupart des travaux portent en effet sur l’Europe et l’Amérique du Nord. Encore rares et éparpillées sont les études portant sur les questions environnementales au Moyen-Orient et en Afrique, bien que différents projets aient vu le jour récemment, tels que l’ANR « PAtrimoine Naturel aux Suds : une histoire globale à Échelle Réduite » (2018-2021).
Cette journée d’études a pour objectif de rassembler des historien-ne-s contemporanéistes spécialistes du Proche-Orient, du Maghreb et de l’Afrique travaillant dans une optique environnementale. Si la trame politique globale de l’histoire moderne et contemporaine de ces régions est bien connue (domination impériale ottomane ou monarchique locale, tutelle coloniale européenne, accession à la souveraineté nationale), les dynamiques sociales, juridiques et environnementales sont sous-documentées. Cette rencontre ambitionne de renforcer les liens entre des « aires » habituellement séparées tout en englobant une diversité de zones climatiques et d’écosystèmes, des côtes méditerranéennes aux forêts tropicales, en passant par les milieux désertiques. Afin de permettre un dialogue heuristique, il s’agira de réfléchir plus particulièrement aux manières d’articuler histoire sociale et environnementale, à partir de cas précisément situés et dans une approche comparatiste attentive aux sources mobilisées. Les processus historiques et concepts suivants pourront nourrir cette réflexion collective (liste non exclusive) :
- les interactions sociales au quotidien
- la citoyenneté entendue comme l’appartenance des individus à une communauté d’ayants droit (communauté qui peut avoir comme socle la confession, la tribu, le voisinage, la ville, la profession, la nationalité, etc.) ; la variabilité de l’accès aux ressources, l’absence ou le déni de citoyenneté
- les usages de la terre et les droits fonciers formels et informels
- les politiques et transformations environnementales (aménagement du paysage, exploitation des ressources, catastrophes « naturelles ») et leurs répercussions socioéconomiques
- le travail, les pollutions industrielles et la santé
- le tourisme, le sport et les loisirs
- les pratiques cartographiques et toponymiques
- la succession et/ou juxtaposition de souverainetés politiques, juridiques et matérielles

La journée vise à faire dialoguer des recherches en cours, non encore publiées, dans l’optique d’une publication commune.

Les propositions de communication, en français ou en anglais, comprenant un titre provisoire et limitées à 3 000 signes (espaces compris), sont à envoyer avant le 30 avril 2021 simultanément à antonin.plarier chez univ-lyon3.fr et iris.seri-hersch chez univ-amu.fr


Titre
« La guerre du Rif (1921-1926) : nouvelles approches (France, Espagne, Maroc) » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Le centenaire de la bataille d’Anoual (1921) est l’occasion de repenser dans son ensemble la guerre du Rif, qui a mis aux prises les forces armées rifaines, françaises et espagnoles. Objet à la fois singulier, par sa nature et le terrain sur lequel elle se déroule, la guerre du Rif doit se lire de multiples façons, en confrontant les historiographies nationales et en décloisonnant des champs historiographiques particulièrement renouvelés ces dernières années. Le colloque sera très attentif à mettre en relation des archivistes et des chercheurs venus des trois pays concernés par l’événement (France, Espagne, Maroc), et travaillant dans des domaines différents (histoire militaire, histoire coloniale, histoire politique, histoire des relations internationales, liens entre histoire et mémoire, mais aussi anthropologie ou histoire de la santé…), rarement réunis lors de manifestations scientifiques.

En 1921, un corps d’armée espagnol est anéanti à Anoual, près de Mellila (Maroc), par les troupes coalisées venues des montagnes rifaines. Cette défaite, l’un des plus grands désastres militaires subis par une armée coloniale, est considérée comme le début de la guerre du Rif, succession de conflits armés qui opposent les forces coloniales de l’Espagne (entre 1921 et 1926) puis de la France (entre 1925 et 1926) aux forces armées rifaines.

Cent ans après cette bataille, ce colloque exploratoire entend réunir une équipe internationale de chercheurs afin d’établir l’état des sources et de l’art sur la guerre du Rif, de proposer de nouvelles analyses et de lancer une dynamique de recherche autour des questions posées par l’événement.

L’ambition de ce colloque exploratoire est donc de renouveler les approches historiques et de susciter un certain nombre de propositions de recherche. Considérée à l’échelle internationale comme la première guerre de décolonisation, la guerre du Rif apparaît, à l’échelle du Maroc en guerre, comme un conflit colonial dont le colloque entend interroger la définition en s’appuyant sur les derniers renouvellements historiographiques. La guerre du Rif montre également une forte interconnexion entre la rive nord et la rive sud de la Méditerranée, par l’existence d’intenses circulations, qui modifient en profondeur les sociétés concernées : en décloisonnant l’événement, il s’agit de relire l’histoire de l’entre-deux guerres dans ces espaces selon une perspective d’histoire connectée, attentive à la diversité des sources. Il s’agira enfin d’interroger la construction des historiographies nationales et de réfléchir aux prolongements mémoriels de l’événement, souvent occultés dans les sociétés contemporaines.

Le programme entend mettre en valeur l’originalité de l’approche choisie, ainsi que les multiples dimensions et enjeux de la guerre du Rif, en privilégiant notamment la diversité des échelles d’analyse, l’importance des circulations et des connexions entre les deux rives de la Méditerranée, et la confrontation d’analyses de chercheurs venus d’horizons divers, tant par leurs origines que par leurs spécialités et terrains de recherche. Il sera précédé d’une table-ronde composée d’archivistes afin de faire le point sur la documentation disponible.

La vocation exploratoire du colloque est ici réaffirmée : il s’agit de lancer des pistes de recherche et de mettre en place un réseau international de chercheurs, dans l’objectif de poser les bases d’une collaboration future lors de projets à court terme (publication d’ouvrage, édition d’archives).

Les propositions devront prioritairement s’inscrire dans un ou plusieurs axes de réflexion suivants :

Axe 1 : la guerre du Rif, une guerre coloniale ?
- Diversifier les lectures du conflit au-delà de la dichotomie pacification/résistance

Les guerres coloniales se distinguent par un certain nombre de caractéristiques spécifiques. Cependant, les récits de la « pacification » comme ceux de la « résistance » aux armées coloniales tendent à homogénéiser les acteurs en présence. C’est particulièrement le cas lors de la guerre du Rif où les affrontements ne se résument pas à l’opposition armée coloniale/populations « indigènes » et mettent en scène une plus grande diversité de protagonistes et de logiques d’affrontements. En dépassant les récits convenus de la « conquête », de la « résistance », l’objectif de ce colloque est d’ouvrir les lectures possibles d’un conflit colonial en intégrant la diversité des acteurs du conflit.

- Nouvelles pistes sur la violence des guerres coloniales

La violence de cette guerre a été largement occultée, autant par le pouvoir colonial que par la mémoire nationale au Maroc. Les effets d’un usage intensif de l’artillerie de montagne et du bombardement aérien sont tus et rarement documentés par les archives militaires coloniales alors même que la terreur des bombardements est récurrente dans la littérature orale des populations berbérophones dans le Rif.

La guerre du Rif se distingue par un investissement opérationnel rarement égalé dans un conflit colonial, que ce soit par les effectifs rifains mobilisés et l’emploi massif de l’artillerie dans les trois armées espagnoles, françaises et rifaines. Coexistent également durant le confit des formes très diverses de violences sur les corps sur lesquels le colloque entend s’interroger : des bombardements aériens massifs aux armes chimiques en passant par la mutilation des corps, notamment dans les mises en scènes des cadavres photographiées, européens ou rifains.

Axe 2 : expériences et engagements politiques

- La « République du Rif » : un objet politique non-identifié

Chef de guerre, Abdelkrim El Khattabi est aussi un chef politique : il met en place une « République du Rif », qu’il tente de faire reconnaître par la SDN, et dont la nature est encore un motif d’interrogation pour les historiens. Cette république confédérée des tribus du Rif, qui prend forme en février 1923, a l’apparence d’un modèle politique délibératif, d’une greffe d’un État moderne, mais dont le contenu reste problématique notamment en raison du maintien des structures tribales et du confrérisme, dont elle est la négation. L’utilisation de nouvelles sources, notamment espagnoles et marocaines, doivent être l’occasion d’une relecture de cette expérience politique singulière, portée par un chef charismatique.

- Fractures politiques métropolitaines (France et Espagne)

La revendication nationale des Rifains a eu d’importants échos dans les milieux révolutionnaires de France et d’Europe. D’abord hésitant sur la nature du combat mené par Abdelkrim, le Kominterm change de position avec l’entrée de la France dans le conflit et affirme son soutien à la lutte anti-impérialiste. Pour les communistes français, la guerre du Rif devient le symbole de la mauvaise guerre et le point de départ d’une virulente contre-offensive antimilitariste, riche d’incidents fortement médiatisés. Si ces épisodes ont fait l’objet de plusieurs études, on connaît moins les répercussions politiques de la guerre du Rif sur le reste du paysage politique et sur les relations politico-militaires, notamment en France.

Axe 3 : enjeux historiographiques et mémoriels (France, Espagne, Maroc)

- Des historiographies nationales concurrentes

Une des originalités de l’approche est de décloisonner et de confronter les historiographies nationales, qui sont parfois concurrentes. Il s’agira de mettre en avant les différences de traitement dans les histoires officielles, et de comprendre notamment la persistance de silences autour de l’événement et ce qu’ils révèlent.

- Un enjeu de mémoire(s)

De la même manière, la guerre du Rif n’occupe pas la même place dans les mémoires collectives suivant les groupes ou les pays concernés. Il faut souligner ici l’apport de nouvelles sources : enquêtes orales, mais aussi productions culturelles ou audiovisuelles, afin de fournir des clés de compréhension de l’événement mais aussi des sociétés méditerranéennes concernées, dans leur rapport au passé, en particulier la part coloniale de leur histoire. L’appel à d’autres disciplines sera également fécond : nous pensons notamment aux anthropologues ou autres spécialistes de la santé, pour envisager la question des effets sanitaires à long terme du conflit sur les populations. Enfin, la mémoire militaire du conflit a peu été étudiée, en particulier la circulation des mémoires combattantes et les interactions des politiques mémorielles (France, Espagne, Maroc).
Modalités de contribution

Les propositions de communication (en français ou en anglais) sont à renvoyer à colloquerif2021 chez gmail.com avant le 30 avril 2021

Elles devront comporter un titre, un résumé de la proposition ainsi que les sources envisagées (une page maximum). Le comité scientifique se réunira au début du mois de juin 2021 et donnera sa réponse dans les jours suivants.

Comité d’organisation : Walter Bruyère-Ostells (SHD/Sciences Po Aix/Mesopolhis), Karima Dirèche (CNRS-TELEMME), Aurélia Dusserre (AMU-IREMAM), Arnaud-Dominique Houte (Sorbonne Université - CRH19), Mathieu Marly (Université de Lille - IRHIS).


Titre
« Restituer l’anthropologie politique de David Graeber » — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Journée d’étude dans le cadre du séminaire de l’institut interdisciplinaire d’Anthropologie du Contemporain (iiAC)

Cet appel à communication s’adresse aux chercheur·e·s prenant pour appui les travaux anthropologiques de David Graeber, avec une priorité donnée aux travaux des doctorant·e·s et des jeunes docteur·es. L’annonce de son décès a en effet, en France, donné lieu à de nombreux hommages médiatiques et académiques. Il a néanmoins semblé aux auteurs de cet appel à contribution qu’il s’agissait plus souvent de rendre hommage à l’auteur à succès des Bullshit Jobs, plutôt qu’à celui d’une ethnographie du politique et de la mémoire à Madagascar (Graeber, 2007), d’une contribution à l’anthropologie de la valeur (Graeber, 2001), des royautés sacrées et divines (Sahlins et Graeber, 2017) et des relations entre le travail anthropologique et l’expérience réflexive et militante au sein de groupes anarchistes et dans l’espace académique (Graeber, 2004) ou bien encore d’une autre histoire de l’origine des hiérarchies et des inégalités (Graeber, 2007 ; Graeber et Wengrow, à paraître), et de la notion de dette (Graeber, 2011) à partir de données empiriques ethnographiques, archéologiques, et historiques. Cet appel vise donc à mettre en valeur l’actualité de l’anthropologie politique de David Graeber et de celles et ceux qui opèrent un retour critique sur son œuvre.

Du point de vue du champ médiatique français, l’une des difficultés réside peut-être dans le cadrage peu évident de l’œuvre de David Graeber, à la croisée de l’anthropologie politique et de l’anthropologie économique. A de rares exceptions près, il demeure par exemple inhabituel, en France, - où l’image de l’anthropologie au parfum d’exotisme demeure vivace- que des anthropologues soient mobilisés médiatiquement pour parler et dénoncer l’économie globale de la dette et du capitalisme néo-libéral à partir d’un travail d’anthropologie mobilisant une expérience d’activiste. Il est frappant à cet égard de constater que les livres qui ont contribué à populariser son nom, tels que celui Dette : 5000 ans d’histoire, The Utopia of Rules, ou bien Bullshit Jobs, firent davantage l’objet de commentaires de la part d’activistes, d’économistes, de politistes, de psychologues et de sociologues, qui tendent à invisibiliser la teneur anthropologique de son œuvre. Un phénomène paradoxal, alors même que l’anthropologie française irrigue l’œuvre de David Graeber.

L’élucidation de ce fait pose la question de l’influence, des modes de restitution et de réception, ainsi que l’usage de l’œuvre de David Graeber chez les anthropologues en France. Notre appel se veut donc presque une interrogation auprès de la communauté des chercheurs en sciences sociales : qui, aujourd’hui, mobilise les travaux de David Graeber -au-delà des références convenues- de façon opératoire, et comment le fait-on ?
Modalités de contribution

Les propositions de communication sont attendues sous la forme d’un résumé format document word (maximum : 5000 signes sans les espaces), à envoyer au plus tard pour le 30 avril 2021.

La durée de la communication à prévoir est d’environ 30mn.

Organisateurs-rices
- Aurélia Gualdo - aurelia.gualdo chez ehess.fr
- Olivier Coulaux - olivier.coulaux chez ehess.fr

Référents scientifiques
- Riccardo Ciavolella - riccardo.ciavolella chez ehess.fr
- Gianfranco Rebucini - gianfranco.rebucini chez ehess.fr
- Hadrien Saiag - hadrien.saiag chez ehess.fr

Bibliographie indicative

- 2001. Toward an anthropological theory of value : the false coin of our own dreams. New York, Etats-Unis d’Amérique : Palgrave.
- 2004. Fragments of an anarchist anthropology. Chicago, Etats-Unis d’Amérique : Prickly paradigm press.
- 2007. Possibilities : essays on hierarchy, rebellion, and desire. Oakland, Etats-Unis d’Amérique, AK Press.
- 2007. Lost people : magic and the legacy of slavery in Madagascar. Bloomington, Etats-Unis d’Amérique : Indiana University Press.
- 2011. Debt : the first 5,000 years. Brooklyn, N.Y : Melville House.
- 2015. The utopia of rules : on technology, stupidity, and the secret joys of bureaucracy. Brooklyn, Etats-Unis d’Amérique : Melville House.
- Avec Marshall David Sahlins. 2017. On kings. Chicago (Ill.), Etats-Unis d’Amérique : Hau Books.


Titre
« Chercheurs d’eaux au temps des changements globaux. Quelles perspectives pour les territoires ? », Géocarrefour, 2022 — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

Coordination : Anne Rivière-HoneggerUMR 5600 EVS du CNRS – ENS de Lyon anne.honegger chez ens-lyon.fr, et Stéphane Ghiotti, UMR ART’DEV du CNRS - Université de Montpellier 3, stephane.ghiotti chez univ-montpellier3.fr

texte Appel Chercheurs d’eaux

Au regard des multiples changements globaux en cours et à venir, les relations des sociétés à leurs environnements et notamment à l’eau s’en trouvent profondément transformées. La multiplication et la diversité des enjeux, des acteurs impliqués et des échelles mobilisées mettent au centre de la problématique la question spatiale et territoriale. Qu’ils soient plutôt issus de l’écologie et des approches en termes de socio-écosystèmes ou, plus anciennement, de la géographie critique (Swyngedouw, 2004), de nombreux travaux (qui englobent aussi le droit, la sociologie, les sciences politiques, l’anthropologie...) reconnaissent la place et le « sens » du lieu, de l’espace et du territoire. Ils proposent en cela des ponts entre les disciplines et les courants théoriques pour y parvenir (Mathevet et al., 2015 ; Barreteau et al., 2016 ; Matherson et al., 2017). Quels sens peut-on effectivement donner à ces débats globaux sans questionner les modalités et les conditions de leurs « ancrages » ainsi que leurs conséquences et implications localement ? C’est l’objectif que nous ambitionnons de donner à ce numéro de Géocarrefour.

L’eau : un enjeu de connaissance majeur face aux enjeux environnementaux globaux

L’eau est indispensable pour les écosystèmes, la santé humaine et la plupart des activités qui dépendent de sa qualité et de sa quantité (eau potable, agriculture, industrie, aquaculture, énergie, voie de circulation, navigation, loisirs, pêche, activités de nature et de protection de la nature…). A l’inverse, certains usages exercent des pressions et ont un impact sur la ressource et les milieux aquatiques et limitent ou restreignent les autres usages ; il en résulte des situations de tensions voire de conflits mais aussi souvent dans le même temps de coopérations (Raison et Magrin, 2009 ; Julien, 2010 ; Lasserre et de Palacio, 2016 ; Ganoulis et Fried, 2018). La gestion de l’eau repose en Europe, au travers de l’application de la Directive Cadre Européenne sur l’eau (2000), sur des principes de concertation et de participation de l’ensemble des acteurs de l’eau (élus, usagers, Etat et collectivités territoriales etc.) mais aussi sur des objectifs normatifs d’atteinte du « bon état écologique ». A l’échelle d’un cadre territorial reconnu réglementairement comme cohérent, celui du bassin versant, on vise à la préservation et la reconquête du bon état écologique de l’eau et des milieux aquatiques tout en assurant la satisfaction des usages. Cela passe par la solidarité territoriale entre les différentes catégories d’usagers, qui se traduit dans une gestion durable et équilibrée des ressources en eau et des milieux aquatiques. Celle-ci s’appuie notamment sur des instruments réglementaires (Drobenko, 2015), des mécanismes économiques incitatifs (Petit, 2016,) et des dispositifs participatifs (Hassenforder et al., 2020). Cependant, les récentes lois de décentralisation et la reconnaissance des Etablissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre (EPCI-FP) comme responsables de la mise en œuvre de la Gestion des milieux aquatiques et Prévention des Inondations (GEMAPI) rebattent les cartes et réinterrogent la notion de territoires pertinents. A l’échelle internationale, parmi les objectifs de développement durable (ODD) à atteindre à l’horizon 2030 dans la perspective « d’un monde meilleur et plus durable pour tous », plusieurs sont relatifs à l’eau. Ils répondent aux défis mondiaux, notamment ceux liés à la pauvreté, aux inégalités, au climat, à la dégradation de l’environnement, à la prospérité, à la paix et à la justice (ONU, 2015). Partout, l’eau constitue un enjeu de connaissance majeur face aux enjeux environnementaux globaux (Unesco, 2020). Les nombreux programmes de recherche, conférences internationales, colloques et outils de fédération de la recherche témoignent de la vitalité de la communauté scientifique autour de cette thématique.

Des recherches sur l’eau, objet d’un renouvellement en sciences humaines et sociales

Dans ce contexte, les recherches sur l’eau tant dans leurs dimensions matérielles, techniques que sociales ou encore idéelles font l’objet d’un renouvellement dans le champ des sciences humaines et sociales (géographie, histoire, sciences politiques, économie, sociologie, anthropologie, psychosociologie, droit…) (Rivière-Honegger, Morandi et Cottet, 2012 ; Gautier, Benjaminsen, 2012 ; Guay et Britto, 2017 ; Barbier et al, 2020). Elles s’attachent notamment à réinterroger les liens entre sociétés et milieux naturels, envisagés de plus en plus comme un système unique, fait d’interactions et de dépendances dynamiques (Chenorkian et Robert, 2014 ; Dufour et Lespez, 2019) et objets d’une action publique renouvelée. Les retours d’expérience montrent qu’agir sur le territoire suppose de les aborder de manière intégrée. Saisir ces évolutions est crucial, si l’on considère, à la suite de J.-J. Perenes, que « L’eau raconte la société, c’est-à-dire ses rapports de force, mais de manière spatialisée » (Perenes, 1993, p. 185). L’enjeu est double pour la science, à la fois théorique – du territoire de l’eau à l’hydro-socio-système (Ghiotti, 2015) et dans sa capacité à apporter une connaissance adaptée à l’action. Cela repose en particulier sur des approches théoriques, conceptuelles et méthodologiques innovantes qu’il convient de partager et d’analyser. Forts de ces évolutions, les questionnements évoluent, les valeurs sont bousculées (Pierron, 2017), la gouvernance et l’action se réinventent (Barone et Mayaux, 2019 ; Bouleau, 2019). Le contexte de changements globaux accentue indéniablement certains enjeux et suggère de nouvelles hiérarchies à toutes les échelles spatio-temporelles (Daniell, Barreteau, 2014 ; Boulay et Fanchette, 2019).

En lien direct, les politiques publiques dans le domaine de l’eau et des milieux aquatiques doivent aujourd’hui appréhender une grande diversité de problématiques : aménagements relatifs au petit (adduction d’eau potable et assainissement) et au grand cycle de l’eau (barrages, transferts…) ; gestion et protection de la ressource (de surface et souterraine), tant en termes de qualité (pollution, déchets aquatiques…) que de quantité (tensions sur la ressource), protection de la biodiversité, restauration écologique des milieux aquatiques (fluviaux, littoraux…), développement des usages économiques et récréatifs, gestion des risques (inondations…), régulation des conflits d’usage de l’eau, mise en œuvre de gouvernance adaptée à l’objectif visé, etc.). Ces problématiques, aux imbrications toujours plus complexes, doivent être articulées à différentes échelles territoriales. Mettre en œuvre des réponses adaptées requiert souvent une approche faisant discuter les sciences sociales, les sciences de l’environnement et les sciences de l’ingénieur (Hellier et al., 2009 ; Carré et Deutsch, 2015 ; Goeldner-Gianella et al., 2016 ; Bouarfa, Brelle et Coulon, 2020 ; Leenhardt, Woltz et Barreteau, 2020) dans la formulation des questionnements, la démarche de recherche et la mise en œuvre des politiques de l’eau (Ferraton, 2016).

Le défi, pour les chercheurs travaillant en lien avec les acteurs de la gestion, est de produire des connaissances formalisées, partagées et transférables malgré les incertitudes qui leur sont attachées du fait des changements environnementaux rapides et profonds.

Au cours des dernières décennies, les adaptations continuelles et la recherche d’innovations sont observables en termes de gouvernance et d’intégration des acteurs. Le succès n’est plus le fait d’un acteur tout puissant mais d’un collectif d’acteurs du territoire. Cette évolution se traduit également dans le statut accordé aux différentes formes de connaissances : les savoirs techniques, les savoirs scientifiques et les savoirs locaux visent à être mis en dialogue et non plus cloisonnés (Claveau et Prud’homme, 2017). La question de la concertation et de la participation des publics est centrale bien qu’elle montre certaines limites. Les retours d’expériences montrent que les apports du dialogue « institué » entre acteurs sont multiples (co-construction des projets/adhésion, diminution des dissensus/conflits, acquisition d’une culture de l’eau, meilleure adaptation aux nouveaux défis, etc.). Ceux du dialogue « élargi aux citoyens » vont jusqu’à la construction d’expertises alternatives au travers de mouvements de mobilisation, d’implication, d’apprentissage, etc. (Barone et al., 2018). Un paradoxe s’observe aussi : celui d’un faible intérêt des élus et plus largement de la population pour débattre de la politique de l’eau et s’engager. Faut-il y voir une limite de la démocratie de l’eau représentative et institutionnalisée ? Que peut apporter la démocratie participative ? Nombreux sont les travaux qui relaient ces questions. Mais quelles solutions pourraient être apportées alors même que l’enjeu actuel est d’élargir le dialogue aux acteurs du monde de l’aménagement et aux riverains et habitants ?

Comment se construit la connaissance aujourd’hui, en sciences humaines et sociales, pour penser la gestion territorialisée de l’eau et des milieux aquatiques ? Quelles analyses sont proposées sur les futurs enjeux « eau/milieux aquatiques/biodiversité/risque » relatifs au petit et/ou au grand cycle de l’eau ? Ces questions se posent partout dans le monde. Multiplier les exemples dans des contextes géographiques diversifiés contribuera à des réponses contrastées.

Trois entrées non exclusives sont privilégiées :

Comment les recherches en sciences humaines et sociales peuvent-elles représenter et analyser spatialement les liens entre les sociétés et les milieux aquatiques ?

Avec les réformes territoriales (pour la France notamment), le dernier cycle à venir de la DCE (2021-2027) et les directives européennes plus largement, les enjeux internationaux (transition écologique, changement climatique, maintien de la biodiversité, adaptation, etc.), les volets compétences, acteurs, échelles, financements, les lignes directrices (gestion par bassin-versant, continuité écologique, restauration, participation, biodiversité, etc.) sont discutées avec force (Leclabart, Quentin, 2019 ; Touchart, Bartout, 2020). Il est utile d’en rappeler les évolutions successives, d’en dresser le panorama, de définir les changements en cours en s’appuyant sur des études de cas ; mais il est aussi utile d’identifier les enjeux à venir, de décrypter les jeux d’acteurs pour la mise en œuvre de sa politique de planification, et de s’appuyer sur les retours d’expérience. La question de la gouvernance de l’eau est posée en termes de gestion intégrée de l’eau et des milieux aquatiques par bassin versant. Le débat autour du choix et de l’opérationnalité de cette unité de gestion reste vif (quelle prise en compte, par exemple des eaux souterraines ?) - tout comme celui autour de l’efficacité de la politique de gestion intégrée de l’eau.

Quels sont les cadres théoriques, les notions et concepts mobilisés actuellement pour penser la gestion territorialisée de l’eau et des milieux aquatiques ?

Il s’agira de réfléchir aux intérêts, aux limites, à ce qu’il faudrait dépasser. Que disent les approches actuelles des rapports eau/environnement/sociétés avec bien sûr un focus central sur les dimensions spatiales, géographiques et territoriales ? Comment est pris en compte le territoire ? Quels sont les limites et apports de l’approche systémique ? Quelle réflexion est-elle menée sur l’adaptation des « territoires de l’eau » face aux évènements, aux aléas, aux situations de crises de plus en plus fréquentes, ponctuelles ou à long terme ? Quels sont les apports d’une réflexion sur la résilience des territoires (Pigeon et al., 2018) ? Quelles sont les articulations entre l’approche systémique et la political ecology et plus globalement les questions de pouvoirs (Molle, 2008 ; Linton, 2010 ; Linton et Budds, 2014 ; Blanchon, 2016) ? Comment sont interrogées les liaisons entre pouvoir, connaissance et représentations sociales ? Dans quelle mesure les territoires hydrosociaux définis par Boelens et al. (2016, p. 2) comme « la matérialisation imaginaire et socio-environnementale contestée d’un réseau multi-scalaire spatialement délimité dans lequel les humains, les flux d’eau, les relations écologiques, les infrastructures hydrauliques, les moyens financiers, les arrangements juridico-administratifs et les institutions et pratiques culturelles sont définis, alignés et mobilisés de manière interactive par des systèmes de croyances épistémologiques, des hiérarchies politiques et des discours de naturalisation » (Boelens et al, 2016) mettent-ils en évidence la diversité des projets territoriaux liés à l’eau et les luttes pour leur matérialisation (Hommes et Boelens, 2017 ; Valadaud et Aubriot, 2019) ?

Quels méthodes/outils/données sont - ils mobilisés, pour quels types de réponses ?

Les recherches en sciences humaines et sociales s’attachent notamment à réinterroger les liens entre sociétés et milieux naturels, envisagés de plus en plus comme un système unique, fait d’interactions et de dépendances dynamiques. Les retours d’expérience montrent qu’agir sur le territoire suppose de les aborder de manière intégrée. Les outils se multiplient, que ce soit pour identifier les fonctions rendues par les écosystèmes ou services écosystémiques, ou pour mettre en œuvre des processus de concertation et participation (Fleury et Prévot-Julliard, 2012 ; Mathevet et Godet, 2015). Beaucoup de démarches innovantes ont été déployées sur les territoires en vue de favoriser l’implication des parties prenantes ou l’adhésion sociale à un projet ou à un aménagement. Quels sont- les retours ? Quelle évaluation en fait-on ? Sur quoi reposent-t-elles (indicateurs, etc.). Les outils de modélisation concourent à leur représentation dynamique et spatialisée. Il conviendra d’en discuter les enjeux conceptuels et méthodologiques mais aussi leur statut dans le dialogue ou encore leur performance, leur appropriation par les différents acteurs de la gouvernance de l’eau. Quels sont les enseignements de la recherche concernant les outils réglementaires ? Quels sont ceux sur les mécanismes économiques incitatifs ?

L’objectif de ce dossier thématique est de mesurer une effervescence perceptible en sciences humaines et sociales et son contenu scientifique autour de cette question, mais aussi de saisir la nature des ouvertures vers d’autres sciences et les apports des entrelacements interdisciplinaires en construction. Il en est attendu des articles qui donnent à voir la diversité des enjeux sociaux autour de l’eau et mettent en perspectives ceux bio-physiques.

Délais et consignes

Cette proposition fait suite à l’organisation à l’ENS de Lyon en septembre 2019 des « 4e doctoriales en Sciences sociales de l’eau ». Les contributions des doctorant.es et des jeunes chercheur.se.s sont souhaitées mais aussi d’auteurs au-delà de ce cadre et de disciplines diverses.

Les auteurs peuvent s’adresser aux coordinateurs du numéro, Anne Rivière-Honegger UMR 5600 EVS du CNRS – ENS de Lyon, anne.honegger chez ens-lyon.f et Stéphane Ghiotti, UMR ART’DEV du CNRS - Université de Montpellier 3, stephane.ghiotti chez univ-montpellier3.fr pour signaler leur intérêt dans un résumé d’une page pour le 30 avril 2021.

Une réponse sera envoyée aux auteurs mi-mai 2021. L’envoi des articles définitifs devra être fait pour le 10 septembre 2021.

La proposition sera rédigée en français ou en anglais, transmise en format Word, police Times New Roman, et devra comprendre : un titre, un résumé entre 3000 et 5000 signes maximum (bibliographie comprise) présentant la problématique de l’article, le cadrage théorique, le ou les terrains d’étude sur lesquels la proposition s’appuie, une courte bibliographie et 3 à 5 mots clés.

La rédaction de l’article devra respecter les normes de la revue. L’article pourra être rédigé en français ou en anglais, d’un volume optimum de 40 000 signes espaces compris. Les articles seront évalués en double aveugle par le comité de lecture. Les auteurs recevront une notification de la décision (et des instructions de correction) en octobre 2021.


Titre
« La nature », Sixièmes journées suisses d’histoire, 2022 — ENS Lyon
Date
Vendredi 30 avril 2021
Descriptif

La Société suisse d’histoire (SSH), l’association disciplinaire réunissant les historiennes et historiens suisses, a convenu que les Journées suisses d’histoire (JSH) de 2022 auraient lieu à Genève. Cette manifestation sera la sixième édition d’un symposium qui, tous les trois ans, rassemble plusieurs centaines d’historiennes et d’historiens. Il s’agit de l’une des plus importantes réunions de ce type en Europe.

Les JSH servent de tribune aux sciences historiques dans toute leur diversité et invitent au dialogue la relève autant que des figures scientifiques mondialement reconnues. En sélectionnant des thématiques d’actualité pour les traiter par un prisme historique, elles suscitent un intérêt large de la part de l’opinion publique. Après Berne, Bâle, Fribourg, Lausanne et Zurich, les JSH se tiendront à l’Université de Genève.

Texte Appel

La récente pandémie de Covid-19, le changement climatique et le déclin de la biodiversité nous amènent à repenser notre rapport à la nature. L’homo sapiens, qui n’existe que depuis quelques centaines de milliers d’années, détruit une nature qu’il a prétendu« éternelle », au point de mettre en péril les bases mêmes de son existence. L’étude critique de la relation entre humains et nature, qui constitue depuis l’Antiquité une dichotomie philosophique fondamentale, lance un défi majeur aux historiennes et aux historiens à l’ère de l’anthropocène. Or, cet immense domaine de recherche demeure largement inexploré. En raison du « tournant culturel » pris par les sciences sociales, la nature, les forêts, les déserts, les océans, les montagnes, les fleuves, le sol, les zones glacières, le climat, les espèces et les ressources qu’ils offrent restent, d’une part, des sujets souvent délaissés, alors qu’ils ont connu des développements fortement influencés par une humanité dont ils encadrent et conditionnent l’évolution. D’autre part, les sciences naturelles n’ont pas insisté sur les influences culturelles qui déterminent notre rapport à la nature. Il est donc d’autant plus urgent d’historiciser la notion de « nature » dans son rapport avec l’homme, d’autant plus qu’une telle contextualisation permettrait de mieux comprendre les crises environnementales actuelles et de favoriser le rapprochement entre la conscience de notre rapport à la nature et le comportement humain à son égard.

Tous les champs de la discipline sont conviés à contribuer à cette réflexion en examinant la manière selon laquelle les humains, les civilisations et les cultures ont appréhendé, découvert, altéré ou protégé la nature : l’histoire des arts et de la culture, l’histoire des sciences et de la technologie, l’histoire économique et politique, dans une perspective locale, nationale, internationale voire globale.

Le comité d’organisation des JSH 2022 et la Société suisse d’histoire invitent par conséquent les chercheuses et chercheurs à soumettre des propositions portant sur ce vaste sujet.
Axes thématiques

Six pistes de recherche, toutes liées entre elles, forment l’ossature scientifique de la rencontre :

1) Représentations : sémantique historique, images, transferts

Depuis l’Antiquité, la nature est l’objet d’une abondante production intellectuelle, qui l’envisage comme un territoire singulier duquel l’humain peut se distancier ou, au contraire, auquel il peut s’identifier. Cette construction symbolique nous amène à reconsidérer l’évolution temporelle des notions et concepts de nature, à questionner la variété de ses représentations et à étudier les éventuels transferts entre diverses aires culturelles.

2) Nature et êtres humains

L’étude de la nature dépend de l’évolution et condition humaine, puisque toute étude de la nature n’existerait pas sans les êtres humains qui la stimulent. Or, puisque les humains sont partie prenante de la nature, et encore plus parce qu’ils se trouvent à l’intersection entre nature et culture, cette dualité fondamentale incite à questionner la « nature humaine », de même que les fonctions destructrices ou positives de la nature vis-à-vis de l’humanité.

3) Savoirs et nature

Face à une nature à la fois nourricière et hostile, les humains ont régulièrement manifesté une intense curiosité scientifique. L’un des objectifs de la recherche actuelle est de replacer les révolutions intellectuelles et techniques, induites par l’élargissement des savoirs, dans l’histoire large des sciences et des évolutions culturelles.

4) Interactions et régulations des relations humain-nature

Les progrès scientifiques et techniques ont facilité l’exploitation des ressources dans une telle mesure que les risques d’épuisement sont devenus une menace de plus en plus urgente. Cette situation a favorisé l’invention de remèdes qui reflètent les possibilités matérielles et les dispositions intellectuelles des milieux dans lesquels ils ont été imaginés. Un constat qui pousse à examiner scientifiquement les diverses tentatives pour gérer, dominer, voire détruire la nature et, d’autre part, à approfondir l’histoire de sa préservation et de sa conservation.

5) Nature et systèmes (société, économie, politique, culture)

L’observation de la nature a conduit de nombreux acteurs sociaux à établir des comparaisons avec les systèmes humains : gouvernements, cultures ou individus ont vu leur fonctionnement expliqué, sinon façonné, en invoquant une prétendue nature qui déterminerait certains comportements et reflèterait des attitudes parfois contradictoires. Paradoxalement, cette démarche favorise un anthropocentrisme susceptible d’être remis en question par l’irruption de phénomènes naturels. Les comparaisons et les analogies entre systèmes et nature présentent ainsi un terreau fertile aux historiennes et historiens de la société, de l’économie, du politique et de la culture.

6) Nature-métaphore

La foi dans l’existence de lois inébranlables transparaît dans l’usage métaphorique du terme de nature, directement tiré du latin. Issu du verbe nasci, naître, le substantif désigne les propriétés innées d’un être, d’une chose ou d’un phénomène. Mais l’histoire, la société, l’individu, obéissent-ils vraiment à des lois imposées par leur nature propre ? L’usage métaphorisé de la nature soulève ainsi des questions et des débats de type culturel, politique ou idéologique.

Ces différentes réflexions et pistes de recherche doivent permettre de stimuler les échanges entre les historiennes et les historiens de Suisse lors de ce symposium trisannuel, mais aussi d’ouvrir le dialogue entre les spécialistes et la cité. Un thème aussi brûlant d’actualité qualifie les Journées suisses d’histoire comme un lieu de renouvellement d’une discipline historique s’enrichissant des questionnements du présent, ouverte vers le grand public et les enjeux contemporains.
En traquant la manière dont les générations passées composaient avec une nature parfois cruelle qu’elles espéraient exploiter afin de subsister, les chercheuses et chercheurs donneront ainsi une profondeur temporelle bienvenue aux préoccupations de ce début de XXIe siècle.

Les propositions de panel peuvent être déposées jusqu’au 30 avril 2021 sur le site www.journeesdhistoire.ch.

Données importantes pour les panels et la participation aux Journées d’histoire
- Pour participer activement aux Journées d’histoire, vous pouvez soit déposer une proposition dans le cadre de ce présent Call for Panels, soit attendre le Call for Papers, dans le cadre duquel vous pourrez faire une proposition afin d’intégrer un panel.
- Les panels durent 90 minutes. Chaque panel doit être composé au maximum de trois intervenantes ou intervenants. Dans la proposition, au maximum deux contributrices ou contributeurs doivent être définis ; il restera ainsi une place de libre pour une proposition dans le cadre du Call for Papers ultérieur. Il est possible de prévoir une personne de plus, qui sera chargée du commentaire (en option).
- L’évaluation des propositions de panel s’effectuera par la Commission des Journées d’histoire de la SSH, dans laquelle siègent des représentantes et représentants de domaines de l’histoire de chaque université suisse, de divers groupes professionnels et de la relève scientifique en histoire. La Commission peut accepter, refuser ou renvoyer pour modification les propositions de panel.
- La discussion autour du sujet des Journées, la nature, et des approches thématiques et conceptuelles liées à ce thème est centrale pour les Journées d’histoire 2022. Le rapport des panels présentés avec la thématique du congrès doit donc être suffisamment étayé. Une proposition de panel peut être rejetée si cette relation n’est pas évidente.
- Les Journées d’histoire encouragent la discussion dans des constellations qui se veulent nouvelles pour les participantes et participants. Les personnes engagées dans un panel ne doivent ainsi pas toutes avoir la même affiliation institutionnelle ou être actives dans le même projet. Si cela n’est pas manifeste dans la proposition, le panel peut être refusé.
- Les propositions de panel peuvent être déposées indépendamment de l’affiliation institutionnelle et du grade académique. Les personnes organisatrices de panel sont invitées à veiller à une bonne répartition des grades académiques, des langues et des sexes.
- Chaque intervenante ou intervenant ne peut participer qu’à un seul panel. Des exceptions existent pour les fonctions de responsable de panel et de commentaire. Vous avez alors la possibilité de les exercer en plus d’une contribution.
- Les langues des Journées sont l’allemand, le français, l’italien et l’anglais.
- La participation aux Journées d’histoire n’est pas payante pour les membres de la Société suisse d’histoire. Les non-membres payent des frais d’inscription au congrès à hauteur du montant de la cotisation annuelle, c’est-à-dire 120.-CHF ou 50.-CHF pour les personnes en formation ou avec de faibles revenus. Au moment de l’inscription au congrès, il sera possible de déclarer son affiliation ou d’en demander une nouvelle, mais également d’opter pour des frais d’inscription sans affiliation. Dans des cas exceptionnels et justifiés, la participation d’une personne à un panel sans payer les frais d’inscription peut être rendue possible ; les demandes y afférentes sont alors à faire parvenir auprès du bureau du congrès par la personne responsable du panel au même moment que la remise du programme de ce dernier (fin octobre 2021).
- Les participantes et participants aux panels sont invité·e·s à soumettre une demande auprès leur institut, d’une fondation ou d’une institution de financement pour la prise en charge des frais de transport et de nuitée. En cas de refus de ces derniers uniquement, il peut alors être envisageable de formuler une demande de financement auprès de l’organisation des Journées.

Calendrier
- Les propositions de panel peuvent être déposées jusqu’au 30 avril 2021 sur le site www.journeesdhistoire.ch. Veuillez respecter précisément les critères exposés ci-dessus.
- La Commission des Journées d’histoire de la SSH effectuera la sélection des panels dans le courant du mois de mai 2021. Les personnes responsables des panels seront alors immédiatement informées.
- Si le panel est accepté avec modifications, la proposition remaniée doit être renvoyée dans un délai de deux semaines.
- Le Call for Papers complétant les panels sera publié entre juin et août 2021.
- Les programmes définitifs de panel devront être rendus jusque fin octobre 2021.
- Après la réception du programme définitif du panel, les éventuelles conditions émises par la Commission des Journées d’histoire quant à l’acceptation du panel seront une nouvelle fois vérifiées.
- Le programme général des panels sera publié entre la fin 2021 et le début 2022 sur le site www.journeesdhistoire.ch.
- Pour des informations supplémentaires 2022 chez journeesdhistoire.ch

Commission des Journées d’histoire de la SSH
VertreterInnen der Fachbereiche Geschichte der Schweizer Universitäten

Prof. Dr. Christin Olivier Université de Neuchâtel
Prof. Dr. Groebner Valentin Universität Luzern
Prof. Dr. Lengwiler Martin Universität Basel / Abt. Publikationen SGG
Prof. Dr. Loetz Francisca Universität Zürich
Prof. Dr. Rohr Christian Universität Bern
Prof. Dr. Schaufelbuehl Janick Marina Université de Lausanne
Prof. Dr. Schulz Matthias Université de Genève
Prof. Dr. Späti Christina Universität Fribourg

Zusätzliche VertreterInnen der austragenden Universität der Geschichtstage 2022

Prof. Dr. Herrmann Irène Université de Genève
Prof. Dr. Caesar Mathieu Université de Genève
Prof. Dr. Sanchez Pierre Université de Genève
Dr. Schnyder Marco Université de Genève / Abt. Publikationen SGG

VertreterInnen des wissenschaftlichen Nachwuchses

Dr. Buclin Hadrien Université de Lausanne
MA Magli Elena Universität Bern

VertreterInnen der historischen Berufe

Dr. Gisler Monika Freischaffende Historikerin Prof. Dr. Fink Nadine Geschichtsdidaktikerin / HEP Lausanne lic. phil. Negretti Carlo Geschichtslehrer Gymnasium Chur
Dr. Spuhler Gregor Archivleiter / Archiv für Zeitgeschichte Zürich


Titre
« Nations & Empires »
Date
Du 4 au 6 mai 2021
Descriptif

Mardi 4 mai

14h30-15h : Introduction
Volker Depkat (Univ. Regensburg), Mathieu Grenet (Univ. Albi), Susanne Lachenicht (Univ. Bayreuth) et Mathilde Monge (Univ. Toulouse)

15h00-17h30 : Session 1 - Héritages, prolongements et réinvestissements : repenser la transition nationale et son articulation à la question
impériale

Présidence : Sébastien Rozeaux (Univ. Toulouse)

- Bartolomé Yun Casalilla (Univ. Seville) : Between the composite monarchy
and the nation-state, 1492-1808 : On the making of Spain, or how to explain
a historical gap
- Aspasia Dimitriadi (EHESS) : Exploiter le passé, construire la nation :
l’utilisation du passé impérial en Grèce au XIXe siècle

Pause

- Emmanuelle Pérez-Tisserant (Univ. Toulouse) : L’héritage impérial dans
la construction nationale du Mexique au XIXe siècle
- Juliette Cadiot (EHESS) : Universalism versus/toward Diversity. Voices
from the Russian Empire, June 1917 : Nationalities in the Preparation of the
Elections of Constituent Assembly
- 18h00-20h : Conférence keynote - Frederick Cooper (NYU) : Empire and
Nation in Time Perspective

Mercredi 5 mai

13h30-17h30 : Session 2 - Les communautés imaginées entre empires et
nations : enjeux, pratiques et représentations

Présidence : Volker Depkat (Univ. Regensburg)

- Wim Klooster (Clark Univ.) : The Early Dutch Republic as a Modern Version of the Roman Empire
- Thomas Brisson (Univ. Paris8) : Building the Nation on Transnational Imaginaries : Global Cultures, Modernization and Intellectual Interventions in Post-imperial Singapore
- Etienne Bourdeu (CESR, Tours) : Servir sa nation ou l’empire ? Marc de Rye marquis de Varambon et la structuration de la monarchie hispanique à la fin du XVIe siècle

Pause

- Michel Martinez-Perez (Univ. Toulouse) : La construction de la nation aragonaise par le nationalisme aragonais (de 1917 à nos jours)
- Jasper Trautsch (Humboldt Univ. Berlin) : Union before State before Nation : Remarks on the Creation of American Nationalism

Jeudi 6 mai

13h30-17h : Session 3 - Enchâssements, compatibilités, concurrences :
penser la mise en tension entre empires et nations au-delà des « jeux d’échelles »

Présidence : Mathilde Monge (Univ. Toulouse)

- Nicholas Canny (Univ. Galway) : Ireland, Irish Catholics, and European Overseas Empires, 1500-1900
- Mathias Leanza (Univ. Basel) : Disentangling the German Imperial Nation,
1871-1919

Pause

- Roisin Healy (Univ. Galway) : Anti-Imperialism in Irish Nationalist Discourse on Poland and India in the Nineteenth Century
- Balint Varga (Univ. Budapest) : An Empire Underneath an Empire : Concepts of a Hungarian Empire in the Long Nineteenth Century

17h30-19h : Conclusions - Jane Burbank (NYU)

Colloque international sur Zoom ; demander le lien à mathieu.grenet chez univ-jfc.fr
Mathieu Grenet
Maître de conférences en Histoire moderne - INU Champollion (Albi) / UMR
5136 Framespa
http://www.iufrance.fr/les-membres-de-liuf/membre/1981-mathieu-grenet.html
Directeur de la rédaction de la revue http://journals.openedition.org/diasporas/)


Titre
Didier Gondola, Matswa vivant. Anticolonialisme et citoyenneté en Afrique Équatoriale française, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2021
Date
Mercredi 5 mai 2021, 19 h-21 h
Descriptif

Premier café virtuel entre l’APHG (Association des professeurs d’histoire-géographie) et l’AHCESR autour d’historiennes et d’historiens et de leurs récentes publications.

Celui-ci se tiendra en ligne sur zoom le mercredi 5 mai prochain à 19h avec une présentation et une série de questions/réponses.

L’historien Didier Gondola de l’Indiana University présentera son ouvrage Matswa vivant. Anticolonialisme et citoyenneté en Afrique-Equatoriale française, Editions de la Sorbonne.

Les inscriptions se font à cette adresse en indiquant ses noms, prénoms et établissement de rattachement inscriptionsAHCESR chez gmail.com

Lancelot Arzel (Centre d’Histoire de Sciences Po) et Karine Ramondy (UMR SIRICE), membres du CA de l’AHCESR


Titre
« Comment repenser et réaménager les villes africaines au XXIe siècle ? De la croissance urbaine à l’aménagement durable du territoire » — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
12-13 mai 2021
Titre
Saphia Arezki, « Investir l’histoire de la décennie 1990 en Algérie à travers les camps d’internement (1991-1995) » — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
Mercredi 12 mai 2021, 17 h-19 h
Titre
« Arts et littératures d’Afrique. Récits, discours, images », Legs et Littérature, 17, 2021 — Université de Yaoundé 1, Cameroun
Date
Samedi 15 mai 2021
Descriptif

L’Association Legs et Littérature (ALEL) lance un appel à contributions pour le 17e numéro de la revue Legs et Littérature, consacré à la thématique « Arts et littératures d’Afrique. Récits, discours, images » qui paraîtra en juillet 2021 chez Legs édition, sous la direction de Salma Fellah et Réda Bejjtit

L’Afrique a toujours été vue – à tort ou à raison - comme le berceau de l’humanité, mais peut-on la considérer comme un berceau des arts et de la littérature qu’il faudrait préserver tel un patrimoine, matériel et immatériel, mondial ? Quand on examine l’évolution littéraire et artistique du continent africain, tout porte à penser qu’en ce qui concerne la littérature, le passage de l’oralité à la textualité est attesté, mais qu’en est-il du passage du texte à l’image, fixe et mouvante ? De l’image à l’imaginaire ? Continuent-ils encore d’être traversés par l’oralité et comment ? D’un point de vue interculturel, l’imaginaire africain s’est peut-être métamorphosé au contact du colonialisme, du post-colonialisme et de la modernité. Mais, de quelle façon la littérature orale (épopée, mythes, contes, fables), réceptacle de la sagesse du peuple (ou folklore dans un sens positif), interagit-elle avec la littérature écrite, sous toutes ses formes, au niveau intersémiotique, ou intersémiologique ? Et si le récit, forme ancestrale de la communication culturelle et interculturelle, continue encore de sévir, qu’en est-il de l’émergence des nouveaux discours littéraires ou paralittéraires, tels que les chansons, le Slam ou les sketchs ? Quelles sont donc les spécificités de ces récits et discours quand il est question de cinéma ou de toute autre forme d’expression artistique ?

Certes, la question générique reste toujours d’actualité et il serait possible d’aborder les genres littéraires dominants dans différents pays de l’Afrique francophone, anglophone, lusophone ou autres. Aussi est-il vrai que le continent africain compte différentes langues (plus de deux-mille) et des cultures distinctes difficiles à dénombrer, d’où une littérature aussi riche que protéiforme ; et dans ce cas, au lieu de considérer l’art et la littérature africains de manière univoque, comme s’il y avait une certaine homogénéité, il serait plus judicieux de parler de littératures et d’arts parce que les réalités culturelles des pays africains sont multiples et complexes, sans oublier les cultures nomades (Touaregs par exemple), celles partagées entre différents pays (la culture Amazigh, entre autres). C’est ainsi que des questions liminaires peuvent être posées : comment sont représentées ces différentes réalités, sociologiques et/ou politiques ? Via quels genres littéraires oraux (poésie, contes, épopées, fables) et écrits (roman, théâtre, récit, nouvelle ou autres) ? Et via quels genres culturels (rites religieux, sorcellerie, ésotérisme) et artistiques (peinture, sculpture, dessin, caricature, danse et cinéma) ancestraux et modernes ?

Cette richesse soulève néanmoins une problématique essentielle : sur quels critères de classement doit-on se baser pour mieux refléter cette pluralité des « littératures et des arts africains » quand il est question de critique littéraire ?

Sur le critère géographique ? Dès lors, la nécessité d’un découpage - géographique - est inévitable dans un continent où les frontières sont bousculées par l’Histoire : la littérature et l’art africains subsahariens se distinguent aussitôt de ceux du nord, de la littérature et de l’art Maghrébins, d’un Maghreb utopique qu’on a toujours voulu isoler de l’Afrique. Il y aurait certainement un imaginaire spatial, voire géographique qui interroge la critique littéraire !

Sur le critère historique, temporel ? L’histoire littéraire africaine a connu plusieurs générations d’écrivains dont la périodisation reste à déterminer par la critique littéraire, sachant que chaque pays peut avoir son propre découpage générationnel de sa littérature. Dans ce cas, dans quelle génération s’inscrivent les écrivains du XXIème siècle ? Qu’en est-il également de la critique littéraire relative aux littératures africaines ? A-t-elle une histoire ? Est-elle marquée par des influences occidentales, françaises, anglophones, russes ou autres ? Ou est-elle aussi hétérogène que la littérature qu’elle traite ?

Sur le critère linguistique, culturel, interculturel ? Ce qui est sûr, c’est que la pluralité linguistique enrichit les littératures africaines rendant ces cultures aussi vivantes que prolifiques quand les arts africains continuent encore de susciter l’intérêt et la convoitise d’un nombre considérable de musées du monde. Comment se fait alors la conservation du patrimoine africain sur le continent et en dehors ?

Qu’il s’agisse de légendes, de mythes, de rituels religieux, d’ésotérisme, de sorcellerie, d’expériences et de déboires dûs à la colonisation, les confluences sont souvent visibles et intéressantes à étudier. Elles dénotent, en effet, un imaginaire collectif commun exprimé non seulement par les écrits des élites, en Afrique ou en diaspora, mais également à travers la voix (chants, poèmes déclamés), les mains créatives (peinture et sculpture) et les corps expressifs (danse ) du peuple africain, puisant ses sources dans une Antiquité commune où « l’Homme africain » se distingue par sa créativité littéraire et artistique et non par une couleur de peau.

Dans cette perspective, cet appel à contribution se veut interdisciplinaire dans sa démarche, dans le sens où tous les regards pluridisciplinaires sur l’Afrique, ses littératures et ses arts sont les bienvenus.
Axes de recherche

Il sera question dans ce numéro de Legs et littérature de réfléchir sur cette notion à la fois complexe à définir et à délimiter. Il s’agit aussi et surtout d’offrir des pistes de recherche pour (re)penser les Arts et les littératures d’Afrique au regard des textes et toutes autres formes de représentations. On remarque, dès lors, que les voies d’analyse et d’approche sont multiples et, en plus des aspects susmentionnés, les principaux axes et interrogations que ce numéro (se) propose d’explorer peuvent être communiqués comme suit, sans être exhaustif :

- Axe 1 : Formes de récits et types de discours africains

Quels sont les récits oraux (mythes, épopées, légendes, contes, fables, proverbes, adages, blagues, sketchs) les plus répandus en Afrique ? Ces récits, dont l’origine est orale, ont-ils une trace écrite ? Sont-ils plus nombreux que les autres formes de récits (romans, nouvelles) et discours (narratif, descriptif, critique et ironique), oraux et écrits ? En quoi chacun d’eux reflète-il la culture et l’imaginaire du peuple africain ?

- Axe 2 : Genres et mouvements littéraires dominants émergeants en Afrique

Peut-on élaborer une typologie africaine des genres narratifs (Roman, nouvelle), dramatiques (Tragédie, drame) et poétiques (poésie orale et écrite) ? Existe-t-il des genres spécifiquement africains ? Comment ces genres évoluent-ils à travers l’histoire littéraire (Mouvements littéraires, périodisation, sociologie de la littérature, socio-critique, types de critique littéraire).

- Axe 3 : Art et littérature : politique et transformations sociales

Représentations de la société traditionnelle et moderne africaine. Critiques sociales dans les différents pays africains. Rapports à la dictature et l’expérience de la démocratie. Impact de la littérature, des récits et des discours sur la société. Statut et valeur de la femme africaine. Voix féminines. Spécificités de l’écriture féminine.

- Axe 4 : Art et littérature : identité, altérité et idéologie

Thèmes de prédilection : identités africaines et critiques de l’altérité ; représentations du monde, perception du temps, représentations de l’espace (villes, maisons, villages) ; la révolte ; la guerre ; le racisme ; impact des idéologies orientales et occidentales en Afrique, mise en valeur du patrimoine et modernité.

- Axe 5 : L’Afrique vue par ses écrivains et ses artistes : textes, images, expression corporelle

Comment les africains ont-ils représenté et représentent-ils, tous siècles confondus, leur culture et leur vision du monde à travers les chansons locales, la peinture, la sculpture, le cinéma et la danse ? Leur regard est-il neutre ou influencé par leur vécu et la vision occidentale ?

- Axe 6 : Regards d’ailleurs sur l’Afrique et regards d’africains sur l’ailleurs

L’Afrique, racontée et décrite, à travers les récits de voyage ; l’Afrique représentée sur les cartes postales, dans les documentaires, au cinéma, en Afrique et ailleurs. Représentations africaines et occidentales de l’homme et de la femme africains (imagologie).

- Axe 7 : Imaginaire africain : croyances, symbolique et patrimoine

Quelles sont les croyances, les rites initiatiques, magiques et ésotériques les plus répandus en Afrique ? Quelle est leur symbolique et comment est-elle utilisée et revisitée aussi bien dans les fêtes nationales que dans les récits écrits et oraux ? À quel point les écrivains africains et étrangers s’inspirent de ces croyances pour alimenter leurs écrits et leur imaginaire ? Entre superstition et réalité, en quoi leurs regards (se) diffèrent-t-ils ?

- Axe 8 : Les langues d’Afrique : linguistique, sociolinguistique, philologie, traduction…

Existe-t-il un Atlas linguistique des langues africaines ou du moins des Atlas linguistiques spécifiques aux pays africains ? Quelles sont les caractéristiques des langues et dialectes africains, en linguistique générale ou contrastive ? Leurs filiations historiques ? L’histoire de leurs écritures : alphabets (arabe, latin, etc.) ; systèmes graphiques ? D’un point de vue inter-linguistique : comment les langues africaines interagissent-elles avec les autres langues, dont le français (emprunts, code-switching) ? Statut des langues dans les pays africains ? Problématiques liées à la traduction dans les pays africains ?

- Axe 9 : Colonialité et décolonialité, colonisation et décolonisation

Comment ces mouvements sont-ils visibles dans l’art et la littérature ? Quelles sont les époques concernées les plus représentées ? Quelles sont les répercussions de ces représentations sur le monde d’aujourd’hui ? Qu’en est-il des voix, masculines et féminines, dissidentes : peut-on intégrer la dissidence anti-coloniale dans une approche « gender studies » ?

Conditions de soumission

L’auteur devra envoyer sa proposition de contributions par courrier électronique en format Word tout en indiquant (1) son nom ou pseudonyme, le cas échéant, (2) son titre universitaire, (3) le titre du texte ou les premiers mots de chaque texte (4) sa notice biobibliographique ne dépassant pas 100 mots, (5) un résumé (Abstract) du texte ne dépassant pas 220 mots.

Instructions de rédaction

Longueur des textes

4 000 à 6 000 mots pour les réflexions, les textes critiques portant sur une œuvre littéraire.
1 000 à 1 500 mots pour les notes ou comptes rendus de lecture.
1 500 à 2 000 mots pour les portraits d’écrivains.
1 500 à 2 000 mots pour les entretiens avec des écrivains, critiques littéraires etchercheurs.– Poèmes ou nouvelles en français : maximum 5 pages ou 5 poèmes.
Peintures, dessins, sculptures : maximum 5 images.

La police de caractères exigée est le Times New Roman, taille 12 points, à un interligne et demi, et une taille de 10 points pour les notes de bas de page, police de caractère, Calibri.

Pour plus d’informations, consulter : https://legsedition.net/public/wp-c...

Calendrier
- Date limite de soumission des propositions : 28 fevrier 2021.
- Date limite de soumission des articles : 15 mai 2021 ; 23h 59 min 59 sec.

Envoyez vos articles avant le 15 mai 2021 à legsedition chez outlook.com et en copie fellahisalma chez yahoo.fr et bejjtitreda chez gmail.com


Titre
« Restituer l’anthropologie politique de David Graeber » — EHESS, Paris
Date
Lundi 17 mai 2021
Titre
« Du spectacle aux spectateurs : la photographie en contexte colonial » — EHESS, Paris
Date
Lundi 17 mai 2021, 10 h-12 h
Descriptif

Séance animée par Aurélia Dusserre (Aix-Marseille Université)


0 | 15 | 30 | 45