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Appel
Date limite de soumission : dimanche 15 mars 2026
Le colloque est porté par l’équipe Séminaire Itinérant : Territoire de l’histoire des Guyanes et de l’Amazonie du laboratoire MINEA (Migration Interculturalité et Éducation en Amazonie) de l’Université de Guyane, en collaboration avec ADECAm/ MC (Archives et documents ethnographiques des Amériques et de la Caraïbe/Mutations culturelles) équipe interne au CRILLASH-UR6-2 de l’Université des Antilles, sous la direction du professeur Apollinaire ANAKESA, ainsi qu’avec les laboratoires et organismes de recherches tels que le GRENAL (Groupe de Recherche et d’Etudes sur les Noir(e)s d’Amérique Latine), le CIRESC (Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages), le LEEISA (Laboratoire Écologie, Évolution, Interactions des Systèmes amazoniens), PASSÉ/PRÉSENT (Université Fluminense de Rio de Janeiro), l’École élémentaire Jean Moomou (ville de Matoury).
En 1948, Charles-André Julien fit paraître un ouvrage, Les voyages de découvertes et les premiers établissements (XVè-XVIè siècles), davantage connu de la plupart des auteurs anglophones intéressés par la Guyane ou le Brésil. À la suite de cette publication, l’historien poursuivit ses investigations sur le sujet. Devenu professeur d’histoire de la Colonisation à la Sorbonne, il consacra son enseignement de 1957 aux « Français en Amérique du XVIIe siècle à 1784 » (1976). Parmi ses étudiants, Michel Devèze s’en est largement inspiré, pour produire son ouvrage sur les Antilles, Guyanes, la mer des Caraïbes de 1492 à 1789 (1977).
Dans la lignée de Ciro Cardoso (thèse soutenue en 1971) et de Guy Martinière, qui furent les premiers à renouveler l’histoire de l’Ancien régime colonial en Guyane, en recourant directement aux archives locales, le chercheur cubain, Sosa Rodriguez Enrique (1987-1988), découvrit des documents et manuscrits originaux sur la période de l’émancipation. Il en proposa une étude comparative, reconnue très convaincante, incluant les Antilles espagnoles et le Surinam. Il en produira un article tout autant original, qui a enrichi la connaissance sur la transition du travail servile au travail salarié, jusqu’à l’installation du Bagne (1848-1854), une période alors mal connue d’un grand nombre de personnes s’y intéressant.
Quant à Gabriel Debien, auquel les historiens de l’Ancien Empire colonial français d’Amérique doivent beaucoup, il avait lancé en 1953, un projet de recherche collective sur l’esclavage en Guyane. Pour ce territoire, il a inventorié de nombreuses sources sur l’esclavage qui ont renouvelé complètement les études historiques. Il a aussi incité de jeunes chercheurs de la France continentale à s’intéresser aux archives concernant ce territoire. Dans son programme de recherche collective, l’entreprise regroupait les archivistes Delafosse, MarchandThebault, Sylvie Mirot, Monique Pouliquen-Sarotte et Étienne Taillemite. Y étaient également associés des chercheurs du CNRS, comme Jean Tarrade et Robert Richard (rédacteur aussi d’un manifeste), mais aussi d’autres chercheurs, tels que Jean Hurault, qui travaillait lui-même avec Émile Abonnenc, etc. Dans les années 1970, Philip Boucher et Silvia de Groot ont rejoint cette équipe. Le premier animait, avec Gabriel Debien, les chroniques bibliographiques de la Revue française d’Histoire d’Outre-mer, de la Revue d’histoire de l’Amérique française et du Bulletin de la Société d’Histoire de la Guadeloupe, toutes consacrées à l’ensemble de l’Amérique française. Aucune équipe aussi large, sur le plan des disciplines comme sur celui des nationalités, n’a pu voir le jour depuis la disparition de Gabriel Debien (1990).
À l’instar de ce qu’il avait initié, nous envisageons d’étendre le champ de la recherche sur les cinq Guyanes (Guyane brésilienne, Guyane française, Guyane hollandaise, Guyane britannique et Guyane hispanique), dans une approche comparative, surtout dans un contexte où les habitants qu’abrite le Plateau des Guyanes s’interrogent, davantage que par le passé, sur leur histoire et la nature de leurs sociétés. Faut-il encore souligner que la volonté de s’intéresser à l’espace guyanais et à son histoire, n’ont pris racines que depuis une soixantaine d’années, du fait d’intellectuels, d’historiens, et plus récemment d’hommes et de femmes politiques et de citoyens. Connaître l’essence, les fondements et les enjeux des données sociales contemporaines devient donc une nécessité.
Cette rencontre scientifique internationale bénéficie du soutien de la Préfecture de Guyane, de la Région académique de Guyane, de l’INSPE (Université de Guyane), du CRL (Centre de Ressources en Langue) de l’Université de Guyane, de la Mairie de Rémire-Montjoly, du Parc Amazonien de Guyane (PAG), l’APHG-G, du Grand Conseil Coutumier (GCC), de l’AIGLES (Actions Interdisciplinaires Génératrices de Liens Éducatifs et Socioculturels), d’Orichic Design 973 et de GLA.
« Les Guyanes (XVe-XXIe siècle). Territoires, dynamiques historiques, anthropologiques et culturelles » constitue l’un des thèmes majeurs qui entrent dans la réflexion épistémologique, pluridisciplinaire, interdisciplinaire et transversale engagée au sein du laboratoire MINEA de la Guyane française et du CRILLASH-ADECAm/MC des Antilles. Tant en matière de recherche, qu’en matière d’enseignement, il est aisé de montrer que l’étude de cette thématique influe notamment sur la cohésion sociale et le développement durable des sociétés qu’abrite le Plateau des Guyanes. Ce type d’étude contribue, par ailleurs, à la stabilité socio-politique des territoires concernés. Or, aujourd’hui, au sein des structures de recherche et de formations supérieures françaises, rares sont encore les travaux de recherche consacrés à l’histoire comparée des Guyanes. L’indigence des études sur la compréhension, comme sur la construction des cultures et des sociétés des territoires concernés, ne doit plus être de mise. L’histoire du Plateau des Guyane est un élément constitutif de l’histoire des sociétés et des cultures de l’Amazonie, de celles qui l’ont habitée et qui y vivent encore, et dont l’image a été en partie forgée par les auteurs des récits de voyage des XVIIeXIXe siècles. Dans le cadre du colloque, les analyses proposées s’inscriront dans la longue durée, de manière à saisir l’ampleur des transformations, des permanences et des discontinuités au sein d’un même territoire, en comparaison avec un ou plusieurs autres.
Il faut souligner que par rapport à d’autres territoires, comme le montre l’article de Jean Moomou (2022), les ouvrages de synthèses concernant les Guyanes et leur dynamique dans le temps et dans l’espace sont rares, même si des auteurs ont contribué, au fil des ans, à en éclairer de multiples aspects : des historiens (Rosa Acevedo Marin, Jacques Adélaïde-Merlande, Grégory Bériet, Ciro CardosoFlamarion, Iuri Cavlak, Philippe Delisle, Michel Devèze, Flávio Gomes, Albert Helman, Vincent Huyhues-Belrose, Serge Mam Lam Fouck, Jean Moomou, Marie Polderman, …), des géographes (Emmanuel Lézy, Jean-Claude Giaccotino, Stéphane Granger, François-Michel Le Tourneau, Thierry Nicolas, Matthieu Noucher, Frédéric Piantoni, Jean-Yves Puyo, …), des anthropologues des anthropologues (Pierre et Françoise Grenand, Damien Davy, Francis Dupuy, Gérard Collomb, Isabelle Hidair-Krivsky, Wim Hoogbergen, Marie-José Jolivet, Maud Laethier, Marianne Palisse, Berta Pérez, Richard et Sally Price, …) des archéologues (Stéphen Rostain, Thierry Cornec, Sandrine Delpech, Matthieu Hildebrand, Martijn van den Bel), des ethnomusicologues (Anakesa Apollinaire, Jean-Michel Beaudet), des linguistes (Laurence Goury, Michel Launey, Bettina Migge, …), des sociolinguistes (Isabelle Léglise), pour ne citer que ces auteur-e-s.
Parmi les contributions, il faut souligner l’apport de Jacqueline Zonzon dans la diffusion des savoirs académiques. Elle a été à l’initiative de la production d’un certain nombre de manuels scolaires (histoire-géographie) et des colloques qui insèrent la Guyane française dans l’espace amazonien. Notons que s’il existe une Histoire générale de l’Afrique, une Histoire de l’Afrique noire, une Histoire générale des Caraïbes, un Historial antillais, il n’y a aucune histoire de ce genre se rapportant aux Guyanes.
Le besoin d’ouvrage (s) de synthèse est pourtant bien présent. C’est pourquoi le ministère de l’Éducation Nationale français, l’Université de Guyane et le laboratoire MINEA se donnent pour objectif de mener des recherches impliquées et appliquées, pluridisciplinaires et transversales, à propos de l’histoire politique, sociale et culturelle, des acteurs sociaux, des figures politiques, mais également de contribuer à la production de connaissances ad hoc, à leur diffusion et leur vulgarisation. Les actes du colloque seront publiés. Les habitants des Guyanes disposeront ainsi de la première grande synthèse relative à l’étude des espaces et des sociétés des Guyanes.
Les organisateurs de la rencontre des 18 et 19 juin 2026 seront très sensibles aux propositions de communication qui épouseraient les approches pluri, trans et interdisciplinaires, à visée comparatiste, contribuant à révéler toutes les arcances de l’objet d’étude choisi. En d’autres termes, les textes proposés doivent adopter une approche comparative entre au moins deux, voire trois territoires de Guyanes, et s’insérer dans l’un des thèmes ou sous-thèmes suivants :
a) Histoire (dé)coloniale : les Guyanes du XVIe au XIXe siècles
Sont attendues des propositions de communication relatives à l’épistémologie, la méthodologie, la périodisation comparée ; la relecture critique et comparative de l’œuvre des voyageurs dans la redécouverte des Guyanes des XVIIIe et XIXe siècles ; l’étude comparée des stratégies de la conquête coloniale des Guyanes par les puissances européennes, intégrant l’histoire du peuplement des Guyanes, pour en saisir les dynamiques actuelles ; la production de cartographie historique comparée des régions frontalières guyanaises (XVIIIe-XXe siècles) ; la circulation des connaissances spatiales à l’époque moderne ; l’esclavagisation, les marronnages, les abolitions, les migrations (immigrations et émigrations) dans les Guyanes ; la situation amérindienne dans leur relation à l’esclavage et aux missions évangélisatrices au sein des Guyanes ; la vie urbaine coloniale dans les Guyanes ; les Sociétés amérindiennes des Guyanes ; les Sociétés marronnes des Guyanes.
b) Histoire des cycles économiques, des techniques et évolutions structurelles
des sociétés guyanaises.
Sont attendues, dans une dimension comparatiste, des propositions de communication relatives au café, au cacao, au thé, aux épices, à la canne à sucre, au roucou, à l’or, au bois ; à l’économie agraire ; à l’économie de plantation et à l’environnement dans les cinq Guyanes, pour une histoire du rapport à la nature (XVIIIe-XIXe siècles) ; aux productions, aux circulations et aux diffusions des plantes médicinales, alimentaires et commerciales sur les territoires et les sociétés, etc.).
c) Sociétés, cultures, arts, patrimoines, langues.
Sont attendues, dans une dimension comparatiste, des propositions de communication relatives aux questions suivantes : Nommer l’Autre dans les Guyanes ; Évangélisation et transformations culturelles ; Ruptures, adaptations, hybridation et créations culturelles, artistiques et patrimoniales ; Langages et identités ; L’histoire par les arts : iconographie ; Emprunts linguistiques historiques entre les groupes et les cultures ; Circulation des savoirs et des pratiques culturelles.
d) Histoire contemporaine des Guyanes.
Sont attendues, dans une dimension comparatiste, des propositions de communication relatives aux questions suivantes : Mutations socio-économiques, démographiques, politiques et culturelles ; ruptures et continuités » ; Patrimonialisation des héritages coloniaux, des sociétés et cultures des Guyanes ; Modalités d’urbanisation dans les Guyanes ; circulations migratoires.
e) Dynamiques et défis actuels.
Sont attendues, dans une dimension comparatiste, des propositions de communication relatives aux questions suivantes : Politiques nationales et minorités ethniques ; Sociétés de frontières : mobilité spatiale et enjeux transfrontaliers ; Économie néo-extrativisme et questions environnementales, santé ; Usages des plantes et populations locales ; Intégration régionale/mondialisation ; enjeux de souveraineté, reconfigurations des rapports de forces géopolitiques.
Colloque
18-19 juin 2026
Page créée le mercredi 7 janvier 2026, par Webmestre.